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Restauration
Auvergne bio distribution fédère la production bio locale

Située à Combronde dans le Puy-de-Dôme, la plateforme Auvergne bio distribution s’est spécialisée dans la restauration collective. Créée en 2007, elle a vu la demande progresser et se diversifier grâce à une nouvelle clientèle.

Quand Auvergne bio distribution a démarré en 2007, elle n’avait qu’un seul fromage bio à proposer à ses clients de la restauration collective : une fourme fabriquée dans le nord du Cantal par la ferme Les Fleurs bio. Aujourd’hui, tout a bien changé. " On a une grande variété, on a plein de propositions !, se réjouit Nathalie Carthonnet, la directrice de la coopérative (1). La demande client a permis d’installer et de développer les productions." Depuis un an, selon elle, cette demande " frétille de partout ", notamment en raison de la loi Alimentation. Alors qu’historiquement, la plateforme travaillait essentiellement avec les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les cuisines des municipalités, elle livre désormais de plus en plus la restauration d’entreprise, les maisons de retraite, les Établissements et service d’aide par le travail (Esat), ou encore un monastère bouddhiste ou une aire d’autoroute…

La clé, c’est la logistique

" On a de moins en moins de repas aidés, mais davantage de clients diversifiés, constate Bernard Devoucoux, le président. C’était une volonté du conseil d’administration, on savait que les aides incitatives ne dureraient pas. Nous sommes la seule plate-forme en France autonome financièrement. Auvergne bio distribution, c’est douze ans de progression du chiffre d’affaires tous les ans, on frise le 1,5 million d’euros." " On ne dit non à personne, ajoute Nathalie Carthonnet. On peut livrer une petite cantine de moins de 50 repas par jour, comme la cuisine centrale de Clermont-Ferrand à plus de 5 600 repas. La clé, c’est la logistique."

Objectif de 70 à 75 % de bio local

Il y a deux ans, la plateforme a doublé sa surface de stockage. D’ici à la fin de l’année, elle embauchera deux personnes et multipliera par deux ses espaces administratifs. Tous les lundis, elle traite en moyenne 6 à 8 tonnes de marchandises et livre 200 clients partout dans la région grâce à un réseau de 360 à 400 producteurs et transformateurs. " Notre objectif, c’est 70 à 75 % de local : on est une plate-forme logistique de valorisation des produits bio de la région, insiste Bernard Devoucoux. On travaille avec toutes les filières, on veut aider à structurer et à développer la bio." 
" Question approvisionnement, on est dans le virage, estime Nathalie Carthonnet. La demande tire, l’offre doit se recaler derrière, ça va se réguler petit à petit."

La demande tire, l’offre doit se recaler derrière

La plateforme ne se contente pas de commercialiser : elle apporte conseil et accompagnement. " Quand on a décidé de passer au 100 % bio à la cantine de l’école, on s’est tourné vers la plateforme qui nous a fourni l’ingénierie, témoigne Stéphane Lobregat, adjoint au maire de Loubeyrat. Comment équilibrer les repas, limiter le gaspillage, éviter d’avoir des coûts qui explosent… On arrive à sortir des repas en dessous de 4 euros tout compris, et pour le gaspillage, on est passé de 150 g par assiette par jour en conventionnel à moins de 20 g." Depuis qu’elle est en bio, la cantine de Loubeyrat sert 140 repas par jour, contre 80 avant sa conversion.

(1) Auvergne bio distribution s’est constituée sous forme de Scic avec 38 associés et quatre collèges : institutionnels, producteurs, transformateurs et salariés.

Légende photo : La demande en restauration collective se diversifie : Auvergne Bio Distribution livre toujours les cantines scolaires, mais aussi de plus en plus les entreprises, les maisons de retraite,… 

Création d’AuvaBio pour mutualiser plateforme et compétences logistiques

Pas facile d’avoir de gros volumes en fruits et légumes. Depuis trois mois, une dizaine de maraîchers bio se sont regroupés en une association de préfiguration d’une coopérative : AuvaBio. " On était sollicité de plus en plus pour du demi-gros. Individuellement, on avait du mal à répondre à la demande ", indique Stéphane Pichot, maraîcher au Jardin d’Ys. " On va travailler ensemble à partir de septembre, on va pouvoir être plus pro, plus sérieux, avec une plus large gamme de produits à proposer ", se félicite Nathalie Carthonnet d’Auvergne bio distribution. À terme, l’idée des deux structures serait de se rapprocher pour mutualiser plateforme et compétences logistiques.

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