L’institut d’études d’opinion Ifop a interrogé les Français sur leur perception des agriculteurs dans une étude publiée le 3 novembre 2026. Ressort de cette enquête un regain de soutien aux agriculteurs, probablement marqué par le contexte climatique, en particulier la sécheresse.
« Leur image s’améliore sur la quasi-totalité des dimensions mesurées », conclut l’étude de l’Ifop commandée par Ouest-France à l’occasion des Assises nationales de l’alimentation et de l’agriculture tenues le mardi 3 novembre 2026.
L’enquête réalisée depuis plus de 20 ans, interroge 1 001 Français sur leur perception des agriculteurs. En 2025, ils avaient été interrogés en septembre. Bilan de cette année : un regain de soutien des citoyens envers la profession. Ce qui pourrait s’expliquer en partie par le contexte climatique de sécheresse, comme l’indique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Institut de sondage, dans un entretien à Ouest France. « Depuis plusieurs années, la cote de sympathie des Français est très forte. Et il y a un réflexe de solidarité qui s’exprime quand la profession est confrontée à des crises. Qu’elles soient sanitaires, économiques ou climatiques. On en a un nouvel exemple : les indicateurs, qui étaient déjà bien orientés, gagnent encore quelques points après l’été que les agriculteurs ont vécu de plein fouet. »
Les Français interrogés prêts à payer plus pour soutenir les salaires des agriculteurs
En parallèle, 83 % des sondés estiment que les agriculteurs ne sont pas suffisamment rémunérés (dont 46 % pas du tout assez). C’est finalement 64 % des répondants qui assurent être prêts à payer plus cher leurs produitsalimentaires pour garantir un revenu correct, « le plus souvent dans une limite de 5 % » précise l’étude. Un chiffre tiré vers le haut par la « catégorie aisée » (1) du sondage (82 % de cette catégorie ont répondu oui à cette question). De même, respectivement 88 % et 86 % des répondants indiquent privilégiez les aliments produits en France ou localement.
Les sondés inquiets pour l’avenir de la profession
Si les Français ont une image positive du métier, ils demeurent inquiets pour son avenir. Sept Français interrogés sur 10 redoutent un nombre insuffisant d’agriculteurs dans les années à venir. S’ajoute à cela un « sentiment de manque d’écoute des politiques », pointe le rapport : « 78 % jugent les responsables politiques insuffisamment à l’écoute du monde agricole ».
Avec d’un côté une valorisation du métier et de l’autre des inquiétudes, seulement 15 % des sondés conseilleraient à leurs enfants de devenir agriculteur. A noter que ce chiffre est plus fort chez les jeunes (23 % pour les 18-24 ans et 24 % chez les 25-34 ans) que chez les plus âgés (6 % des 65 ans et plus).
Des attentes d’accompagnement face au réchauffement climatique
Pour deux tiers des Français interrogés (65 %), l’agriculture française n’est pas prête à faire face au changement climatique. La question des aides à la transition et à l’adaptation « gagne en priorité » dans l’esprit des sondés (30 %, +7 points depuis 2025). Sans pour autant éclipser la question de la rémunération et du partage de la valeur (74 %).
(1) Plus de 2500 € par personne au foyer par mois (après impôts et prestations sociales)