Les groupes laitiers français toujours plus tournés vers l’international
La France compte de nombreux leaders laitiers mondiaux qui ont un goût marqué pour l’international. Déjà bien implantés hors des frontières de l’Hexagone, de nombreux investissements ont encore été réalisés ces dix dernières années, pour un montant dépassant 12 milliards d’euros.
« La France est un rare pays où les industriels transforment davantage de lait en dehors que sur le territoire national, témoigne Benoit Rouyer, économiste au Cniel, lors de la journée Grand Angle Lait 2026 organisée par l’Institut de l’élevage. Il y a une vraie culture de l’internationalisation. Seuls le danois Arla et le suisse Nestlé sont également dans cette situation. »
Il a relevé, en dix ans, 75 acquisitions ou prises de participations menées par dix laiteries françaises dans 38 pays, pour un montant dépassant 12 milliards d’euros. Il s’agit (par ordre alphabétique et non d’importance) d’Alsace Lait, Bel, Andros, Danone, Eurial (Agrial), Lactalis, Laïta, Laitnaa, Savencia et Sodiaal.
« Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, celle visible dans la presse, interpelle-t-il. Dès que l’Europe centrale et de l’Est a été libérée, les entreprises françaises y sont allées. Elles ont un goût pour l’international très marqué. »
Cette logique d’internationalisation remonte aux années 70 et 80 pour Lactalis et Savencia. Les coopératives laitières françaises n’y sont pas non plus étrangères. Eurial (Agrial) dispose, par exemple, de sites industriels en Italie est en Allemagne. « Et Sodiaal a développé le concept de franchise avec Yoplait dès la fin des années 60 », rappelle Benoit Rouyer.
Lactalis, un appétit mondial
Le numéro un mondial du lait, Lactalis, est présent sur tous les continents. Les chiffres donnent le tournis. Le groupe se targue, sur son site internet, de disposer de 266 laiteries et fromageries réparties dans 49 pays et d’avoir réalisé « 124 acquisitions en 20 ans ». Son leitmotiv : « Pérenniser le lait au niveau mondial dans le respect des équipes et des cultures locales, en préservant les matières premières et les produits locaux. » Outre l’Europe avec une très importante implantation en Italie, il est numéro un au Brésil, sur le podium au Canada, numéro trois sur les produits ultra-frais aux États-Unis… Avec la récente reprise de l’activité Produits de Grande Consommation (hors Chine) de la coopérative néo-zélandaise Fonterra, Lactalis poursuit son développement et devient, entre autres, numéro 1 en Australie, et acquiert des sites de transformation en Arabie saoudite, ou encore au Sri Lanka.
Danone, Savencia et Alsace Lait concurrents en Argentine
Danone n’est pas non plus en reste. L’entreprise est leader sur son segment historique des yaourts aux États-Unis, Canada, Mexique, pour ne citer qu’eux. Il est coleader en Argentine.
Dans ce pays, il doit faire face à la concurrence de son compatriote Savencia qui est le troisième groupe laitier argentin. Mais aussi à Alsace Lait qui y est également présent. Ce dernier détient également des parts dans une entreprise canadienne.
Le saviez-vous ?
La France compte quatre entreprises dans le top 20 mondial des groupes laitiers mondiaux générant un chiffre d’affaires laitier supérieur à 5 milliards d’euros : Lactalis (numéro un mondial avec 30,3 milliards d’euros de CA en 2024), Danone (13,5 milliards d’euros), Savencia (7,1 milliards d’euros) et Sodiaal (5,8 milliards d’euros).