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350 hectares de bambou dans l’Indre pour produire de la biomasse

L’entreprise spécialisé dans la culture du bambou Horizom a choisi d’implanter une bambouseraie dans l’Indre pour produire de la biomasse. Il s’agira de la plus vaste de France et d’Europe.

Jeune bambou venant d'être planté.
Dans l'Indre, 100 hectares de bambou ont déjà été plantés.
© Horizom

Produire de la biomasse (biomatériaux, biochimie, bioénergie) à destination de l’industrie, séquestrer rapidement du carbone et aider les agriculteurs à augmenter leurs revenus, voilà les objectifs de l’entreprise française Horizom qui est spécialisée dans la culture du bambou depuis 2022. 

Forte de sa propre pépinière dans les Landes et de plusieurs partenariats avec des agriculteurs du territoire, l’entreprise dévoile aujourd’hui un projet d’envergure : l’implantation d’une bambouseraie de 350 hectares dans l’Indre qui sera la plus grande de France et d’Europe en 2025.

Lire aussi : Pourquoi la culture du bambou se développe-t-elle en Dordogne ?

Horizom a repris deux exploitations agricoles

Pour ce faire, l’entreprise a repris deux exploitations agricoles dans le département de l’Indre qui bénéficient de conditions pédoclimatiques appropriées à la culture du bambou. En effet, la profondeur des sols de 60 cm est suffisante pour que les racines puissent se développer correctement. Par ailleurs, le pH de la terre qui va de 5 à 8 est optimal pour le bambou qui préfère les sols légèrement acides à neutres. Enfin, la pluviométrie de plus de 700 mm par an assure un apport en eau suffisant pour la croissance de la culture. Le système d’irrigation déjà présent dans les exploitations est un atout supplémentaire.

 

Culture agroécologique

“Les sols des exploitations reprises sont devenus des "coquilles vides" et ne remplissent plus leurs fonctions essentielles comme le stockage de l'eau et des minéraux. Leur matière organique et leur activité biologique sont très dégradées, ce qui les rend déstructurés, instables et vulnérables à l'érosion, incapables de nourrir correctement les plantes. En nous basant sur les principes de l’agroécologie, nous nous attachons à redonner au sol son fonctionnement biologique propice à la culture du bambou. Pour ce faire, nous le fissurons, nous lui apportons de la matière organique et nous veillons à la bonne installation des plantes”, explique Lydie Leymarie Lachaud, responsable agronomie chez Horizom.

Lire aussi : Diversification : les 7 atouts de la culture du bambou

 

100 hectares de bambou déjà plantés

Aujourd’hui, 100 hectares de bambou sont déjà plantés, il faudra attendre 2025 pour voir la plantation de 350 hectares achevée. Dès 2030, avec un rendement de 30 tonnes de matière sèche par hectare, cette bambouseraie devrait permettre de produire chaque année 10 000 tonnes de bambou. Le développement d’une filière de production de biomasse végétale permettra la création de 4 emplois à plein temps pour la gestion quotidienne de l’exploitation, ainsi que de 15 à 20 emplois saisonniers recrutés localement pour la plantation. “Le bambou récolté et commercialisé permet de générer des rendements à partir de la 5e année de culture, et de dégager un excédent brut d’exploitation annuel atteignant 2 500 € par hectare dès la 8e  année”, souligne Christophe Downey, cofondateur et CEO d’Horizom.

 

Le bambou est chimiquement proche du bois

Horizom ambitionne également de mettre en place des partenariats avec les agriculteurs et les industriels du territoire. Le bambou est une biomasse valorisable sur de nombreux marchés en forte croissance tels que les biomatériaux, la biochimie, la bioénergie. Les broyats de bambou pourront être utilisés en remplacement de matériaux ou énergies fortement carbonés, par des industriels cherchant à réduire leurs émissions. L’entreprise pourra également les proposer à des industriels du secteur bois qui anticipent des tensions sur leur approvisionnement. En effet, le bambou étant chimiquement très proche du bois, il trouve toute sa place dans la filière bois industrie comme matière complémentaire pour la fabrication d'isolants, de panneaux, de papier ou encore d’énergie.

Lire aussi : nos articles sur la biomasse

 

Augmenter les puits de carbone sur le territoire

En plus de participer à la décarbonation de l’économie en produisant de la biomasse, Horizom a pour objectif d’augmenter rapidement les puits de carbone sur le territoire, grâce à la vitesse de croissance record du bambou. “Entre la séquestration du carbone dans la plantation, le stockage de CO2 dans les matériaux produits et la substitution de matériaux fortement carbonés par des matériaux à faible empreinte, ce sont 1 000 tCO2/ha qui seront captées sur trente ans. C'est l'équivalent sur 350 ha de l'empreinte carbone annuelle de 40 000 personnes, soit la population de la ville voisine de Châteauroux”, explique Dimitri Guyot, cofondateur et directeur technique d’Horizom.

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