Florence Jacquemoud Une année difficile pour la carotte du Sud-Ouest

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“Les producteurs de carottes, notamment ceux du Sud-Ouest (Landes et Sud-Gironde), vivent une période charnière, confie Vincent Schieber, président des sections carotte nationale et régionale grand Sud-Ouest Propos tenus au cours d’une table ronde organisée lors du Sifel, à Agen.. 2004 a été une année catastrophique, tout d’abord en termes de prix, car le marché était encombré, même en carottes primeurs. Nous avons, par ailleurs, perdu des clients à l’export, notamment parce que les pays acheteurs sont à leur tour devenus producteurs, sur des créneaux alors occupés par les Landais. Enfin, la grande distribution qui nous avait soutenus dans nos démarches qualité, nous demande aujourd’hui des prix bas pour concurrencer les hard-discounters.”

La région Aquitaine est la première région productrice

La filière carotte d’Aquitaine avait pourtant connu un essor rapide. Après s’être lancée dans cette nouvelle culture, il y a une vingtaine d’années, elle est vite devenue la première productrice de France, avec 280 000 à 300 000 t annuelles, dont près de la moitié en production organisée.

Cette jeune filière possède des atouts : les schémas de production mis en place dès le départ, alliant les notions de traçabilité, qualité et fiabilité des livraisons (onze mois sur douze), ont tout de suite été performants ; sa station de conditionnement, ouverte à l’occasion, a été l’une des premières à utiliser l’hydrocooling ; la production organisée, enfin, est tenue par un petit “noyau dur” de producteurs, possédant de grandes exploitations et la totalité du tonnage est commercialisée par un bureau de vente unique.

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“En revanche, la carotte est un produit qui n’a pas vraiment de particularité terroir et qui est peu segmenté, même si on fait tout de même une différence entre la carotte primeur, de saison et d’hiver, poursuit Vincent Schieber. Nous devons revoir nos schémas de production, tabler sur de nouveaux atouts pour accompagner sa commercialisation et trouver d’autres marchés. Mais cette adaptation ne se fera certainement pas sans chutes de producteurs. Certains ne seront pas capables de résister.”

Une consommation qui ne va plus augmenter

Les producteurs aquitains savent que les Français, qui achètent 6 à 7 kg de carottes par an et par personne, ne vont pas consommer beaucoup plus. Ils peuvent jouer sur les packagings et les cahiers des charges, mais la progression ne sera pas spectaculaire.

Les essais de carottes prêtes à l’emploi, en IVe gamme (rondelles, bâtonnets), passent mal à cause de la perte de goût du produit. “Aujourd’hui, on butte sur une difficulté technologique, conclut Vincent Schieber. Mais une de nos options de développement est tout de même le snacking et nous pourrions, demain, mettre sur le marché des sachets de carottes prêtes à croquer.” Une carotte, plutôt qu’une barre chocolatée ? Un compromis très “fraîche attitude”.

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