Récolte de maïs 2026 : l'AGPM chiffre les pertes pour la filière à 2,5 milliards d’euros

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De gauche à droite : Aude Carrera, responsable filière maïs chez Arvalis, Franck Laborde, président de l'AGPM et Céline Duroc, directrice de l'AGPM, le 20 octobre 2026. Crédits : © A. d'Humières

Pour Franck Laborde, président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), « la catastrophe anticipée lors des derniers événements climatiques est arrivée ». Avec une récolte 2026 de 7,04 millions de tonnes, la récolte de maïs atteint son niveau le plus bas depuis 1976.

L’AGPM (Association générale des producteurs de maïs) a alerté lors de sa conférence de presse annuelle du 20 octobre 2026 sur les conséquences de la maigre récolte de maïs 2026 pour les exploitations et pour les structures industrielles transformant du maïs. Elles devraient être particulièrement désastreuses cette année. D'après Franck Laborde, président de l’AGPM, la baisse totale du chiffre d’affaires de la filière est estimée à 2,5 milliards d’euros. « Dans certaines régions, l’agriculture est la seule activité qui crée de la valeur ajoutée. Cette moisson au plus bas aura des conséquences sur l’économie locale », prévient-il. On parle déjà de licenciements ou de chômage technique pour des usines de transformation. L’industrie de l’alimentation animale doit procéder à des importations (voir la cotation maïs import rendu Pontivy-Guingamp mise en place par la Dépêche Le petit meunier), et ce sera également le cas pour l’amidonnerie française et les usines de bioéthanol. Les organismes stockeurs ne sont pas en reste. « Certains silos et plateformes de collecte n’ouvrent pas, ce qui entraînera des licenciements, du chômage technique et le renoncement à l’embauche de saisonniers », précise le responsable.

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L’AGPM s’attend toujours à une moisson de maïs à 7 Mt

La structure professionnelle a confirmé l'estimation de la récolte française de maïs grain établie par Arvalis. Celle-ci est estimée à 7,04 millions de tonnes (Mt) pour le maïs grain. Un chiffre encore optimiste pour certains opérateurs, qui tablent plutôt sur un volume de 6 Mt maximum. De son côté, Agreste a réajusté la moisson la semaine dernière à 7,3 Mt.

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Le stress hydrique a lourdement pénalisé le maïs pluvial en 2025-2026

En maïs pluvial, le rendement a été divisé par deux en 2026. À noter que 232 000 ha semés en maïs grain ont finalement été valorisés en méthanisation ou maïs fourrage, ce qui a aussi entraîné un manque à gagner pour les exploitations. Les surfaces ont quant à elles reculé de 20 % en 2025 à 1,3 million d’hectares. Du côté de la qualité, des présences d’aflatoxines sont signaliées sur tout le territoire. En revanche, le taux d’humidité des grains est très satisfaisant cette année, « autour de 16-17 % à la récolte contre 25-26 % en moyenne, pour une norme à 15 % », explique Franck Laborde. Un chiffre homogène sur le territoire français.

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Une production de maïs semence amputée de 40 %

Le maïs semence n’a pas été épargné. La production 2026 atteint 60 % de l’objectif, pour des surfaces stables par rapport à la récolte 2025 mais en baisse sur cinq ans. « Le résultat est cependant très hétérogène selon les réseaux, avec 15 à 20 % de l'objectif atteint en Vendée et Charente-Maritime et jusqu’à 100 % par endroits dans le piémont pyrénéen et le sud-est », déclare Aude Carrera, responsable filière maïs chez Arvalis. Entre 4 et 5 % des surfaces auraient été abandonnées à cause de défauts de fécondation.

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Baisse des exportations de semences de maïs à anticiper

« Globalement, il y aura assez de semences de maïs pour approvisionner la France », rassure Franck Laborde. « Il y aura peut-être des déficits sur certaines variétés, d’où la nécessité de ne pas fermer totalement les frontières pour l’importation », précise-t-il. Cela risquerait également de peser sur certains débouchés à l’exportation. Les expéditions de semences de maïs à l’étranger sont attendues en baisse avec le recul de la production.

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Des rendements plus corrects en maïs doux et maïs pop-corn

Pour le maïs doux, les surfaces semées sont estimées par Arvalis à 17 100 ha, en baisse de 4 % par rapport à 2025 et 34 % par rapport à 2023. Le rendement final devrait être compris entre 17,4 et 18 q/ha avec des pertes au champ correspondant à 12 % des volumes attendus. En maïs pop-corn, les surfaces ont progressé de 4 % à 11 300 ha. La baisse de rendement est estimée à 20 %.

Une demande d’aide de 450 €/ha pour soutenir le redémarrage de la campagne

L’AGPM s’associe aux organisations de producteurs de grandes cultures pour réclamer un soutien à la relance de la campagne 2026-2027, sous la forme d’aides directes et indirectes atteignant 450 €/ha. « Cette aide peut combiner des dépenses évitées, comme l’exonération de la taxe sur le foncier agricole, et un soutien financier via le plan engrais azote ou le plan Casi (Climat, adaptation, sécheresse, incendies) », explique Franck Laborde.

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Les producteurs de maïs demandent une dérogation sur les couverts végétaux

Les revendications de l’AGPM s’étendent aussi à l’obligation de semer des couverts végétaux pendant l’interculture. Même si l’association reconnaît qu’ils représentent des leviers intéressants pour l’enrichissement du sol, elle alerte sur leur coût d’implantation. « Nous demandons à la Ministre une dérogation sur l’obligation de couverture des sols, d’autant plus que les sols secs en début d’automne pénaliseront leur développement », assure Franck Laborde.

Des engagements commerciaux difficiles à honorer pour certains maïsiculteurs

Certains organismes stockeurs et agriculteurs qui ont vendu une partie de leurs grains avant la récolte ne pourront pas fournir les volumes engagés auprès de leurs partenaires. « C’est notamment un problème pour ceux qui n’ont rien ou presque rien récolté », alerte le président de l’AGPM. Ceux-ci devront trouver des solutions avec les acheteurs pour éviter d’éventuelles pénalités.

La production de sorgho dégringole encore plus que celle de maïs

Les surfaces de sorgho étaient déjà en nette baisse cette année par rapport à 2025 (- 47,6 %). Les rendements ont aussi souffert des déficits hydriques du printemps et de l’été, accusant un repli de 16,8 % à 35,2 q/ha d’après Agreste. La production est estimée à 117 000 t par le ministère de l’Agriculture, soit 56,2 % de moins qu’en 2025 (268 000 t). Le marché du sorgho est encore plus étroit que celui du maïs et les volumes traités sont rares. Des acheteurs en cherchaient à 279,50 €/t au 14 octobre selon La Dépêche-Le petit meunier.

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