Attirer les familles et développer le fromage de chèvre en cuisine
Le marché du fromage se porte bien mais le chèvre semble décrocher doucement. Pour Kantar, l’enjeu est de remobiliser les familles et de développer l’usage du chèvre en cuisine.
Le marché du fromage se porte bien mais le chèvre semble décrocher doucement. Pour Kantar, l’enjeu est de remobiliser les familles et de développer l’usage du chèvre en cuisine.
L’interprofession caprine (Anicap) finance chaque année une analyse de la consommation des foyers français réalisée par le panéliste Kantar. En scrutant le contenu des paniers, il observe que le fromage de chèvre perd progressivement des acheteurs. 82,6 % des foyers français consomment du fromage de chèvre en 2025 mais ils étaient encore 85 % à en manger en 2021. Les volumes de fromages de chèvre se font ainsi grignoter par les aides culinaires froides (mozzarella, feta, ricotta, mascarpone…), les fromages de brebis et les frais tartinables. « La mozzarella génère aujourd’hui plus de passages en caisse que le camembert », souligne même Capucine Sansoz, consultante chez Kantar.
Un chèvre qui se séniorise et se déconnecte des enfants
Le diagnostic sociologique montre aussi que « la clientèle du chèvre se séniorise », selon Imelda Pringuey de Kantar. Près d’un tiers des volumes de fromage de chèvre est désormais acheté par les plus de 65 ans. À l’inverse, les enfants et les jeunes consomment moins de chèvre que les autres fromages. Or, les familles représentent un levier majeur : elles pèsent environ un tiers des volumes et de la valeur sur les produits laitiers. Redonner envie de chèvre aux enfants et aux parents devient donc central pour relancer la dynamique.
Au sein du rayon chèvre, la bûche affinée peut continuer à jouer ce rôle car c’est le seul segment qui recrute de nouveaux acheteurs. De plus, la bûchette attire plus de familles et plus de jeunes que le reste du rayon chèvre. Le chèvre frais, lui, progresse en volume et apparaît également comme un bon support de recrutement des jeunes consommateurs. A contrario, les chèvres AOP et les références vendues au rayon traditionnel sont en net déclin.
Des marques de distributeur portes d’entrée pour les familles
En parallèle, les marques de distributeur continuent de gagner du terrain en chèvre. Elles attirent des foyers plus familiaux et plus modestes, plus sensibles au prix et aux promotions. Côté marques nationales, seul Président progresse. Son positionnement prix, proche de celui de la MDD, et son offre centrée sur la bûche en font une marque plus accessible. « Président attire une cible plus familiale, plus modeste et très promophile », note Capucine Sansoz.
Pour sortir le chèvre du plateau, Kantar appelle à développer les usages culinaires. Là où les fromages ont tendance à être utilisés davantage dans les plats cuisinés, « le chèvre reste très cantonné au moment du plateau de fromage, consommé à froid, le plus souvent par des adultes et souvent seuls », observe la panéliste de Kantar. Pourtant, le fromage de chèvre est déjà bien présent dans plusieurs recettes : pizza, tarte salée, crêpe et galette salée, salades composées… « La pizza est devenue la première recette plébiscitée par les Français au dîner. Y installer davantage le chèvre est une vraie opportunité de croissance », souligne Imelda Pringuey. Le chèvre a ainsi tout à gagner à se positionner comme ingrédient du fait maison. Pizzas, tartes, salades, crêpes et galettes sont autant de terrains de jeu pour toucher les familles et les jeunes, consommateurs de demain.