Orge d’hiver : « Sans flufénacet ni triallate en 2027, il sera très compliqué de cultiver cette céréale en situation infestée en graminées »
Agriculteur à Bezaumont (Meurthe-et-Moselle), Jean Lombard ne lésine pas sur le désherbage de l'orge d'hiver pour garder la maîtrise des vulpins. Le coût du programme herbicide avoisine les 100 euros par hectare.
Agriculteur à Bezaumont (Meurthe-et-Moselle), Jean Lombard ne lésine pas sur le désherbage de l'orge d'hiver pour garder la maîtrise des vulpins. Le coût du programme herbicide avoisine les 100 euros par hectare.
« Le vulpin constitue la graminée adventice majeure dans notre région. Je réalise un labour tous les trois ou quatre ans par parcelle pour juguler la graminée. Les orges d’hiver sont semées entre le 25 septembre et le 5 octobre. C’est la période préférentielle de levée des vulpins, mais dans notre région, on ne peut pas trop se permettre de décaler le semis d’orge d’hiver plus tardivement. L’orge succède généralement à un blé, ce qui laisse 2 à 2,5 mois pour réaliser des faux semis.
Pour cette campagne 2026-2027, je prévois un programme de désherbage chimique avec une base flufénacet. En post-semis prélevée, j’associerai les produits Trooper (flufénacet + pendiméthaline) à 1,5 l/ha à Défi (2 ou 2,5 l/ha, prosulfocarbe) et Compil (diflufenicanil). Le second passage herbicide sera réalisé dix à quinze jours après, au stade 1 feuille de l’orge, avec Fosburi (flufénacet + diflufenicanil) à 0,3 ou 0,4 l/ha, en restant dans la limite réglementaire de la matière active de 240 g/ha. Les doses de produit sont modérées pour ne pas trop provoquer de phytotoxicité sur l’orge. Le coût de l’ensemble avoisinera les 100 euros par hectare.
Jusqu’à l’automne 2024, il était possible d’utiliser le triallate (Avadex 480 à 3 l/ha). Je l’avais utilisé en présemis incorporé, avant un deuxième passage à 1 feuille à base de Fosburi à 0,5 ou 0,6 l/ha. Dans les conditions pédoclimatiques de notre secteur, l’orge d’hiver est une des cultures qui se comporte bien et qui se montre souvent rentable. Récoltée plus tôt que le blé, elle est moins soumise aux aléas climatiques et sa moisson précoce est intéressante pour semer du colza derrière. En 2027, il n’y aura plus le flufénacet comme solution de désherbage. Si le retour du triallate ne se confirme pas, il deviendra très compliqué de cultiver de l’orge d’hiver en parcelle sale. L’impact économique sera alors majeur sur les exploitations agricoles de la région. L’orge de printemps semée à l’automne (novembre) pourrait être une alternative, mais il faut des parcelles bien propres et l’orge est beaucoup plus sensible aux conditions de semis que le blé. La technique reste risquée sur notre territoire et non généralisable, en raison de l’hydromorphie des sols. »