Le prestataire de services dunkerquois est dans les starting-blocks mais la campagne de commercialisation peine à démarrer. Si les chargements céréaliers sur juillet-août ont été décevants et les déchargements inexistants, Nord Céréales table sur une reprise de l’activité d’ici la fin septembre, à l’exportation comme à l’importation.
Nord Céréales, le terminal céréalier du port de Dunkerque, s’attend dans les prochains mois à importer du maïs, notamment pour répondre aux besoins du groupe agro-industriel Roquette Frères (Pas-de-Calais), en raison de la faible production attendue en France. Agreste a fortement revu ses prévisions à la baisse entre le 1er août et le 1er septembre 2026 : l’estimation de récolte de maïs est passée de 9 à 8,1 Mt, soit une baisse de 41,8 % par rapport à l’an dernier et de 40,7 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Une demande attentiste en maïs dans un contexte de prix élevés
Cependant, si les clients de Nord Céréales se renseignent sur les prix du maïs à l’importation en provenance de l'étranger, aucun tonnage n’a encore été réceptionné depuis le 1er juillet 2026. Idem concernant le transit de maïs en provenance d’autres ports français, qui a représenté 210 000 t en 2025-2026, soit quatre fois plus qu’en 2024-2025.
A titre indicatif, le maïs en départ Aisne valait 300,50 €/t sur la période octobre-décembre en train complet le 2 septembre 2026 (dernier prix affiché dans la région Hauts-de-France). Le maïs à l'importation (non étiqueté OGM) était coté à 281,50 €/t sur la période novembre en départ Montoir-de-Bretagne, le 9 septembre 2026.
En ce début de campagne de commercialisation, Nord Céréales n’a importé que du granulé de bois, à un rythme habituel. Sur 2025-2026, le terminal portuaire dunkerquois en a déchargé 85 000 t (+ 40 % par rapport à 2024-2025).
Des infrastructures adaptées à l’importation de grains
Fort de son expérience à l’importation acquise au cours des dernières campagnes, Nord Céréales dispose d’installations et d’outils opérationnels pour réceptionner des grains et les conserver dans des cellules dédiées.
« Nous n’avons aucun problème pour charger et décharger des céréales en même temps car nous possédons deux quais spécialisés bien distincts. Quant à notre capacité de stockage, tout est une question de rotation entre les chargements et les déchargements. S’agissant de l’acheminement des grains de notre terminal portuaire vers les clients finaux régionaux, à ce jour, il n’y a pas de pénurie de moyens de transport pour venir à Dunkerque », précise Charles Descamps, directeur général de Nord Céréales.
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Des exportations céréalières décevantes sur les mois d’été
Sur les deux premiers mois de la campagne de commercialisation 2026-2027, Nord Céréales n’a exporté que 130 000 t de céréales, soit 100 000 t de moins que sur la même période l’an dernier. Cette baisse de volume est entièrement imputable au blé tendre, dont les chargements n’ont pas dépassé les 70 000 t sur juillet-août 2026, contre 170 000 t sur le même laps de temps l’année dernière. De l’orge fourragère a été expédiée vers la Chine et l’Arabie saoudite, tandis que du blé tendre est parti sur le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni.
Exportations au départ de Nord Céréales
En tonnes
Juillet-août 2025
Juillet-août 2026
Blé tendre
170 000
70 000
Orge fourragère
60 000
60 000
Total
230 000
130 000
Source : Nord Céréales
Ces faibles exportations ne s’expliquent pas par les caractéristiques de la production céréalière mais par l’absence de demande sur le marché mondial. « Le blé tendre récolté sur l’hinterland du port de Dunkerque est de très bonne qualité, avec un taux de protéines supérieur à 11,5 % et un faible taux d’humidité, gage de qualité sanitaire. La qualité de l’orge fourragère est tout aussi satisfaisante, avec des poids spécifiques (PS) corrects », commente le dirigeant du terminal portuaire.
Une reprise des exportations attendue en fin de mois
Nord Céréales n’a pas encore enregistré de programme de chargement sur le mois de septembre. Cependant, il semblerait que l’activité à l’exportation puisse reprendre fin septembre-début octobre. « Il n’y a rien de concret pour l’instant. Nous naviguons à vue. Avons-nous le temps avant la reprise d’effectuer des réparations et autres opérations de maintenance sur nos installations ? Devons-nous recruter du personnel en cas de reprise de la demande à l’exportation, voire à l’importation ? », s’interroge Charles Descamps.
« Nous accumulons déjà un retard de 170 000 t sur les deux premiers mois de la campagne », s’inquiète Charles Descamps, directeur général de Nord Céréales
« Au 1er juillet 2026, nous envisagions d’exporter 1,8 Mt de céréales en 2026-2027 [contre 2,1 Mt et 1,5 Mt sur les deux précédentes campagnes], soit en moyenne 150 000 t par mois. Malheureusement, nous sommes déjà en retard de 170 000 t sur les deux premiers mois de la campagne par rapport à nos prévisions… », calcule le directeur général de Nord Céréales.
L’espoir d’un retour du commerce avec l’Algérie
Mais le prestataire de services se veut optimiste : « La situation étant hypertendue en mer Noire en raison du conflit russo-ukrainien, il n’est pas impossible qu’on récupère des parts de marché à destination du Maroc, de l’Égypte, de la Turquie et de l’Afrique de l’Ouest, voire de l’Algérie. En effet, les relations entre la France et l’Algérie se détendent [après le retour de l’ambassadeur de France en Algérie il y a quatre mois, NDLR]. Dans ce contexte, je pense que nous pourrons de nouveau exporter nos grains vers l’Algérie prochainement, mais reste à savoir dans quels délais… »