Canicule : en melon, pas de pénurie attendue selon l’AIM
Le 25 juin dernier, Thierry Cotillard, président du groupe Les Mousquetaires alertait sur une possible pénurie de melons dans les trois à quatre semaines à venir. En cause, les effets du coup de chaud observé ces derniers jours. Interrogée à ce sujet, l’interprofession melon rassure.
« Le mot pénurie est, je trouve, un peu fort », estime Rémi Javernaud, animateur à l’Association interprofessionnelle melon (AIM). Si des brûlures et des écarts tris importants liés aux dégâts causés par la chaleur ont été observés localement, la production nationale n’est pas en danger. Les zones principalement touchées sont situées dans le Poitou, au sein du bassin de production du centre-ouest, car 60 % des parcelles de cette région ne sont pas irriguées. « Les deux autres bassins ont une meilleure sécurisation de l'accès à l'eau, ils ont globalement bien résisté aux deux vagues de chaleur », rassure l’animateur, mais il reste prudent. « Il faut attendre un peu pour voir si la canicule de ces derniers jours a impacté la nouaison, le taux de coulure de fruits ou encore les pollinisateurs. On a du mal à estimer l’impact pour l’instant », indique-t-il.
Des volumes de production en baisse
Pas de pénurie donc, mais une production tout de même plus faible qu’en 2025. « Cette année, nous sommes en dessous de la normale car certains créneaux de récolte sont décalés. Des parcelles qui auraient dû être récoltées cette semaine (du 29 juin au 5 juillet) le seront un peu plus tard pour certaines », note Rémi Javernaud. Ces décalages s’expliquent par l’alternance entre les coups de chaud et les pluies, qui a perturbé le cycle cultural. En parallèle, le melon étant très climatosensible, la consommation explose cette saison avec les beaux jours. Il ne s’agit donc pas d’une pénurie, mais d’un marché tendu où la demande, stimulée par les beaux jours, dépasse temporairement l’offre disponible. « La situation est déjà tendue, cela ne va pas commencer dans trois semaines », estime l’animateur.