Ces trois céréaliers, également responsable de la FDSEA du Calvados, ne sont pas bio. Ils sont installés, en conventionnel, dans la plaine de Caen. Bertin George, Xavier Hay et Geffroy de Lesquen estiment que « la peur du glyphosate est irrationnelle, sans fondement scientifique. Nous en avons une preuve supplémentaire aujourd’hui. Nous n’avions pas de glyphosate dans nos urines, nous voulions savoir si la molécule est présente dans le blé que nous cultivons ». Les agriculteurs mettent également en avant la bonne santé de leurs sols et de leurs vers de terre.
Dans son communiqué de presse, la FDSEA du Calvados s’interroge donc : et si les citoyens positifs au glyphosate étaient en réalité des pisseurs de lessives ? l’AMPA, métabolite du glyphosate a deux origines : agricole comme métabolite du glyphosate ; et non agricole, comme métabolite des aminométhylène-phosphonates, utilisées dans les détergents et les lessives ».
Le débat risque de se poursuivre. Derrière les chiffres avancés par les pro et anti-glyphosate se cachent des tests différents. La FDSEA du Calvados s’appuie sur des laboratoires français, quand les pisseurs volontaires envoient leur urine en Allemagne, chez Biocheck.
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Et selon le télégramme de Brest, le laboratoire public breton Labocea ne veut pas de la méthode allemande, mais précise que « le match est serré ». « À ceux qui douteraient de son impartialité et préféreraient s’adresser à un labo étranger, Labocea rappelle qu’il est issu du regroupement des laboratoires publics de Brest, Quimper, Ploufragan (22), Fougères (35) et Combourg », note cependant le quotidien breton. Ce dernier explique également que « La méthode de la chromatographie-spectrométrie de masse utilisée à Brest nécessite un travail long et minutieux de préparation des échantillons avant de procéder avec précision à la séparation, la quantification et l’identification des molécules présentes. Mais elle présente l’avantage d’être adaptée à l’urine », peut-on lire sur le site du quotidien breton. En filigrane, il faut comprendre que le test Elisa est initialement conçu pour l’eau. Ouest France donne, de son côté, la parole à Eric Thybaud. Et pour le responsable du pole toxicologie à l’institut national de l’environnement industriels et des risques (Ineris), « les tests Elisa sont faibles ».
Le débat fait donc rage. Mais les agriculteurs ne semblent pas abandonner le combat.