L’Association des producteurs d’endives de France a publié une lettre ouverte à Gabriel Attal, appelant à l’application du “pas d’interdiction sans solution”. Elle y expose les impasses techniques dans laquelle se situe l’endive quant aux substances actives encore autorisées.
Réagissant à la promesse de souveraineté alimentaire et aux « mots d'ordre pour l'agriculture: produire et protéger », deux « phrases fortes » qui ont « résonné chez chacun d’entre nous, suscitant un grand espoir », les endiviers de l’APEF -l’association des producteurs d’endives de France- rappellent partager ces deux souhaits du ministres. « Mais pour cela, il faut que s’applique le “pas d’interdiction sans solution” », avertissent-ils.
Benfluraline, Triflusulfuron-méthyle, Spirotétramate : pas d’alternatives satisfaisantes
Car saura-t-on encore produire l’endive demain ?, s’interrogent les endiviers. A date, la filière endive n’a aucune visibilité sur sa capacité à produire après 2024, suite au retrait annoncé de plusieurs substances actives clés (Benfluraline, Triflusulfuron-méthyle, Spirotétramate). Cette situation a stoppé tous les projets d’investissements ou d’installation et reprise de jeunes endiviers, selon l’APEF, « freinant d’autant plus l’évolution des pratiques agroécologiques ». La station d’expérimentation dédiée à l’endive travaille à des alternatives mais aucune solution n’est à ce jour satisfaisante pour les endiviers et les conseillers techniques.
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La filière appelle à un « signal fort du gouvernement, une visibilité sur plusieurs années pour reprendre confiance dans cette production et s’engager pleinement dans la transition agroécologique ».
L’endive en chiffres clés (source : APEF)
L’endive est le 4e légume frais le plus consommé en hiver. La France est le premier pays producteur mondial avec 130 000 tonnes mais en baisse de -50% en 20 ans. La filière regroupe 300 producteurs, emploie 5 000 salariés et génère un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros dont une partie à l’export. « Il fait partie du patrimoine agricole et gastronomique de la région Hauts-de-France et bien au-delà. Alors que 40 % des légumes consommés en France proviennent de l’import, l’endive présente dans les rayons est française à près de 100 % ! », souligne l’APEF.