Négociations commerciales : une première réunion sans les distributeurs, quelle prise en compte des agriculteurs ?
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« S'il doit y avoir de l'inflation, alors elle doit servir en priorité à nos agriculteurs qui produisent, et à nos industriels, surtout les PME les plus sensibles ». C’est le message porté par le ministre du Commerce Serge Papin et partagé par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors du comité de préparation des négociations commerciales, organisé le 2 novembre à Bercy. Etaient présentes des grandes fédérations, des fédérations sectorielles du secteur agroalimentaire, ainsi que des organisations agricoles dont des syndicats.
Ces derniers ont pu faire état des hausses des coûts qu’ils subissent, comme la flambée du prix du gazole non routier (GNR) ou des engrais, en plus des pertes de récoltes dûes à la sécheresse de l’été 2026, selon les cabinets des ministères. Les deux ministres ont appelé à un « pacte de responsabilité » entre les acteurs, selon leurs cabinets, afin d’aboutir à une « juste répartition de la valeur » et « préserver les exploitations agricoles ».
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La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) était cependant absente, comme elle l’avait annoncé dans un communiqué le 23 octobre. Les distributeurs y réclamaient que deux « exigences fondamentales » soient « reconnues et partagées » par tous les acteurs avant la réunion. D’abord, la « transparence » dans la part de la matière agricole sanctuarisée dans les tarifs, en interdisant l’utilisation de « l’option 3 » par les industriels. Cette option prévoit le recours à un tiers de confiance pour vérifier le respect de cette part sanctuarisée. Et la FDC demandait une « différenciation » selon la taille et la situation des PME dans les négociations.
Le gouvernement a déploré la non-participation des distributeurs à cette première réunion. « Cette pratique de la chaise vide est contreproductive et contradictoire, alors même qu'ils représentent une partie de la solution », a estimé Annie Genevard le 2 novembre, réagissant dans un post publié sur X. Les ministères affirment que l’exigence de différenciation demandée par la FCD a été intégrée dans la loi d’urgence agricole. Celle-ci prévoit que les négociations commerciales des PME et ETI (réalisant moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial) s’achèveront au 31 janvier au lieu du 1er mars, à titre expérimental jusqu’à fin 2029. Le gouvernement affirme vouloir prendre « le plus rapidement possible » les textes d'application de cette loi, pour que les nouvelles dispositions s’appliquent dans les prochaines négociations.
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Sur la question de la transparence, le gouvernement indique ne pas partager le constat de l’opacité de « l’option 3 » porté par la FCD. Pour les ministères de l’Agriculture et du Commerce, cette option permet de faire certifier par un tiers indépendant la véracité des informations des fournisseurs sur le montant des matières premières agricoles dans leurs tarifs, sans les dévoiler. Ce qui permet de garder le « secret des affaires » entre distributeurs et fournisseurs, qui sont concurrents sur les marques de distributeurs, expliquent le cabinet d’Annie Genevard.
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Dans un communiqué commun du 2 novembre, l’Ania, La Coopération Agricole, l'Ilec et la FNSEA, présentes à la réunion, ont aussi déploré l’absence de la FCD. « La hausse des coûts de production doit être prise en compte dans les négociations commerciales à venir », appellent les organisations. Dans un communiqué du 3 novembre, la Confédération paysanne demande à l’Etat de « jouer son rôle de régulateur » en instaurant « un véritable arbitrage public et des sanctions exemplaires » en cas de pratiques commerciales déloyales. Le syndicat paysan appelle à mettre en place des « contrats tripartites pluriannuels producteur-industriel-distributeur, pour en finir avec la guerre des prix qui se joue dans des box de négociation ».
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