Bâtiment d’élevage : Un deux en un astucieux pour le troupeau salers dans l’Yonne
À l’EARL des Fourneaux, dans l’Yonne, la conception du nouveau bâtiment a permis de limiter les travaux de terrassement et son intégration paysagère a été une priorité.
À l’EARL des Fourneaux, dans l’Yonne, la conception du nouveau bâtiment a permis de limiter les travaux de terrassement et son intégration paysagère a été une priorité.
Christian Deschamps, associé avec son frère Daniel à l’EARL des Fourneaux à Égriselles-le-Bocage, dans le nord de l’Yonne, élève 40 vaches salers en croisement charolais. À l’automne 2025, ils ont inauguré un deuxième ensemble de bâtiments en bois qui est conçu pour exploiter la pente naturelle du terrain et minimiser les coûts de terrassement : la face nord est dédiée au stockage de fourrages (790 m²), la face sud en contrebas loge des bovins en engraissement sur 524 m² (cinq cases de neuf places).
Intégration paysagère et qualité du cadre de travail
L’intégration paysagère a été une priorité, compte tenu de la proximité du village en périphérie de Sens et de l’accueil du public sur la ferme. Haies, panneaux photovoltaïques sur tous les toits et choix du bois local contribuent à l’acceptabilité du projet. Les exploitants ont réalisé une partie des travaux eux-mêmes, intégrant des astuces comme des regards en pied de poteaux pour gérer les eaux de pluie sans dégrader la litière. « L’orientation sud des cases offre un excellent confort aux animaux. Le couloir d’alimentation, non dimensionné pour un tracteur, impose une distribution manuelle, mais se transforme rapidement en couloir de contention », a présenté Isabelle Degroote, conseillère bâtiment de la chambre d’agriculture de l’Yonne qui en a réalisé la conception sur mesure, à l’occasion d’une porte ouverte organisée en mars 2026 avec Alysé. La construction a été réalisée par l’artisan local « La Forêt d’Othe ». Chargement, allotement, vaccination et pesées s’effectuent ainsi en toute sérénité. Christian a également investi dans une cage de contention Clippex aux crans pneumatiques adaptatifs, qui facilite notamment la tétée assistée des veaux en toute sécurité.
Le système est conçu pour être peu chronophage et permettre un travail en solo sécurisé. La distribution de fourrage se fait depuis l’extérieur grâce à des râteliers auto-construits à partir d’anciennes cellules à céréales (voir p.51).
Ce développement a permis d’accueillir Florian, fils de Daniel, déjà présent sur l’exploitation. L’objectif à moyen terme est l’installation d’un deuxième jeune. Pour Christian, la qualité du cadre de travail constitue un atout majeur d’attractivité. Son système allie valorisation optimale des ressources locales, résilience économique et conditions de travail optimisées, tout en maintenant une forte intégration territoriale.
Des bovins pour valoriser les fourrages en zone céréalière
En 2014, Christian a fait le choix atypique pour la région, pour l’époque, d’acquérir cinq vaches salers suitées et sept génisses. Son objectif est de valoriser les 35 hectares de prairies naturelles et luzerne dont il dispose. Celles-ci entrent dans la rotation de ses cultures, mais sont aussi récoltées chez des voisins. L’atelier élevage permet également de valoriser des céréales autoproduites. L’exploitation avait déjà une activité dans la production et la vente de fourrages : elle disposait donc de tout le matériel nécessaire, ce qui a facilité les choses.
Mâles et femelles sont engraissés
Les animaux sont d’abord installés dans un bâtiment existant au cœur du bourg. Face à l’impossibilité d’agrandir sur place, un premier bâtiment est construit en 2021 sur un site plus éloigné du village. Il s’agit d’une stabulation bois classique à cases spacieuses. La distribution de concentré (fabriqué sur place à base d’orges déclassées, pois et autres céréales disponibles) se fait à la main. Les vaches valorisent les fourrages les plus grossiers (premières et troisièmes coupes de luzerne, foin de moindre qualité) difficilement commercialisables. Au printemps, elles pâturent à proximité.
Le troupeau est composé aujourd’hui de 40 mères. Tous les animaux sont engraissés sur l’exploitation. Les génisses partent à 30 mois en vente directe, les mâles à 20 mois, une partie en direct et l’autre via Sicarev Coop.