Aude : après le gigantesque incendie de 2025, que propose le Plan d’action territoriale « Corbières 2032 » du CGAAER pour l’avenir du territoire ?
Le 5 août 2025, le département de l’Aude a été victime d’un incendie majeur qui a parcouru environ 16 000 hectares et en a détruit plus de 11 000. Cette catastrophe a posé la question du devenir de ce territoire. Une mission conjointe du CGAAER et de l’IGEDD a été chargée, en appui au préfet, de proposer un plan d’action à court, moyen et long terme. Quelles mesures sont proposées ?
Le 5 août 2025, le département de l’Aude a été victime d’un incendie majeur qui a parcouru environ 16 000 hectares et en a détruit plus de 11 000. Cette catastrophe a posé la question du devenir de ce territoire. Une mission conjointe du CGAAER et de l’IGEDD a été chargée, en appui au préfet, de proposer un plan d’action à court, moyen et long terme. Quelles mesures sont proposées ?
Le Plan d’action « Corbières 2032 » est l’intitulé du rapport du CGAAER et de l’IGEDD demandé par le premier ministre après le gigantesque incendie survenu dans l’Aude le 5 août 2025 qui a parcouru 16 000 hectares et en a ravagé plus de 11 000. Il figure parmi les trois plus grands incendies survenus en France depuis la seconde guerre mondiale. Cet événement a affecté un territoire déjà fragile, marqué par la déprise agricole, la progression des friches, des tensions croissantes sur la ressource en eau et une forte exposition aux effets du changement climatique.
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Un territoire structuré par la viticulture et un foncier très morcelé
Le périmètre retenu pour la rédaction de ce rapport correspond strictement à la zone sinistrée par l’incendie d’août 2025 et concerne seize communes des Corbières, situées à l’intersection de trois établissements publics de coopération intercommunale. Ce territoire rural de faible densité est majoritairement composé de forêts, garrigues et landes, avec une économie largement structurée par l’agriculture – en particulier la viticulture – et un foncier très morcelé.
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Une cartographie partagée, un outil nécessaire
A l’issue d’entretiens de près de deux cents acteurs (élus, agriculteurs, viticulteurs, forestiers, services de l’État, établissements publics, associations…), la mission a constaté l’absence d’une lecture collective du territoire sur plusieurs dimensions clés : l’occupation réelle des sols, le foncier mobilisable, la ressource en eau et les zones de risques. Dans ce contexte, le recours à une cartographie partagée est apparu comme un levier central pour objectiver les enjeux, définir des priorités et sécuriser les décisions futures.
Le foncier et l’eau, deux politiques structurantes
C’est sur cette base que la mission propose une stratégie structurée autour de quatre axes complémentaires, déclinés en 21 actions. Ces axes visent à renforcer la gouvernance et l’ingénierie territoriale, organiser une gestion collective de la ressource en eau, recomposer les usages et les activités pour accroître la résilience face au changement climatique, et renforcer l’attractivité du territoire pour les habitants comme pour les visiteurs. La cohérence et la faisabilité du plan d’action reposent sur deux politiques structurantes - le foncier et l’eau- au cœur des préconisations du rapport, dont dépend la capacité de résilience du territoire.
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Mettre en place une gestion collective de l’eau et développer le pastoralisme
La mission propose ainsi de créer une instance de gestion unique et collective de l’eau « toutes ressources et tous usages » ainsi que de mettre à plat l’ensemble des autorisations existantes de prélèvements et de forages et d’assurer la transparence sur la situation en déployant chez tous les préleveurs des outils de télérelève.
Selon la mission, la mise en place d’une gestion active du foncier est aussi nécessaire. En termes d’activités, elle remarque : « peu de pastoralisme est actuellement présent alors que les surfaces en friches sont de plus en plus importantes et accroissent les disponibilités potentielles de terres pâturables ». Elle recommande donc de développer le pastoralisme en créant des sites pastoraux. Pour ce faire elle estime qu’il faudrait établir une cartographie précise de l’étendue du foncier disponible, créer une association foncière pastorale dans les 16 communes concernées, favoriser d’autres initiatives complémentaires telles que des couveuses pastorales ou des partenariats agriculteurs/commune.
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Conforter la viticulture…
« Malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée, la viticulture reste l’un des pôles de développement de ce territoire générant de la création de valeur et des emplois. Il apparaît donc indispensable de la conforter, même si ses pratiques doivent être adaptées pour améliorer sa résilience face au changement climatique et aux évolutions de marché. Ce territoire dispose également d’atouts à valoriser pour mettre en place des diversifications innovantes, à la fois en termes de métiers et d’activités agricoles et forestières » estime la mission.
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… en adaptant ses pratiques
Pour elle, il est nécessaire de planter des cépages plus résistants à la sécheresse et d’élargir la liste des variétés d’intérêt à des fins d’adaptation (VIFA) et l’introduire dans les cahiers des charges des AOP Corbières et Boutenac. Autres points recommandés : maintenir la viticulture en adaptant les pratiques, favoriser l’émergence d’actions visant à entretenir et accroître la matière organique des sols, travailler sur les pratiques œnologiques (micro-organismes adaptés, acidification, désalcoolisation) ou encore promouvoir une organisation plus lisible de circuits d’agro et d’œnotourisme.
Cette stratégie globale présenté par la mission, déclinée à court, moyen et long termes, a vocation à être reproductible sur d’autres territoires comparables.