Cotidienne du 13 octobre 2020
Tendance Céréales/Oléagineux du 12 octobre : petite hausse des céréales à paille avec la sécheresse dans certaines zones de production, effritement du colza dans le sillage du soja
Alors que le marché à terme de Chicago marquait une pause, suite à des prises de profit des fonds d'investissements, les contrats Blé (en très légère hausse) et, surtout, Maïs (en baisse) ont légèrement progressé sur Euronext, dopant à la marge les marchés physiques des céréales à paille hexagonaux. La baisse des prix du maïs outre-Atlantique est, également, liée à l'arrivée de pluies dans le nord du Brésil et à d'autres à venir, bénéfiques aux cultures. Le blé états-unien reste soutenu par de nouvelles prévisions de temps sec dans certaines zones de production aux Etats-Unis et en Ukraine.
Pour rappel, l'USDA a fait part d'estimations au-dessus des attentes à l'échelle mondiale avec un stock de report corrigé à la hausse depuis le mois dernier à 321,45 Mt (317,23 Mt en septembre) et une production mondiale à 773,08 Mt (770,49 Mt), portée par la récolte russe à 83 Mt (78 Mt).
L'appel d'offres de l'Algérie pour une livraison de blé en deux fois sur le mois de novembre a surpris les opérateurs qui ne l'attendait pas si tôt. Notons que les spécifications de cette demande de l'OAIC (Office algérien interprofessionnel des céréales) viennent confirmer l'ouverture de son marché aux origines de la zone mer Noire et, notamment, russe. Dans le détail, le premier partenaire commercial concernant l'export de blé à l'échelle mondiale est à la recherche de blé meunier affichant un taux de protéines de 12,5 % et des dégâts d'insectes (blés punaisés) à hauteur de 0,5 % (0,1% auparavant), permettant aux blés d'origine zone mer Noire de faire leur entrée sur ce marché. Il est à noter que l'OAIC accepte également les productions à 0,1 % de grains punaisés et présentant un taux de protéines à 11 %.
Selon la Commission européenne, l'UE a exporté, au 11 octobre, 5,73 Mt contre 8,10 Mt l'an passé à même époque, et 2,25 Mt d'orge contre 2,41 Mt en 2019. En maïs, les importations s'élèvent, quant à elles, à 4,70 Mt à comparer aux 5,76 Mt de l'an passé.
Selon l’Union ukrainienne des traders, la production de maïs en Ukraine atteindrait 32,5 Mt, un chiffre nettement inférieur à l'estimation de l'USDA la projetant dans son dernier rapport à 36 Mt.
Les cours du colza sur Euronext et, par ricochet, sur le marché physique hexagonal se sont effrités de manière assez nette entre les sessions du 9 et du 12 octobre, compte tenu du repli de ceux du soja à Chicago.
Le repli de la graine oléagineuse états-unienne est lié à d’importantes opérations de prises de profits, le soja états-unien ayant atteint des hauts niveaux ces derniers jours. Rappelons que les fonds d'investissement disposent actuellement de positions longues très élevées. Ensuite, les récoltes états-uniennes avancent bien, et la Chine pourrait réduire la cadence de ses achats. La bonne tenue actuelle des prix incitent les producteurs états-uniens à se positionner à la vente, ajoutant de la pression sur les cours, que ce soit sur le marché physique ou le marché à terme. Enfin, des pluies sont survenues dans le nord du Brésil, et d’autres devraient suivre durant les dix prochains jours, ce qui favoriserait les semis. Reste à savoir si elles seront suffisantes, le pays ayant subi une sécheresse de six semaines. Notons que les douanes chinoises rapportent des importations de soja à 9,8 Mt en septembre, contre 9,6 Mt en août (8,2 Mt l’an dernier à pareille époque).
Autre élément baissier : la régression des cours du pétrole à New York et Londres. La fin de la grève dans le secteur pétrolier en Norvège, la reprise de la production libyenne et le fait que l’ouragan Delta n’ait pas fait trop de dégâts sur les installations pétrolières dans le Golf du Mexique sont autant d’éléments baissiers.
Signalons la hausse des prix de l’huile de palme à Kuala Lumpur. Des analystes privés s’attendent à une hausse des exportations malaisiennes entre les dix premiers jours de septembre et d’octobre. Signalons que les autorités indonésiennes s’inquiètent des effets potentiels de La Niña (fortes pluies/inondations) sur les productions agricoles locales.
En tournesol, les cotations ont progressé, dans un contexte où l’offre en qualité standard (linoléique) est réduite en France. L’huile progresse également, face à la baisse de l’offre française et européenne.
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