Diversification : bientôt de la noix de pécan française en agroforesterie ?
Alors qu’un appel à candidatures clôturé en mars permettra de financer quatre plantations pilotes de 200 à 250 pacaniers dans le cadre du projet French Pécan, les conditions de culture de ce fruit à coque commencent à se préciser.
Alors qu’un appel à candidatures clôturé en mars permettra de financer quatre plantations pilotes de 200 à 250 pacaniers dans le cadre du projet French Pécan, les conditions de culture de ce fruit à coque commencent à se préciser.
Produire des noix de pécan en systèmes agroforestiers, que ce soit avec des arbres fruitiers, légumineuses, grandes cultures, plantes mellifères, haies ou de l’élevage ? C’est ce qu’étudie l’Association française d’agroforesterie via French Pécan, projet expérimental lancé en 2022, aujourd’hui financé par FranceAgriMer (Casdar). Les plantations pilotes de 200 à 250 pacaniers bientôt lancées suite à l’appel à projet clôturé en mars permettront d’avancer de façon décisive sur les conditions d’acclimatation du pacanier en contexte français. Certains éléments sont déjà connus.
Quelles variétés sont possibles ?
Pawnee, Mahan, Wichita ou encore Cheyenne… Pour choisir ses variétés parmi les dizaines disponibles, il faut tenir compte de la dichogamie du pacanier. « Les fleurs mâles et femelles n’apparaissent pas au même moment, il faut donc associer des protandres et des protogynes », explique Mathieu Duflos, chef de projet à l’Association française d’agroforesterie.
Les variétés tardives sont recommandées pour « prévenir le risque de gelées tardives sur les bourgeons », précise le site de l’association.
Où cultiver le pacanier ?
Tolérant au gel (-10 °C), à la sécheresse et aux vagues de chaleur, le pacanier apprécie les étés chauds et les hivers doux. « Il pousse partout, remarque Mathieu Duflos, la question est de savoir si l’atelier sera rentable. Cet arbre préfère les sol limoneux, assez profonds, avec un pH entre 6 et 8, et drainant où l’eau ne stagnera pas trop longtemps. »
L’association a recensé une quinzaine de professionnels ou particuliers qui ont planté des pacaniers pour voir ce que cela donne, de dix arbres à un ou deux hectares. Certains sont en Bretagne, dans le Loiret et même dans le Nord. Dans le Lot-et-Garonne, un producteur fait état, sur son site Internet, de 70 ha de pacaniers bio, plantés en 2015.
À noter que le pacanier présente un intérêt pour les producteurs de noix déjà installés qui voudraient se diversifier : « Les deux arbres sont proches, souligne Mathieu Duflos. Les producteurs de noix peuvent utiliser les mêmes machines pour l’entretien de la parcelle ou la récolte, mais pas pour la casse. » French Pécan travaille sur un prototype pour casser les noix de pécan.
Comment le planter ?
L’association recommande une plantation en butte avec une orientation Nord/Sud, après sous-solage. Elle a répertorié différents schémas (8x6,10x10, 10x15…) et conseille en agroforesterie de déterminer l’espace interrang en fonction de l’outil le plus large.
Comment le tailler ?
L’objectif de la taille est ici de « former un axe central (forte dominance apicale) et de faire entrer la lumière à l’intérieur du houppier », enseigne l’association. Passée la taille de formation les trois premières années, il faut sélectionner 4 branches « bien réparties avec 20 cm entre chacune », avec une première charpentière à partir de 1 mètre.
Comment l'irriguer ?
« Pour assurer une bonne qualité, indique le chef de projet, l’arbre a normalement besoin d’être irrigué pendant le remplissage des noix de mai à septembre, surtout dans la moitié sud. »
Le calendrier du pacanier
Entrée en production 6 à 8 ans, selon les variétés.
Plantations novembre à mars (racines nues) ou juin (en pots).
Taille décembre à février.
Débourrement avril.
Irrigation en fonction des besoins : mai à septembre.
Floraison mai, juin.
Récolte (quand 80 % des brous sont fissurés) : octobre, novembre.