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Guerre au Moyen-Orient : l’écart se creuse encore entre prix des engrais et prix des céréales

La hausse du prix des engrais se poursuit, celle du prix des céréales existe mais elle est beaucoup plus mesurée. Le ratio entre les deux est particulièrement défavorable aux agriculteurs qui s’inquiètent notamment de la fertilisation des cultures de printemps.

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Pour la campagne en cours, les achats d’engrais des agriculteurs semblent atteindre 80 % des besoins avec des inquiétudes pour les cultures de printemps.
© G. Gauter, Arvalis

Le prix des engrais prend le large, celui des céréales progresse timidement. L’équation s’annonce une nouvelle fois difficile pour les producteurs de grandes cultures depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. « Le ratio azote/blé atteint de nouveaux plus hauts historiques, au‑delà de 2 », fait remarquer Cerefi, société de conseil spécialisée dans les marchés des grains et des engrais, sur le réseau social Linkedin.

 

La hausse du prix des engrais se poursuit

Concernant l’urée, son prix dépasse les 650 euros la tonne (€/t) au 11 mars, avec une progression de plus de 100 €/t par rapport à février, avant le conflit. La solution azotée suit la même tendance : « affichée à 360 €/t FOT Rouen fin février, elle dépasse désormais les 415 €/t », indique Arthur Portier, consultant chez Argus média sur son compte Linkedin.

Pour la campagne en cours, les achats d’engrais des agriculteurs semblent atteindre 80 % des besoins avec des inquiétudes pour les cultures de printemps, à commencer par le maïs dont la sole était déjà annoncée en baisse avant le conflit (-6 à - 8 % d’après Bayer Dekalb). Sur le terrain, certains agriculteurs envisagent de réduire leur surface de maïs en fonction de leur approvisionnement déjà effectif en engrais.

Des cours du blé qui progressent timidement

Si la situation de conflit perdure, c’est la campagne 2027 qui risque de subir lourdement les conséquences de la hausse du prix des engrais alors que celui des céréales évolue peu. Les stocks mondiaux demeurent en effet relativement abondants, ce qui contient la hausse du prix du blé, même si un raffermissement est observé. Le prix du blé tendre (rendu Rouen) s’établit à 192 €/t contre 187 €/t en début d’année (source : La Dépêche). Même si ces prix sont loin d’être satisfaisants au vu des augmentations observées du côté des charges actuellement, ils peuvent permettre aux agriculteurs concernés « d’écouler ce qui leur reste de la récolte 2025 », note Sylvain Jessionesse, de Piloter sa ferme.

Les cultures oléoprotéagineuses profitent de la hausse des prix du pétrole

Les prix des cultures oléoprotéagineuses, destinées en partie à la fabrication de biocarburants dont les pris évoluent en sympathie avec ceux du pétrole, pourraient connaître une embellie du fait de l’envolée du baril de pétrole. Le prix du colza rendu Rouen est par exemple passé de 482 €/t avant le conflit à 511 €/t au 12 mars (source : La Dépêche).

Cette nouvelle donne géopolitique pourrait bouleverser les assolements en grandes cultures, à commencer par ceux de ce printemps puis de la campagne suivante face au risque d’explosion des coûts de production.

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