Aller au contenu principal

Bovins viande : « Une transmissibilité rendue délicate par l’ampleur des capitaux mobilisés »

À partir d’un échantillon d’exploitations (1) suivies dans le cadre du dispositif Inosys réseaux d’élevage, Chambres d’agriculture France et l’Idele ont dressé un état des lieux de la santé économique, des capitaux mobilisés et de l’endettement à la fois sur les systèmes spécialisés en production de bovins viande (79 %) et ceux en polyculture-élevage (21 %).

Bovins viande / Paul Poncin, éleveur, surveillant ses taureaux salers, muni d'un bâton/ Père et fil ? Transmission du savoir-faire	/ exploitation / famille ?
À partir de 2022, l'actif devrait sensiblement augmenter aussi bien dans les deux systèmes spécialisés qu'en polyculture-élevage, face à la revalorisation du cheptel bovin et l'évolution des prix des nouveaux matériels.
© F. d'Alteroche

Dans les deux cas, « une hausse ralentie mais continue des capitaux est constatée », observe Olivier Dupire, coordinateur du pôle approche globale & références systèmes agricoles à Chambres d’agriculture France. Hors foncier et réalisables, l’actif ramené à l’UMOex progresse de 18 % en huit ans chez les polyculteurs-éleveurs, dépassant 500 000 €/UMOex en 2021. Cette même année, il faut mobiliser 5,76 € d’actif pour dégager 1 € d’EBE. Chez les spécialisés, ce même indicateur se renchérit de 6,5 % sur huit ans pour se hisser à 370 400 € en 2021. Aussi, il faut mobiliser 7,72 € d’actif pour dégager 1 € d’EBE. « Les écarts de capitaux à mobiliser entre les deux types d’élevages s’expliquent principalement par le différentiel de taille du parc matériel lié à l’atelier végétal, explique Olivier Dupire, avant d’ajouter : la hausse du capital est portée par les composantes cheptel (+ 6 %) et parc matériel/installations (+ 11,2 %). » Un constat qui risque de s’aggraver au regard de la récente revalorisation du cheptel, du bâti et du matériel liée à l’inflation.

D’après cette étude, la reprise est lourde en capital dans les deux systèmes, mais généralement plus vite rentabilisée en polyculture-élevage. « Les écarts significatifs de profitabilité entre les exploitations spécialisées en viande bovine et celles jouant sur la complémentarité entre élevage allaitant et grandes cultures penchent en faveur des systèmes en polyculture-élevage », analysent les auteurs.

Quoi qu’il en soit, dans une tendance de fond de capital important pour une rentabilité modérée, « il convient de déterminer la valeur de transmission en réalisant un compromis entre la valeur marchande, la valeur patrimoniale et la valeur économique au regard des objectifs du nouvel installé et de ses attentes en termes de revenu disponible, partage Jean-Christophe Vidal, conseiller études & références à la chambre d’agriculture de l’Aveyron. Cependant, il ne faut pas oublier que la maîtrise technique de gestion du troupeau est un élément central pour la réussite du projet ».

(1) 1 477 fermes suivies a minima pendant six ans sur la période 2014-2021. 

Dans la collection Théma, retrouvez la publication complète "Évaluer la transmissibilité des élevages bovins viande" sur chambres-agriculture.fr

Lire aussi | Renouvellement des générations : quels défis attendent les éleveurs de bovins viande de demain ?

Les plus lus

<em class="placeholder">éleveurs conseiller stabulation limousines</em>
Gaec du Limousin : « Nous avons toujours gagné plus avec l’élevage qu’avec les cultures »

En Meurthe-et-Moselle, les deux associés du Gaec du Limousin combinent efficacité technique et autonomie alimentaire pour…

<em class="placeholder">bâtiment veaux sous la mère limousines EARL de la Petrenne</em>
Veaux sous la mère : « La salle de tétée avec logettes et cases à veaux alternées est très fonctionnelle »
En Dordogne, le bâtiment pour veaux sous la mère de Marie-France et Emmanuel Jarry du Gaec De La Petrenne était un prototype…
<em class="placeholder">Parc de contention par Jourdain et Maréchalle Pesage</em>
« Notre parc de contention a été conçu pour intervenir seul avec les vaches »
Au Gaec Dehail dans l’Orne, veaux et vaches blondes d’Aquitaine sont triés, pesés, soignés et chargés dans le confort et la…
salon de l'agriculture concours général agricole limousine
Salon de l’agriculture 2026 : les races Limousine, Salers, Charolaise, Blanc Bleu, Aubrac, Blonde d'Aquitaine, Rouge des Prés, Parthenaise, Bazaadaise et Gasconne des Pyrénées annulent leur participation

Il n'y aura pas de bovins limousins au Salon de l'agriculture 2026. La Salers, la Charolaise, la Blanc Bleu, la Blonde d'…

<em class="placeholder">jeune taureau limousin pour production veaux sous la mère précocité</em>
Philippe Taurisson, éleveur en Corrèze : « Trente ans de sélection en limousine pour l’élevage de veaux sous la mère »

Philippe Taurisson, éleveur en Corrèze, mène depuis plus de trente ans un travail de sélection en race limousine pour la…

<em class="placeholder">éleveur charolaises stabulation téléphone</em>
Elevage bovins viande : Quand le travail déborde, concilier vie personnelle et vie professionnelle

La perméabilité des différentes sphères de la vie est une caractéristique des professions agricoles, à laquelle l’élevage…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande