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Betterave: « Je combine désherbage chimique et mécanique pour lutter contre le ray grass »

Le ray-grass s'invite de plus en plus en culture de betterave en tant qu'adventice, comme sur d'autres cultures de printemps. Des moyens de lutte existent entre désherbage chimique et méthodes agronomiques.

<em class="placeholder">Samuel Feugère, agriculteur dans l&#039;Eure, portrait devant son tracteur</em>
Agriculteur dans l'Eure, Samuel Feugère recourt au binage tous les ans dans ses betteraves, à l’aide d’un équipement Garford avec caméra de guidage. Il obtient une certaine efficacité sur ray-grass, après une application d'anti-graminées à 3-4 feuilles de la betterave.
© S. Feugère

« Par ordre d’importance, les ray-grass et vulpin constituent les troisièmes adventices responsables d’un désherbage insatisfaisant en betterave, derrière le chardon et le chénopode », souligne Cédric Royer, de l’Institut technique de la betterave (ITB), rapportant le résultat d’enquêtes annuelles de fin d’été. La pression est montante et certains départements sont plus touchés que d’autres. Le Bassin parisien est particulièrement concerné, avec le département de l’Eure par exemple.

Agriculteur à Écauville (Eure), Samuel Feugère est confronté fortement à cette graminée sur toutes ses cultures. « En céréales, j’ai du ray-grass à tel point que je me pose parfois la question d’ensiler la parcelle ou pas. » Des cultures de printemps comme le lin et la betterave (18 hectares) s’intercalent dans la rotation entre ses cultures d’hiver et peuvent aider à mieux contrôler cette adventice. « Mais avec une implantation à 45 cm d’interrang, la betterave laisse passer beaucoup de lumière sur un laps de temps long, ce qui favorise les levées et développement de ray-grass, davantage que dans du lin semé plus dense, observe Samuel Feugère. Dans mon programme de désherbage à quatre traitements, le deuxième est consacré à la lutte contre les graminées au stade 3-4 feuilles de la culture. J’utilise un mélange d’antigraminées : Centurion (cléthodime) + Stratos Ultra (cycloxydime) adjuvanté en huile et sulfate d’ammonium + Isard (DMTA-P) à 0,4 l/ha. Pour que ce soit efficace, il ne faut pas que les ray-grass dépassent le stade 2 feuilles au moment de l’application. » L’ITB conseille cette association d’herbicides, solution qui apporte le plus d’efficacité sur ray-grass, mais qui a son prix : 120 euros par hectare ! « Tout repose sur ce traitement de post-levée dont la performance a tendance à diminuer d’année en année », constate Alexandre Métais, ingénieur régional ITB dans l’Eure.

Des résultats concluants avec des interventions mécaniques

Dans le cadre du programme Gramicombi, l’ITB teste de nouvelles méthodes. « En 2025, nous avons obtenu des résultats intéressants, avec un faux semis associé à du désherbage chimique (note de 6,5/10 en efficacité, meilleure que le seul désherbage chimique) », mentionne Alexandre Métais. L’ajout d’un passage de herse étrille au début de l’implantation et d'un binage a permis d’obtenir une efficacité de 8/10 dans l’essai.

Samuel Feugère recourt au binage tous les ans dans ses betteraves, à l’aide d’un équipement Garford avec caméra de guidage. « Le passage est réalisé quand la betterave laisse encore un interrang non couvert de 15-20 cm. Il enlève les ray-grass qui sont passés au travers du désherbage chimique, à condition que nous ayons plusieurs jours de sec après le binage. » L’agriculteur a adopté également la technique du faux semis, après le labour qui est positionné début mars avant une betterave. Une préparation du sol suit avec un déchaumeur pour affiner la terre. « Quand des ray-grass commencent à lever (stade filament blanc), j’affine la préparation du semis par un travail du sol très superficiel qui détruit les adventices. » Malgré ces interventions, l’agriculteur parvient difficilement à avoir le contrôle sur l’adventice. Il lui est arrivé de devoir passer l’écimeuse sur ses betteraves pour éliminer les épis de ray-grass avant que les graines ne tombent au sol. L'agriculteur songe à introduire de nouvelles cultures de printemps comme le maïs ou la féverole pour mieux gérer le ray-grass, à condition qu’il y ait des marchés porteurs sur ces productions.

SCEA ST Feugère à Écauville (Eure). 200 ha avec moitié en céréales et cultures industrielles : colza, lin, betterave.

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