Ce mercredi 9 novembre à la journée d’information du comité interprofessionnel des œufs, le président du CNPO, Yves-Marie Beaudet, a appelé à remotiver les éleveurs biologiques de poules pondeuses.
Alors que l’œuf bio représente 16% de la production française, « si rien n’est fait on va passer à moins de 10% », a-t-il averti, insistant sur le caractère politique de la solution. De son côté, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a convenu qu’un éleveur quittant le mode d’élevage biologique ne se reconvertirait probablement pas. « Nous allons essayer d’éviter les déconversions », a-t-il affirmé.
Contraintes pénalisantes
Yves-Marie Beaudet a invoqué le contexte de crise majeure faisant s’envoler les coûts de production. Il a déploré que les éleveurs français soient forcés de passer de 95% à 100% d’aliment biologique pour nourrir les poules alors que « d’autres pays européens ont eu une dérogation ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Il a aussi critiqué l’obligation de déclasser les œufs bio pendant 48h après un traitement vétérinaire standard. « Certaines OP (Organisations professionnelles, NDLR) se désintéressent complètement de l’œuf bio », a-t-il rapporté.
Un « plan » pour l’œuf bio à la sortie de l’hiver
Le ministre Marc Fesneau a publiquement estimé qu’il faudrait traiter « un sujet structurel ». Il a annoncé aux journalistes présents qu’une réflexion allait s’engager avec l’Agence Bio selon deux axes pour « donner des perspectives aux éleveurs » : reconsidérer la place de l’œuf bio en voyant monter certaines tendances de consommation, comme la production locale ; monter un plan de filière pour la sortie de cet hiver, visant à éviter un mouvement irréversible de déconversions. Il ne s’est pas avancé sur les contraintes pénalisantes.