Alimentation des bovins Une essai montre une réduction du niveau azoté des rations complètes moins pénalisante que prévu

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Depuis plusieurs années, la ferme expérimentale des Trinottières, dans le Maine-et-Loire, planche sur l´utilisation de sources protéiques alternatives au tourteau de soja et sur la recherche d´une plus grande autonomie alimentaire.
L´hiver dernier, la réduction des apports azotés dans les rations des laitières a été testée. Au terme de l´expérimentation, les résultats s´annoncent encourageants. « En limitant les apports azotés à 80 g de PDI dans les rations des vaches laitières, on obtient des performances techniques correctes tout en réduisant le coût de concentrés et en améliorant l´autonomie alimentaire, résume Jean-Michel Lamy de la Chambre d´agriculture du Maine-et-Loire.
Dans l´essai, trois lots de quinze vaches (huit multipares et sept primipares) ont reçu une ration complète à base du même ensilage de maïs, corrigé avec du lupin et du tourteau de colza.
©D. R.


Moins d´ingestion et moins de lait pour le lot 80 g
A chaque lot correspondait un niveau de complémentation protéique différent : 80, 90 et 100 g de PDI par kg de matière sèche. La proportion de concentrés dans les rations s´élevait respectivement à 20, 30 et 34 %.
Comme l´on s´y attendait, sur la période de l´essai (les quatorze premières semaines de lactation), l´ingestion du lot 80 g de PDI s´est montrée inférieure (- 1,4 kg) à celle des deux autres lots.
De même, ce lot a produit 1,6 kg de lait de moins que le lot 90 g. Le lot 100 g, quant à lui, a produit 2 kg de lait supplémentaires. Malgré le faible apport de concentré, la production du lot 80 g dépasse néanmoins 30 kg de lait en moyenne dès la quatrième semaine de lactation. « Ce résultat nous pose question, confie Jean-Michel Lamy. En effet, le lot 80 g a produit 9 kg de lait de plus que ne le permettent les PDIE apportés par la ration. »
D´autre part, même si les effectifs sont insuffisants pour conclure, les résultats de reproduction du lot 80 g se montrent corrects. Parmi les vaches mises à la reproduction, celles du lot 100 g ont montré un taux de gestation plus faible (67 %) que celles des lots 80 et 90 g (respectivement 87 % et 79 %).

Des simulations économiques favorables au lot 80 g
A partir de ces résultats, des simulations économiques ont été réalisées en s´appuyant sur les systèmes laitiers intensifs et économes, décrits par les réseaux d´élevage des Pays-de-la-Loire. « Pour les deux types de systèmes, la diminution du niveau protéique des rations pendant la période hivernale, apparaît favorable sur le plan économique », note le conseiller. « Même si cette réduction conduit à une baisse de la production laitière, elle ne pénalise pas le revenu agricole. »De quoi alimenter les réflexions des éleveurs sur la recherche d´une meilleure autonomie protéique de leurs exploitations.

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