Maladie : comment détecter l’ergot des céréales à temps
L’ergot des céréales est une maladie qui fait peur à cause de sa production d’alcaloïdes toxiques. Une récolte peut être déclassée à cause de la présence de quelques sclérotes de ce pathogène.
Identifier des infestations d'ergot sur les épis après floraison
Des grains récoltés mélangés à ce qui ressemble à des crottes de rat ou des grains noirs : vous êtes probablement en présence de sclérotes d’ergot, une maladie des céréales. Les symptômes de ce pathogène (Claviceps purpurea) sont surtout visibles avant la moisson, sur les épis de la céréale. Entre les glumelles, une masse blanchâtre qui vire au noir violacé se développe en prenant la place d’un grain. Ce sclérote peut dépasser nettement de l’épi du blé, tel un ergot, mais pas toujours. Il prend souvent la même taille et forme que les grains de blé, avec une couleur noire. Sur d’autres céréales et graminées, la forme est variable selon l’espèce contaminée.
Avant cette production de sclérote, les épis infectés produisent un miellat sous la forme d’une goutte visqueuse, qui contient des spores (conidies). Les sclérotes se conservent dans le sol pendant l’automne et l’hiver. Au printemps, ils peuvent être vus sur le sol (difficilement) par leur production de structures semblables à de tout petits champignons pédicellés appelés têtes à périthèces. La maladie est difficilement détectable en dehors des épis et des grains récoltés. Dans les récoltes, les sclérotes se détectent par leur couleur noire surtout.
Comment se prémunir des contaminations d'ergot sur ses céréales ?
Semences : Utiliser des semences indemnes de sclérotes, comme les semences certifiées ou des graines de ferme bien nettoyées et triées. Il n’existe pas de traitement de semences efficace contre l’ergot.
Variétés : Des variétés de blé se montrent moins sensibles que d’autres à l’ergot, en particulier celles dont la floraison est courte avec des fleurs restant fermées.
Agronomie : Deux années de cultures non-hôtes de l’ergot (oléoprotéagineux, betterave, maïs, luzerne…) contribuent à se débarrasser de l’ergot dans la parcelle. Après une attaque d’ergot sur un champ, un travail du sol profond permettra d’enfouir les sclérotes profondément. Ceux-ci seront laissés ainsi pendant deux ans au minimum pour en assurer la destruction, en ne réalisant que du travail du sol superficiel dans ce laps de temps.
Désherbage : Dans les zones infestées, des graminées tel le vulpin sont susceptibles d’héberger l’ergot. Il convient de bien les détruire au champ et également en bordures des parcelles (fauches, broyages) pour que ces plantes ne servent pas de foyer d’infestation sur les céréales. La dispersion des spores contaminatrices se produit jusqu’à 20 mètres.
Récolte : Dans des lots de céréales récoltées, l’utilisation d’un nettoyeur-séparateur avec les bons réglages permet de réduire la teneur en sclérotes de 40 %, selon Arvalis. Les trieurs optiques ou les tables densimétriques éliminent à plus de 95 % les sclérotes. Si ces solutions ne sont pas possibles, le lot contaminé pourra être « valorisé » au travers d’une méthanisation sans risque de contaminer les parcelles après épandage des digestats.
Cinq points clés sur l’ergot des céréales
Le blé n’est pas la céréale à paille la plus sensible à l’ergot. Le seigle et le triticale sont davantage vulnérables à ce pathogène.
Des graminées adventices et fourragères sont également touchées par l’ergot. Le vulpin est particulièrement sensible à cette maladie.
La présence de sclérotes dans les lots récoltés est réglementée, ne devant pas dépasser 0,2 g/kg dans les céréales destinées à l’alimentation. En semences, il ne doit pas y avoir plus de trois sclérotes ou fragments de sclérotes pour 500 g de semences certifiées.
Les alcaloïdes produits par l’ergot sont toxiques pour l’homme et les animaux. Elles provoquent des hallucinations sévères jusqu’à la mort, appelées autrefois « mal des ardents » ou « feu de Saint Antoine » sur des populations qui en ont été victimes.
Les sclérotes sont viables deux ans dans le sol. Ils produisent des spores au printemps à la faveur de conditions humides entre des températures de 10 à 25 °C. Les contaminations sur les céréales ont lieu lors de leur floraison.