Boiteries des bovins : des détections encore trop tardives et très coûteuses
La détection et la prise en charge des boiteries des bovins sont trop tardives, selon des résultats d’études présentés par l’institut de l’élevage (Idele) à l’occasion du Space 2026. Un retard qui implique des pertes économiques pour les éleveurs.
La détection et la prise en charge des boiteries des bovins sont trop tardives, selon des résultats d’études présentés par l’institut de l’élevage (Idele) à l’occasion du Space 2026. Un retard qui implique des pertes économiques pour les éleveurs.
« La détection et la prise en charge des boiteries sont en moyenne beaucoup trop tardives », explique Aurore Duvauchelle Waché, vétérinaire à l’Idele, le 15 septembre lors du Space à Rennes. Des résultats d’études montrent en moyenne un retard de 21 jours à la prise en charge pour des vaches qui sont sévèrement boiteuses et de 70 jours pour les vaches légèrement boiteuses. Et sur le traitement des animaux atteints, le retard moyen est de 38 jours.
Des pertes estimées de 70 à 500 euros par cas de boiterie
Or ces boiteries entrainent des pertes économiques pour les éleveurs (liées aux vaches de réformes, problèmes de reproduction ou des baisses de production). « Les pertes sont beaucoup plus chères que les dépenses, liées à la mise en place d'un traitement et à la prévention », soutient Aurore Duvauchelle Waché. La vétérinaire explique que les pertes sont estimées entre 70 et 500 euros par cas de boiterie. Et certaines lésions caudales comme l’ulcère de la sole (coût entre 200 et 1000 euros par cas) ou la dermatite digitale (400 euros en moyenne) reviennent très cher pour les éleveurs.
Des boiteries coûteuses qui entrainent une augmentation du temps de travail et de la charge mentales des éleveurs
« Les boiteries provoquent également une augmentation du temps de travail et de la charge mentale supplémentaire pour les éleveurs », ajoute Aurore Duvauchelle Waché.
Pour maitriser les boiteries qui sont souvent multifactorielles, la vétérinaire explique qu’il est recommandé d’étudier les facteurs de risques présents dans l’élevage. C’est-à-dire les facteurs au niveau de l’animal, du troupeau ou de l’habitat. La maitrise des boiteries passe aussi par la mise en place d’un parage régulier du troupeau par lots d’animaux. La vétérinaire souligne que plus vite une boiterie est détectée, plus vite le traitement est réalisé, ce qui améliore la guérison des bovins. Une étude citée lors de la conférence montre que si un parage est fait moins de 14 jours après avoir détecté une vache boiteuse, le taux de guérison de l’animal un mois après le parage est de 70 %. Si le parage est fait plus d’un mois après la détection, le taux tombe à 15%.
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