Bovins Viande : « Avec la fougère en litière, je ne paille que tous les trois à quatre jours »
Au Pays-basque, la fougère s’utilise traditionnellement en litière pour les bovins. André Utthuriague, éleveur à Ossas-Suhare, fauche chaque année une vingtaine d’hectares, pour le paillage de son troupeau Blonde d’Aquitaine.
Au Pays-basque, la fougère s’utilise traditionnellement en litière pour les bovins. André Utthuriague, éleveur à Ossas-Suhare, fauche chaque année une vingtaine d’hectares, pour le paillage de son troupeau Blonde d’Aquitaine.
A Ossas-Suhare, dans les Pyrénées-Atlantiques, André Uthurriague élève 40 mères Blondes d’Aquitaine, avec vente de broutards et de reproducteurs, sur 70 ha, dont 50 ha de prairies et 20 ha de fougeraies.
Comme beaucoup d’éleveurs du Pays-basque, il utilise la fougère en litière pour les vaches.
« Elle possède un bon pouvoir absorbant, et tient mieux que de la paille. Avec la fougère, je ne paille que tous les trois à quatre jours, alors qu’il faut le faire tous les jours avec de la paille », explique l’éleveur.
Faucher la fougère à partir du 15 août et jusqu’en novembre
Entre le 15 août et début septembre, commence la saison de fauche des fougeraies, qui peut se dérouler jusqu’en novembre. « Début septembre, les fougères sont encore vertes, il faut les laisser sécher quatre ou cinq jours avant de les « roundballer », alors que si elles sont récoltées plus tard, fin octobre par exemple, elles sont déjà plus sèches, sur pied, et on peut faucher et « roundballer » le lendemain », indique André Uthurriague.
« J’ai de la chance, mes fougeraies sont mécanisables, je les fauche avec ma faucheuse », ajoute l’éleveur. Ce n’est pas le cas partout ; certains éleveurs réalisent une fauche manuelle, « à la motofaucheuse et au râteau. Ils rapportent ensuite les fougères sur une piste, où ils peuvent roundballer ».
120 à 130 balles rondes sur 20 hectares de fougeraies
La fougère pousse spontanément, son coût est donc celui du temps passé, et des frais de mécanisation. Sur sa vingtaine d’hectares de fougeraies, l’éleveur réalise entre 120 et 130 balles rondes de fougères, de 240 kg. « Cela ne me fait pas tout l’hiver, en fonction des besoins j’achète de la paille à un marchand pour la fin de saison », précise-t-il.
André Uthurriague fauche également les refus des bovins, qu’il utilise aussi comme litière complémentaire.
Pour pailler, il utilise « une petite pailleuse, c’est du fait maison. C’est un épandeur raccourci, avec un tapis qui déroule la boule et un rotor qui hache la fougère. Cela me facilite le travail, mais la fougère s’étale aussi très bien manuellement ».
« Le fumier est consistant, et une fois composté, il est très facile à épandre », ajoute l’éleveur.
Plus de feuilles cette année
Cette année, malgré la sécheresse, la récolte de fougères devrait être assez bonne. « Les fougères sont belles, elles sont moins montées en tiges, et ont plus de feuilles. C’est plutôt mieux car la feuille est plus intéressante. De plus, le temps se prête bien au séchage », remarque-t-il. « En revanche, si nous avons fait presque autant de foin que les autres années, nous n’avons pas du tout eu de regain à faire pâturer aux vaches ».