Le soutien mondial au secteur agricole s’est élevé à 950 milliards de dollars en 2025, un record selon l’OCDE
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L’OCDE vient de publier son rapport « Politiques agricoles : suivi et évaluation 2026 » qui évalue les politiques agricoles de 56 pays membres et non membres de l’organisation. Alors que le monde est confronté à une série de chocs climatiques et géopolitiques, en 2025-2026, plus de trente dispositifs d’urgence ont été mis en place par les pays en réponse aux seuls événements météorologiques extrêmes et catastrophes naturelles.
Dans ce contexte, le soutien total au secteur, qui s’élevait en moyenne à 885 milliards USD par an entre 2023 et 2025, a atteint un niveau record avec plus de 950 milliards USD en 2025, ce qui représente 121 milliards USD – soit près de 15 % – supplémentaires par rapport à 2023. Le soutien en proportion de la valeur de la production agricole est ainsi passé à 19,1 %, contre 17,6 %, rompant avec une tendance baissière qui s’était inscrite dans le temps. Le soutien aux « services généraux », comme les infrastructures et l’innovation, est resté stable en proportion de la valeur de la production, à environ 2,4 %.
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Il est à souligner que la part du soutien fourni par les grandes économies émergentes a augmenté. Ainsi la Chine a cumulé, à elle seule, quelque 204 milliards USD de transferts annuels aux producteurs – résultant des politiques fondées sur les prix – en 2023-2025, tandis que l’Inde a enregistré 119 milliards USD par an de transferts aux consommateurs dont le coût est supporté par les producteurs. L’Inde, en outre, subventionne largement les importations.
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L’OCDE révèle que le soutien des prix du marché demeure une composante centrale : les transferts aux producteurs résultant de la hausse des prix intérieurs s’élevaient en moyenne à 7,1 % des recettes agricoles brutes en 2023-2025, les coûts de ces transferts étant financés par environ 5,3 % des dépenses de consommation.
Si dans les économies émergents, la progression résulte essentiellement de mesures ayant pour effet d’augmente les prix, dans les pays de l’OCDE, elle découle principalement des transferts budgétaires aux producteurs agricoles, et notamment de l’ampleur des aides exceptionnelles débloquées face aux catastrophes. Le soutien des prix n’est pas une mesure saluée par l’OCDE. « Davantage de soutien ne signifie pas toujours de meilleurs résultats. Les mesures génératrices de distorsions alourdissent les coûts pour les familles et réduisent l’efficacité », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, dans un communiqué.
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Entre 2023 et 2025, le soutien aux exploitants agricoles s’est élevé, en moyenne, à 661 milliards USD par an dans l’ensemble des pays étudiés, soit près de 13 % des revenus agricoles. Les trois quarts du soutien total à l’agriculture continuent de bénéficier directement aux producteurs pris individuellement, le quart restant étant partagé entre les investissements dans les services d’intérêt général et les paiements aux consommateurs.
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Selon l’OCDE, l’essentiel du soutien est fourni sans conditions puisque 79 % du soutien net aux producteurs (401 milliards USD) n’est assorti d’aucune contrainte – obligatoire ou facultative – relative aux intrants. Lorsqu’elles existent, la plupart des contraintes visent à améliorer les performances environnementales. « L’efficacité de ces mesures est difficile à apprécier et varie selon les instruments utilisés et les pays considérés » note l’organisation.
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Autre constat de l’OCDE : le soutien au titre d’un seul produit demeure très élevé et inégal selon les secteurs : les transferts nets représentent 21 % des recettes brutes pour le sucre brut et 18 % pour le maïs, mais pour d’autres produits de base comme le lait, les transferts des producteurs aux consommateurs sont équivalents à 12 % des recettes.
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L’OCDE remarque par ailleurs que l’investissement, qu’elle estime nécessaire pour répondre au ralentissement de la croissance de la productivité agricole qui est passée à 0,8 % par an sur la période 2014-2023, contre 1,8 % sur la période 1991-2000, n’est pas à la hauteur.
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