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Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

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Le pâturage a pu être en partie maintenu jusqu'à la mi-aout. Mais le sec de cette année oblige Joris Soenen à acheter 250 t de foin. Crédits : © K.Foilleret
L'essai de 3 hectares de sorgho a permis de gagner cinq jours de pâturage. Celui-ci est en train de repartir quelques jours après le passage des vaches Crédits : © K.Foilleret

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du foin. Il a pu maintenir le pâturage jusqu’à la mi-août grâce à la réalisation de stocks d’herbe sur pied et au pâturage de sorgho.

L’exploitation de Joris Soenen, en Earl avec son père dans l’Eure, est un système pâturant où les 80 vaches laitières et les 10 vaches nourrices profitent de 120 hectares d’herbe dont 50 hectares de prairies temporaires conduites en pâturage tournant. Le sec de cette année a contraint l’éleveur à puiser dans son stock hivernal et à acheter 250 tonnes de foin à l’extérieur. « Mais le pâturage a pu être maintenu jusqu’à la mi-août », se réjouit Joris Soenen. Cela grâce à la réalisation de stocks d’herbe sur pied et au pâturage de 3 hectares de sorgho fourrager. Une première sur l’exploitation.

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Quinze jours de pâturage en plus avec le stock sur pied

Joris Soenen, accompagné par les Civam Normand, réalise du stock sur pied depuis 2018 afin d’allonger la période de pâturage pendant l’été. Un déprimage des prairies temporaires a été réalisé en mars, suivi d’un tour de pâturage ou de fauche en enrubanner vers la mi-mai, pour couper les épis de ray-grass anglais. L’herbe a continué à pousser sur ces parcelles sans intervention avant d’être à nouveau pâturées à partir du 5 juillet, soit 10 jours plus tôt que d’habitude. « J’estime avoir gagné 15 jours de pâturage », admet l’éleveur. À cette période, les vaches laitières sont passées en demi-ration. Elles vont sur des parcelles « parking » la journée, pour avoir de l’ombre avec une distribution d’enrubanné. La nuit, elles retournent pâturer sur les prairies temporaires avec une gestion au fil.

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<em class="placeholder">Repousse de sorgho fourrager après le pâturage</em>

Les prairies sont composées de trèfle violet tétraploïde (15-20 kg), de ray-grass anglais (7-10 kg), de trèfle blanc nain, géant et intermédiaire (2-3kg) et de luzerne (2 kg). « Pour que la technique du stock fonctionne, il faut beaucoup de légumineuses car elles gardent une bonne valeur alimentaire, même fleurie », complète l’éleveur. Après le pâturage pendant l’été, le ray-grass a grillé, le trèfle commence à s’essouffler et la luzerne a continué à pousser. « Au niveau de la qualité, on était bons puisque des analyses prélevées au 2 juillet ont montré des teneurs allant de 0,87 à 0,91 UFL », précise-t-il.

<em class="placeholder">Prairie temporaire avec une bande sans luzerne et une avec luzerne</em>
Pour assurer le stock sur pied, il faut une quantité importante de légumineuses car elles gardent de la valeur alimentaire même fleuries. © K.Foilleret

Cette année, Joris Soenen a essayé le sorgho fourrager en pâturage, implanté sur 3 ha de prairies, le 3 juin. Un orage tombé dans la foulée a permis d’avoir 20 mm d’eau et ensuite plus rien. « Au début, il était tout petit, puis il s’est mis à très bien pousser », décrit l’éleveur. La densité n’était pas optimale, mais l’éleveur constate que le sol est bien recouvert grâce au tallage des plantes. Le sorgho est toxique en dessous de 50 cm (voire plus haut en fonction des conditions climatiques). Pour éviter les risques, l’éleveur a fauché les endroits les moins hauts 24 h avant le début du pâturage afin de laisser le temps à la toxine de s’éliminer. « Le sorgho nous a permis de gagner au moins une semaine de pâturage et il est déjà en train de repartir, apprécie Joris Soenen. En plus, on a constaté que les vaches avaient produit un litre de plus par jour ».

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