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Hausse des coûts d'intrants : « Je vais opérer des ajustements d’assolement pour réaliser des économies d’azote »

Maxime Senet est céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher. Il cherche à adapter sa stratégie face à l’augmentation du prix des engrais. Il juge les décisions difficiles à prendre dans ce contexte.

<em class="placeholder">Maxime Senet, céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher, devant sa moissonneuse-batteuse</em>
Pour suivre la rentabilité de ses cultures, Maxime Senet utilise le tableur Excel élaboré par la FDGeda du Cher.
© M. Senet

« Pour suivre la rentabilité de mes cultures, j’utilise un tableur Excel élaboré par la FDGeda du Cher dont je suis adhérent. Il permet de suivre les charges de structure et les charges opérationnelles de manière assez détaillée », énonce Maxime Senet, céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher . Jusqu’ici, l'agriculteur décidait de son assolement puis regardait l’impact de ses choix dans le tableur. Aujourd’hui, avec l’augmentation du coût des engrais, il compte faire à l’inverse en estimant la rentabilité de ses cultures pour faire les bons choix.

Remplacer une partie de la sole maïs par du tournesol

Concernant le maïs par exemple, il en cultive 70 hectares en sec, dont 50 dans un bas-fond le long d’un cours d’eau et 20 en plaine. « Sur la partie en plaine, c’est une culture risquée. J’hésite à engager des frais trop importants. Mes charges opérationnelles s’élèvent à 750-800 euros par hectare en maïs. J’envisage de remplacer les surfaces en plaine par du tournesol qui nécessite moins d’azote avec des charges opérationnelles de 350 €/ha », explique-t-il. Le tournesol vaut autour de 480 euros par tonne aujourd’hui, le céréalier espère que les prix rémunérateurs vont se maintenir et se laisse jusqu’à novembre-décembre pour décider. « Je compte maintenir mes surfaces de blé, car j’ai la chance de bénéficier d’un contrat intéressant avec l’industriel Harry’s pour une partie des surfaces », précise-t-il.

Il a aussi 5 hectares de luzerne qu'il compte monter à 10 hectares. Cela lui permettra au passage de gérer une problématique de ray-grass résistant qu'il ne parvient pas à régler avec la chimie.

5000 euros d'économisés avec les semences de ferme

Jusqu’ici, en blé, j'utilisais 100 % de semences certifiées, mais cette année, je vais utiliser des semences fermières pour la partie qui n’est pas sous contrat pour réaliser une économie de l’ordre de 5 000 euros.

Ajuster la fertilisation du colza pour faire des économies

Sur la stratégie de fertilisation, en colza, il prévoit d'apporter du DAP 18-46 au semis et d'apporter seulement du soufre pour les apports de fond. « Sur l’azote, je retravaille la dose totale à la baisse en utilisant l’OAD Farmstar. Avec une unité à 1,50 euro, si on retire 15 ou 20 unités sur blé et colza, cela représente une économie de 4 000 ou 5 000 euros, estime Maxime Senet. Jusqu’ici j’ai réussi à maintenir un EBE positif, mais les décisions sont difficiles à prendre. On avance à tâtons. »

360 ha de SAU dont 110 de blé tendre, 66 de colza, 40 d’orge d’hiver, 20 d’orge de printemps semé à l’automne, 25 de tournesol, 70 de maïs en sec. Atelier ovin. Parcellaire très hétérogènes.

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