Vers une réduction de la contention dans les verrateries des élevages de porcs

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L’infirmerie permet d’isoler les truies malades et de leur prodiguer les soins appropriés avant de la renvoyer avec ces congénères. Crédits : © Ifip
Les truies sont rapidement mises en liberté après l’insémination : elles disposent alors de 2,25m² par animal comme en gestante. Crédits : © Ifip
En passant la verraterie en liberté, il est plus facile d’aménager les zones de vie et de proposer des matériaux d’enrichissement à l’ensemble du groupe. Crédits : © Ifip
Indicateurs environnementaux (énergie, ammoniac et GES) de la verraterie liberté de demain par rapport aux référencesen nota :Ref : verraterie bloquée sans bonne pratiqueRef+ (base 100) : verraterie bloquée avec lavage d’air et couverture associée à une méthanisation passive de type Nénufar Crédits : © Ifip

Après avoir réalisé des plans sur le bloc croissance, un collectif constitué de Midiporc, de l’Ifip et d’acteurs de la filière porcine Occitanie s’est penché sur le bâtiment naissage de demain.

En verraterie, le premier choix fort a été de réduire la période de contention des truies tout en garantissant des conditions de travail satisfaisantes lors de la détection des chaleurs et de l’insémination. Le mode de logement résultant est un système réfectoire-courette.

 

 
Vers une réduction de la contention dans les verrateries des élevages de porcs

 

Les truies disposent de 2,25 m² par animal, comme en gestante. Elles peuvent être bloquées pendant une semaine dans les réfectoires, le temps de réaliser les inséminations.

Elles sont ensuite mises en liberté par groupe de 6 à 12 truies, selon les configurations d’élevage. Pour la réalisation des échographies (28 jours après l’insémination), les truies pourront de nouveau être bloquées, puis déplacées vers le bloc des truies gestantes.

Afin de garantir un accès continu à l’eau, des systèmes de niveau constant sont installés dans les auges. Côté courette, les truies disposent de râteliers de paille et/ou de rondins de bois positionnés au-dessus d’un sol plein. Cela permet de maîtriser la consommation de matériaux d’enrichissement et d’éviter que ces derniers ne passent en trop grande quantité sous les caillebotis.

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La gestion des effluents se fait soit avec un raclage en V, soit avec la technique du lisier flottant (remplissage du fond de fosse avec un tapis d’eau, puis évacuation gravitaire fréquente des effluents). Afin d’éviter des risques de bouchage, il conviendra d’avoir installé des canalisations de grand diamètre (> 400 mm) et d’utiliser, si besoin, une mélangeuse-broyeuse avant l’évacuation.

La ventilation est gérée de manière dynamique. L’air extrait des salles est centralisé dans une gaine sous le bâtiment. Les émissions d’ammoniac sont réduites grâce à un laveur d’air. Côté infirmerie, deux cases individuelles sont positionnées à l’extrémité des réfectoires pour accueillir les truies malades. Les dimensions leur permettent de se retourner. Elles disposent des mêmes équipements que les truies en groupe.

Réduction de l’ammoniac, des GES et des consommations d’énergie

Les performances environnementales de la verraterie sont calculées sur trois critères (énergie, ammoniac et gaz à effet de serre (GES)). Elles sont comparées à celles de deux élevages de référence classique sur caillebotis intégral, l’un sans bonne pratique (Réf), et l’autre avec lavage d’air et couverture associée à de la méthanisation passive de type Nénufar (Réf env +).

 

 
Vers une réduction de la contention dans les verrateries des élevages de porcs

 

Les consommations d’énergie diminuent de près de 54 % grâce à la ventilation centralisée, par rapport aux élevages de référence équipés de ventilateurs dans chacune des salles.
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont également réduites de 33 % par rapport à la référence avec la méthanisation passive (Réf env +), grâce à l’évacuation fréquente des déjections et la méthanisation. Avec la modalité « lisier flottant », les émissions de GES sont 60 % plus importantes par rapport à l’élevage Réf env +.
Les émissions d’ammoniac peuvent être abaissées jusqu’à 30 % par rapport à la référence Réf env +, grâce à la combinaison de techniques de raclage + lisier flottant et à l’utilisation d’un laveur d’air. La lisiothermie a également été envisagée pour réduire à la fois la consommation d’énergie et les émissions. Ce procédé consiste à récupérer les calories du lisier dans le fond de fosse via la circulation d’un fluide caloporteur dans la dalle béton, puis de restituer cette chaleur dans l’élevage (dalle chauffante en maternité, tube à ailette en post-sevrage…). Le refroidissement du lisier réduit les émissions d’ammoniac, tandis que les calories récupérées abaissent la facture énergétique de l’élevage tout diminuant la dépendance aux énergies fossiles. À noter que ce dispositif n’est pas compatible avec les systèmes d’évacuation fréquente des effluents, car le temps de contact avec la dalle béton est trop court pour assurer un transfert correct des calories.

Globalement, cette configuration d’élevage génère un surcoût minimum de 200 euros par place (hors surcoût du raclage en V) sur la base du coût des matériaux en janvier 2021 par rapport à un bâtiment avec des truies bloquées et sans bonne pratique.

 

Côté Web :

Retrouvez une vidéo 3D présentant ce bâtiment sur la chaîne Youtube de l’Ifip (Playlist « Bâtiment de demain »)
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