Pousse de l’herbe début mai : des disparités régionales apparaissent

- - 4 min
D’après le système de simulations, la production cumulée de l’herbe atteint les 46 % de la pousse annuelle de référence. Crédits : © Pascal Xicluna/agriculture.gouv.fr

Après un début de campagne record, la production nationale des prairies est légèrement inférieure au niveau habituel en mai 2026. Malgré tout, la pousse de l’herbe demeure excédentaire au niveau national, avec des disparités selon les régions.

Mis à jour le 03/06/2026 avec les données du bilan climatique de Météo-France

« Au 20 mai 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes en France hors DROM dépasse de 20 % le niveau moyen observé à cette date durant la période de référence 1989-2018 », d’après le dernier bulletin Infos Rapides publié par Agreste le 28 mai 2026. 

La production cumulée atteint les 46 % de la pousse annuelle de référence

Le ministère de l’Agriculture note toutefois, qu’après un début de campagne record, la production nationale est légèrement inférieure au niveau habituel durant le dernier mois. En cause : « un mois d’avril très sec suivi d’une période anormalement fraîche mi-mai » ayant ralenti la pousse. 

Graphique de l'évolution de la production des prairies permanentes en pourcentage de la production annuelle de référence.
INRAe, Météo France, SSP

D’après le système de simulations, la production cumulée atteint tout de même les 46 % de la pousse annuelle de référence, « soit huit points de plus que le niveau habituellement atteint à cette période de l’année », précise le bulletin. 

Relire : Pousse de l’herbe : un bon démarrage en avril 2026

Des spécificités locales liées aux précipitations 

Néanmoins, l’irrégularité des précipitations et leur répartition sur le territoire crée des disparités locales. L’excédent de pousse cumulée depuis le début de la campagne est proche de 30 % en Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes. En Nouvelle-Aquitaine, la pousse cumulée est à peine supérieure à la normale, conséquence des fortes pluies de l’hiver. 

Le manque de précipitations en avril 2026 a perturbé la croissance des prairies. Sur le dernier mois, la pousse a été normale en Auvergne-Rhône-Alpes, déficitaire partout ailleurs. Avec un déficit de pousse supérieur à 20 % « sur une large bande allant des côtes atlantiques au Grand-Est ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L’épisode de vague de chaleur de fin mai 2026 pourrait avoir des conséquences sur l’évolution de la pousse, son impact sera probablement évoqué dans la prochaine note Infos Rapides qui doit paraître fin juin. 

Carte de l'indicateur de rendement des prairies par régions fourragères au 20 mai 2026
INRAe, Météo France, SSP

Lire aussi : « Ces fortes températures accélèrent la phénologie de la vigne »

Lire aussi : Coup de chaleur : quatre leviers à actionner en volailles Label rouge dans le Sud-Ouest

Une méthode qui ne prend pas en compte l'état des sols

Pour présenter ce résultat, le Service statistique du ministère de l’Agriculture utilise le système Isop (Informations et suivi objectif des prairies). Ce dernier « fournit des estimations de rendement des prairies temporaires et permanentes productives à l’échelle de la région fourragère à partir d’un modèle de simulation (STICS-Prairies) », précise Agreste. Le système Isop calcule les quantités de matière sèche cumulée par hectare au pas de temps journalier sur 209 régions fourragères. 

À noter qu’il ne prend pas compte l’état des sols, ni les inondations, quelles que soient leur durée et leurs causes. Ainsi, les estimations rendues ne reflètent pas toujours les réalités de terrain, ces dernières étant dépendantes des conditions pédoclimatiques locales. 

D'ailleurs, le bilan climatique du printemps 2026 de Météo-France publié le 2 juin, met en avant un asséchement des sols sur le territoire hors DROM au cours du mois de mai, amorcé dès avril avec des températures élevées et de faibles pluies. « Au 1er mai, la situation des sols était celle habituellement rencontrée à la fin d’un mois de juin, remarque le bilan. Le retour des précipitations sur la première quinzaine de mai a permis un répit temporaire à cette sécheresse, mais l’épisode de chaleur [de la fin du mois de mai], combiné à l’absence de précipitations, a provoqué un assèchement très rapide et généralisé des sols sur l’ensemble du pays. »

Carte de l'évolution de l'état des sols au printemps 2026 en France hors DROM.
Météo-France, 2 juin 2026

 

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires