Canicule en Lot-et-Garonne : « En fraise, les ravageurs se sont multipliés »
Sylvie Zanuttigh, productrice sur 10 ha de fraises et 4 ha de framboises sous abri à Damazan, dans le Lot-et-Garonne, témoigne du manque de solutions face aux conséquences des canicules.
Sylvie Zanuttigh, productrice sur 10 ha de fraises et 4 ha de framboises sous abri à Damazan, dans le Lot-et-Garonne, témoigne du manque de solutions face aux conséquences des canicules.
« Le début de saison s’est bien passé mais à partir de mi-juin, c’est devenu très compliqué. On a eu des températures jusqu’à 42 °C. En fraise, on a dû couper beaucoup de parcelles, car avec la chaleur les ravageurs se sont multipliés, surtout les cicadelles et les punaises mais aussi les pucerons et araignées. Nous n’avons pas les molécules adaptées pour lutter contre ces ravageurs contrairement à d’autres pays. Nous coupons plus tôt qu’avant depuis quatre ou cinq ans à cause des ravageurs, mais cette année c’est un record alors que la demande était là pour les fraises standard et les remontantes. Une plante affaiblie a beaucoup plus de mal à se défendre.
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La saison raccourcie par la canicule en fraise
Actuellement, en fraise, sur les quatre hectares que nous devrions récolter, nous n’en récoltons qu’un seul. Nous nous posons des questions sur les futurs emblavements si l’on n’a pas accès à des moyens pour protéger les remontantes. Nous essayons d’apporter des acides aminés, nous avons augmenté les séquences de fertirrigation mais ce n’est pas miraculeux. Il y a des leviers comme la brumisation qui permettraient de baisser les températures mais c’est un investissement très important. Comment peut-on financer ça après une saison aussi cataclysmique ? On n’a pas de visibilité.
Nous avons bien senti l’effet domino. Nous avons dû raccourcir les journées de travail en arrêtant à 12 ou 13 heures. Ce sont des heures perdues. La production va s’arrêter plus tôt que prévu en fraise. En framboise, nous avons un peu plus d’espoir. On va essayer de pousser jusqu’à mi- ou fin novembre, mais les volumes seront en baisse.
Si on récapitule l’année 2026, nous avons eu la tempête, deux inondations et des coups de chaud successifs. On espère que 2027 sera une année plus bienveillante. »