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Avec Ubiq, les données des chèvres sur son Smartphone

En Vendée, Camille Planson et Juliette Herbreteau ont testé la nouvelle application mobile des contrôles laitiers caprins. En couplant l’appli à un petit lecteur de boucle ou simplement avec la voix, on peut facilement enregistrer et consulter sur son smartphone les informations de chaque chèvre.

Camille Planson a repris en 2022 une ancienne ferme laitière bovine de Vendée pour la convertir en élevage caprin. Quatre ans plus tard, son troupeau compte près de 310 chèvres alpines et elle livre près de 300 000 litres de lait chaque année à la coopérative Agrial. Avec Juliette Herbreteau, sa salariée – qui est aussi son épouse –, l’éleveuse fait partie des utilisatrices pilote d’Ubiq, la nouvelle application smartphone de gestion de troupeau caprin développé par Seenovia puis par Eilyps. Leur retour est clair : l’outil répond à la demande de pouvoir saisir, trier et retrouver les informations en direct, sans avoir à allumer l’ordinateur.

Avec Ubiq, les deux éleveuses peuvent créer facilement des lots, consulter les fiches animales, gérer les mouvements dans le troupeau, noter les pesées des chevrettes, déclarer les naissances ou enregistrer les événements sanitaires ou de reproduction directement depuis le smartphone.

Couplé avec un lecteur de puces

Un vrai changement par rapport à Caplait, l’ancien système d’information, jugé peu pratique par les éleveuses-testeuses. « Il buguait tout le temps sur le téléphone », se souvient Camille en évoquant les allers-retours au bureau et les pertes de temps avec l’allumage de l’ordinateur et du logiciel. « Aujourd’hui, que ce soit dans la vie personnelle ou professionnelle, on est une génération où on veut tout avoir dans la poche et instantanément, renchérit Juliette, 30 ans. Là, quand je vois telle chèvre à la traite, je peux instantanément aller voir sur sa fiche sa production moyenne, ses derniers résultats de contrôle de performance, les dernières interventions sanitaires ou ses valeurs génétiques. » Une fonctionnalité appréciée par ces deux éleveuses qui se sont prises de passion pour la génétique.

Pour accéder aux infos de l’animal, Camille tape du bout des doigts le numéro d’identification à cinq chiffres. Autre possibilité, elle appuie sur la touche micro et dicte le numéro de la chèvre : « vingt-trois mille quatre cent soixante-six ». Aussitôt, la fiche de l’une des chèvres chouchoutes de la ferme apparaît. Enfin, troisième possibilité, un petit lecteur de puce à connecter en Bluetooth avec le smartphone. En approchant à une vingtaine de centimètres le petit boîtier blanc de l’identifiant électronique et en appuyant sur l’unique bouton bleu, le numéro s’affiche sur l’application. « Ça évite les erreurs de saisie et c’est très pratique quand on pèse les chevrettes », apprécie Camille Planson, 33 ans. Ce petit lecteur simplissime est vendu entre 50 et 60 euros HT, loin des prix des bâtons lecteurs de boucle à plus de mille euros pièce.

La liste des réformes sous la main

Camille et Juliette pèsent régulièrement les jeunes pour ajuster les lots afin de ralentir les plus avancées et soutenir les plus légères. « Sans pesée, on ne peut pas élever correctement les chevrettes », résume Camille. Là, une fois la chevrette dans la cage de pesée, l’oreille de l’animal est bipée, le numéro de l’animal s’affiche sur le smartphone et Camille n’a plus qu’à enregistrer le poids indiqué par la balance. L’application, qui garde l’historique de chaque animal, peut ensuite calculer les gains moyens quotidiens de l’animal et du lot.

L’application s’avère aussi très utile pour créer des lots : à la fois des lots physiques comme actuellement les quatre lots (lactations longues, primipare, insémination et le reste), mais aussi des lots virtuels à chaque occasion. « Je note par exemple dans une liste les chèvres que je veux réformer à cause de défaut morphologique ou de production trop basse ». Même logique pour les échographies, les pseudo-gestations, les traitements ou encore les sorties d’animaux, tout est noté au fur et à mesure sur le carnet virtuel et des listes sont facilement créées. La création de lot est parfois plus facile au bureau avec la version web qui reprend la même présentation mais qui permet d’afficher plus de colonnes. Pour les sorties d’animaux, le bon de transport ou d’équarrissage est transmis automatiquement à l’EDE, le bon de transport est généré et l’inventaire est mis à jour au contrôle laitier.

Autant de comptes que souhaités

Au moment des mises bas, en septembre à la Ferme des Rives du lait, les deux femmes entendent bien se servir encore d’Ubiq. À la naissance, les nouveau-nés sont cueillis, identifiés avec un collier puis très vite amenés dans de grandes cases dotées de lampes chauffantes. Là, les chevrettes et les chevreaux sont pesés, sondés au colostrum et bouclé avec les identifiants officiels. « Nous allons y fixer une tablette à demeure pendant ces périodes de bouclage afin d’éviter de jongler entre le téléphone et cahier qui n’a plus de raison d’être », explique Juliette.

L’application qui tient son nom « Ubiq » de l’ubiquité, la capacité à être présent en plusieurs lieux à la fois, répond bien aux promesses quand tous les intervenants de l’élevage sont équipés. En plus du compte administrateur géré par la cheffe d’exploitation, Camille peut paramétrer autant de comptes qu’elle veut pour donner accès à ses données à sa salariée, à d’éventuels stagiaires, au vétérinaire ou au technicien de laiterie, et cela, soit en mode consultatif seul, soit en mode consultation et saisie. « Je garde la main sur ce qui peut avoir accès aux données », apprécie l’éleveuse. Les organismes de conseil en élevage disposent eux aussi d’un accès aux données de l’élevage puisqu’ils insèrent directement les résultats du contrôle de performance dans la base de données. Idem pour Capgènes dont les données génétiques sont accessibles.

Avec Ubiq, l’idée est de centraliser et de retrouver tout l’historique sur une seule interface. Le système est encore en cours de développement et d’autres fonctionnalités arriveront prochainement comme des alertes, l’enregistrement via les bagues électroniques au paturon non officielles ou l’impression du registre d’élevage avec la version web. Mais pour les deux utilisatrices, la direction est la bonne.

Plus d’infos auprès de votre organisme de conseils en élevage. Application à télécharger sur l’App store ou sur Google Play.

Combien ça coûte ?

345 euros HT par an

Ubiq est proposé par les organismes de conseils en élevage au prix unifié de 345 euros hors taxe en 2026, au prorata du nombre de mois utilisé. Le petit lecteur de puce électronique est vendu de 50 à 60 € HT.

« La nouvelle application des contrôles laitiers »

Noëmie Couturier, de Seenovia, a suivi le déploiement d’Ubiq auprès des premiers élevages testeurs. Pour elle, l’application répond à une demande très nette du terrain.

« Ubiq a été développé pour Seenovia, le conseil élevage des Pays de la Loire et de Charente-Maritime, puis pour Eilyps, le conseil élevage des Deux-Sèvres et d’Ille-et-Vilaine. Elles ont ensuite été rejointes par d’autres entreprises de conseil en élevage. L’application a vocation à rapidement s’étendre dans tous les conseils élevage de France puisqu’il remplace Caplait qui va s’éteindre à la fin du premier semestre 2026. Il fallait un outil plus simple, plus ergonomique, plus efficace et plus rapide. L’enjeu est désormais l’adoption par un plus grand nombre d’éleveurs caprins, y compris parmi ceux qui n’utilisaient pas jusqu’ici de logiciel de troupeau. Même les éleveurs non adhérents à Capgènes ou au contrôle de performance peuvent bénéficier de l’outil qui leur servira de registre d’élevage et de carnet de suivi sanitaire. Il suffit d’avoir un smartphone tactile. L’application peut même fonctionner sans WiFi ou en zone blanche puisque Ubiq garde les modifications en mémoire pour les envoyer plus tard quand l’éleveur a du réseau ou du WiFi. »

Chiffres clés

320 places
307 chèvres
920 litres de lait par chèvre
600 000 cellules par millilitre
2 UTH
45 ha
1,2 à 1,4 kg de foin de fétuque, 450 g de luzerne déshydratée et 1,950 kg de concentrés

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