L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 19 et le 22 avril, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les prix du blé tendre, de l’orge fourragère en sympathie et du maïs sur l’ancienne récolte ont nettement progressé sur le marché physique français entre le 19 et le 22 avril, dans le sillage de la flambée des cours sur Euronext et le CBOT. Les cours du blé dur sur les places hexagonales ont quant à eux stagné.
Côté champs, la persistance d’un temps sec dans le sud de la Russie pourrait fortement dégrader le potentiel de rendement des cultures de blé. Aux Etats-Unis, ce sont les températures négatives qui pourraient endommager les cultures de blé et les fortes précipitations dans la Corn Belt qui pourraient retarder les semis de maïs. Pour l’heure, le Crop Progress de l’USDA estime, au 21 avril, que les conditions de culture du blé d’hiver sont "bonnes à excellentes" dans 50 % des cas (contre 55 % la semaine précédente et 26 % il y a un an) ; les emblavements de blé de printemps atteignent 15 % (contre 7 % la semaine précédente, 4 % l’an dernier à date et 10 % en moyenne quinquennale), ceux du maïs états-uniens sont réalisés à hauteur de 12 % (contre 6 % la semaine précédente, 12 % l’an dernier à date et 10 % en moyenne quinquennale). En Argentine, les conditions sanitaires du maïs restent une source de préoccupation. En France, le manque d’humidité des sols dans le Sud-Ouest pénalise les emblavements de maïs.
Concernant les fondamentaux, l’Inde qui a utilisé ses stocks de blé pour modérer l’inflation sur son marché intérieur, se retrouve avec des réserves au plus bas depuis seize ans, à 7,5 Mt, selon la Food Corporation of India.
S’agissant du commerce international, laRussiea décidé d’augmenter de 5 Mt son quota d’exportations céréalières, qui s’élevait à 24 Mt du 15 février au 30 juin. Par ailleurs, la Confédération rurale argentine demande la suppression immédiate de la taxe sur les exportations de blé, qui s’élève à 12 %.
Côté logistique, les nouvelles frappes russes sur les ports ukrainiens de ces derniers jours font monter l’inquiétude des marchés quant à la capacité de l’Ukraine à exporter ses grains. Par ailleurs, le gouvernement argentin va investir environ 550 millions de dollars pour construire un nouveau port céréalier dans la région de Rosario, qui représente plus de 80 % des exportations agricoles et agro-industrielles du pays. Les travaux ont débuté en mars.
En termes de macroéconomie, les cours du pétrole sur les places anglosaxonnes ont quelque peu perdu du terrain, en l’absence de représailles iraniennes, après l’attaque israélienne d’une base militaire iranienne dans la région d’Ispahan. L’euro, quant à lui, s’affaiblit quelque peu face au dollar (1,065 $ le 22 avril contre 1,066 $ le 19 avril), rendant les exportations européennes plus attractives sur le marché international.
Par ailleurs, le partenariat renouvelé entre la France et le Maroc s’est concrétisé par la signature d’une feuille de route agricole et forestière qui comprend notamment :
pour la filière céréalière : une convention-cadre entre Intercéréales et la Fédération interprofessionnelle des activités céréalières (FIAC) ;
pour la filière semencière : une convention-cadre de partenariat entre Semae et la Fédération nationale interprofessionnelle des semences (FNIS) ;
pour la filière oléagineuse : un protocole d’accord pour le projet « FASEP Maroc » entre le groupe Avril, Agropol et la Fédération interprofessionnelle de la filière oléagineuse marocaine (FOLEA) ;
en termes d'appui à la lutte contre le changement climatique et à la sécurité alimentaire : un nouveau financement de 72,1 M€ de l'AFD au CAM qui mobilise un co-financement du Fonds vert pour le climat.
Fondamentaux
Russie, blé, production : 93 Mt estimées en avril, contre 94 Mt en mars (source : Sovecon).
Commerce international
Russie, blé , exportations : 53 Mt estimées sur 2023-2024, contre 52 Mt en février (source : Ikar) ;
Ukraine, céréales, exportations : 4,2 Mt chargées du 1er au 19 avril, contre 2,1 Mt l’an dernier à dates (source : ministère de la politique agraire) ;
Etats-Unis, blé, inspections à l’exportations : 450 275 t, soit dans les attentes du marché (source USDA) ;
Etats-Unis, maïs, inspections à l’exportations : 1 623 532 t, soit au-dessus des attentes du marché (source USDA).
Marchés physiques français du 22 avril 2024 (base juillet pour les céréales)
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