Maine-et-Loire : Les Vergers d’Anjou reprennent le pôle ligérien d'Innatis, numéro deux de la pomme française
Le conditionnement des pommes françaises se restructure. Dans le cadre de la procédure de sauvegarde engagée en octobre 2025, le groupe familial Innatis va céder son pôle ligérien à la coopérative Les Vergers d’Anjou.
Le conditionnement des pommes françaises se restructure. Dans le cadre de la procédure de sauvegarde engagée en octobre 2025, le groupe familial Innatis va céder son pôle ligérien à la coopérative Les Vergers d’Anjou.
Le groupe familial angevin Innatis, considéré comme le numéro deux français de la pomme, a trouvé un repreneur pour son pôle ligérien : ses entreprises, ses vergers et sa station fruitière vont être cédés à la coopérative Les Vergers d’Anjou pour sept millions d’euros, selon Les Échos. La vente a été acceptée par le Tribunal des activités économiques de Paris, le 30 avril. Deux projets de reprise étaient en concurrence, rappelle Agrafil.
Les Vergers d’Anjou renforcent leur capacité de stockage
Innatis est en procédure de sauvegarde depuis octobre 2025. La vente de sa branche ligérienne (40 millions d’euros de chiffre d’affaires selon Agra Presse) fait partie des solutions pour restructurer sa dette. Grâce à ce rachat, la capacité de stockage des Vergers d’Anjou va passer de 36 000 tonnes à 49 000 tonnes, « avec un froid de meilleure qualité », précisent les dirigeants des Vergers d’Anjou interrogés par Ouest France.
La coopérative angevine met la main sur une station fruitière de 14 300 m2, toute neuve, implantée à Verrières-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire et inaugurée en novembre 2023. Réussir Fruits & Légumes l’avait présentée en septembre 2025 (lire l’article ici). Pomanjou, la filiale d’Innatis, avait investi 30 millions d’euros dans cet outil moderne conçu pour regrouper sur un même lieu stockage-calibrage et conditionnement-expédition.
Élargir la gamme de produits
Les dirigeants de la coopérative voient aussi dans le rachat la perspective « d’ouvrir de nouveaux marchés avec Blue Whale, notre société de commercialisation de pommes fraîches, notamment à l’export, puisque nous allons travailler des variétés que nous n’avions pas jusqu’à présent : HoneyCrunch, Choupette… » Toujours auprès de Ouest-France, ils estiment que « cela permet aussi de lisser nos expéditions et nos besoins en main-d’œuvre puisque notre période de conditionnement sera plus étalée dans le temps » Les vergers d’Innatis couvraient 50 % des volumes commercialisés par la filiale ligérienne. Ils seront repris par des adhérents de la coopérative.
Inflexion de la stratégie pour Innatis
Les difficultés d’Innatis ont plusieurs causes, analysait Marc Rauffet, son dirigeant, auprès d’Agra Presse en avril dernier. Parmi elles, les « récoltes catastrophiques » de pommes HoneyCrunch en 2023, 2024 et 2025, cette variété club totalisant 60 % des surfaces de vergers du groupe dans le Val de Loire. La rentabilité de la production a été mise à mal alors que la nouvelle station fruitière entrait en service. Autre raison avancée par Marc Rauffet, le positionnement sur des variétés haut de gamme, plus dures à vendre dans un contexte de crise, les consommateurs s’orientant vers des produits moins chers.
Innatis comprend toujours les sociétés Cardell (pomme) basée à Avignon, le Domaine des Coteaux (pêches, nectarines) située dans le Gard et Pominter, localisée à Montauban. « Notre réflexion est de nous recentrer sur les besoins du marché, avec des perspectives prometteuses par le redéploiement dans le kiwi grâce à notre licence Kikoka », annonçait Marc Rauffet en avril dernier.