Justice
Des vautours fauves, espèce protégée, empoisonnés dans l'Aude avec un pesticide interdit depuis 2003 : dix mois de prison avec suris pour les coupables
Dans l’Aude, une enquête de police judiciaire menée par l’Office français de la biodiversité a permis de mettre au jour des faits d’empoisonnement de vautours fauves, espèce protégée, avec un pesticide interdit depuis 2003.
Dans l’Aude, une enquête de police judiciaire menée par l’Office français de la biodiversité a permis de mettre au jour des faits d’empoisonnement de vautours fauves, espèce protégée, avec un pesticide interdit depuis 2003.
Une enquête de police judiciaire menée par l’Office français de la biodiversité (OFB) a permis de mettre au jour des faits d’empoisonnement de vautours fauves, espèce protégée, sur la commune de Missègre et ses environs. Le 21 janvier 2026, le pôle régional pour l’environnement de Montpellier a condamné les mis en cause à des peines d’emprisonnement avec sursis, assortis de l’obligation de suivre un stage de sensibilisation aux enjeux de l’environnement.
L'hypothèse d'un empoisonnement vérifiée
En avril 2024, plusieurs vautours fauves, une espèce protégée, ont été retrouvés morts ou en détresse dans le secteur de Missègre, dans l’Aude. Certains de ces rapaces étaient équipés de balises GPS, dans le cadre d’un programme de suivi scientifique. Avec les données récupérées, l’Office français de la biodiversité (OFB), en charge de l’enquête, a constaté que plusieurs vautours s’étaient alimentés au même endroit, à peu de temps d’intervalle, avant de cesser brutalement toute activité. Ces éléments ont rapidement orienté les investigations vers l’hypothèse d’un empoisonnement, plutôt qu’une mortalité naturelle. Les analyses toxicologiques menées sur les cadavres de vautours ont confirmé cette hypothèse.
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Une mort imputée au pesticide Temik
L’enquête a permis de repérer des points de nourrissage probables puis les propriétaires des parcelles identifiées. Des perquisitions aux domiciles des suspects ont ensuite été organisées le 16 janvier 2025. Cette intervention, à laquelle ont participé neuf agents de l’OFB plus un agent cynophile appartenant aussi à l’OFB et sa chienne, a permis de localiser et de saisir de l’aldicarbe, une molécule longtemps commercialisée dans une formulation dénommée Temik. Ce pesticide extrêmement toxique est strictement interdit en Europe depuis 2003. Son usage constitue une menace pour la faune sauvage, mais également pour la faune domestique, des mortalités de chiens ayant déjà eu lieu.
Les deux suspects jugés coupables
L’ensemble des éléments recueillis a permis d’identifier deux personnes impliquées dans les faits. Après le dessaisissement du tribunal de Carcassonne au profit du pôle régional pour l’environnement (PRE) et à l’issue de la procédure judiciaire, les deux prévenus ont été reconnus coupables. Le 21 janvier 2026, ils ont été condamnés par le PRE de Montpellier à dix mois d’emprisonnement avec sursis, assortis de l’obligation de suivre un stage de sensibilisation aux enjeux de l’environnement. Les constitutions de partie civile de la LPO France et de la LPO Occitanie ont été déclarées recevables. Le tribunal a condamné les prévenus à verser à chacune des associations : 1 000 € pour le préjudice moral ; 2 000 € pour le préjudice écologique ; 800 € au titre des frais de procédure.
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L’empoisonnement, une des premières cause de mortalité des vautours et des grands rapaces
Dans les Pyrénées, qu’il s’agisse d’actes volontaires ou involontaires, l’empoisonnement de vautours et de grands rapaces constitue l’une des principales causes de mortalité de ces espèces à l’échelle des vingt dernières années. Outre le vautour fauve, l’un des grands rapaces emblématiques des Pyrénées avec une envergure allant jusqu’à 2, 70 m, figure également parmi elles le gypaète barbu, rapace le plus rare d’Europe.
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