320 échantillons ont été testés, dans 16 états membres ainsi qu’en Norvège et en Suisse. Sur les 123 exportateurs contrôlés, 70 ont été repérés comme ayant livré du miel suspect d’adultération avec des édulcorants. Sur les 96 importateurs contrôlés, les deux tiers avaient importé au moins un lot frauduleux. 44 font l’objet d’enquête supplémentaire et 7 ont déjà été sanctionnés. Au total 46 % des miels importés sont suspectés d’être frauduleux, contre seulement 14 % 6 ans plus tôt.
Quelles sont les pratiques frauduleuses des opérateurs de la filière miel ?
L’utilisation de sirops dans le miel pour baisser les prix
Le recours régulier à des laboratoires accrédités par l'UE pour adapter les mélanges miel/sucre afin d'échapper à une éventuelle détection par les clients et les autorités officielles avant le début des opérations d'importation. Ainsi alors que les sirops d’amidon utilisés auparavant étaient facile à détecter, ce n’est plus le cas.
L’utilisation d'additifs et de colorants pour imiter des miels spécifiques
Masquer délibérément la véritable origine géographique du miel en falsifiant les informations de traçabilité
Sur 21 échantillons testés en France, seuls 4 étaient du vrai miel ! En Belgique, 20 lots parmi les 63 testés étaient frauduleux et destinés entre autres au marché français.
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Non, rassure Foodwatch dans un communiqué, mais c’est interdit. L’association explique « En moyenne, un miel importé en Europe coûte 2,17 euros par kilo alors que les sirops de sucre fabriqués à partir de riz coûtent entre 0,40 et 0,60 euros au kilo. Et l’Europe importe 175 000 tonnes de miel par an ». Le profit pour les fraudeurs est faramineux, puisque si 46 % de nos importations sont frauduleuses, c’est 80 000 tonnes de miel, le préjudice pourrait donc atteindre 125 millions d’euros ! « On parle ici des seules importations en provenance de pays hors Europe. Sans compter donc les fraudes intra-européennes bien sûr qui font grimper davantage ce chiffre. Tout cela dans l’opacité la plus totale pour les consommateurs », s’inquiète Ingrid Kragl de Foodwatch.
Que peuvent faire les consommateurs ?
Les consommateurs n'ont aucun moyen de savoir si le miel qu'ils achètent est frauduleux, même après l'avoir gouté, précise la Commission. Ils peuvent seulement vérifier les étiquettes, étudier les prix et poser des questions aux opérateurs. C'est pour cela que la lutte contre la fraude doit être menée par les opérateurs et les états membres.
Pourquoi n'interdit-on pas les importations de miel ?
D'une part, l'Europe est très dépendante des importations, qui représentent près de la moitié de sa consommation. De l'autre "les bons opérateurs ne doivent pas payer pour les mauvais" pointe Bruxelles. Il est donc nécessaire de développer des tests fiables.En dernier recours, l'Union n'exclut pas de bannir le miel d'un pays en particulier, si les fraudes sont trop nombreuses sur cette origine.