Alors que Georgia Meloni se range du côté d’Emmanuel Macron pour demander un report de la signature de l’accord UE-Mercosur, le brésilien Lula lace un ultimatum : « si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président ».
[Avec Agra Presse]
Le président brésilien Lula lance un ultimatum
Journée à haute tension à Bruxelles ce 18 décembre sur le dossier très inflammable de l’accord UE-Mercosur. Alors que le président brésilien Lula a appelé à la responsabilité Emmanuel Macron, Georgia Meloni, présidente du Conseil des ministres italien, s’est prononcée le 17 décembre également en faveur d’un report de la signature de l’accord commercial UE-Mercosur.
« Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président », a menacé le président Lula, lors d’une réunion ministérielle à Brasilia le 17 décembre.
Georgia Meloni demande un report de l’accord Mercosur
« Il nous semble nécessaire d’attendre la finalisation du train de mesures complémentaires visant à protéger le secteur agricole et, parallèlement, de l’expliquer et d’en discuter avec nos agriculteurs », a pour sa part déclaré Georgia Meloni le 17 décembre devant le Parlement italien.
#Meloni: riteniamo "prematuro" firmare accordo #Mercosur, deve essere positivo per tutti i settori. È necessario quindi rispondere alle preoccupazioni dei nostri agricoltori. Le parole della premier alla Camera in vista del Consiglio europeo, che nega che Roma voglia "opporsi"… pic.twitter.com/Jj33QzHVes
Emmanuel Macron affirme qu’il s’opposera à un passage en force sur le Mercosur
De son côté, Emmanuel Macron a rappelé, le 17 décembre en Conseil des ministres, que « la France s’opposerait de manière très ferme » s’il y avait « une volonté de passage en force de la part des instances européennes ».
Selon la porte-parole du gouvernement, le président français considère toujours qu’il n’y a « pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées » (réciprocité, clause de sauvegarde et contrôles). Ces déclarations interviennent à la veille d’un sommet européen où le sujet, sans être à l’agenda, devrait être largement débattu.
Je veux dire à nos agriculteurs qui manifestent, la clarté de la position de la France depuis le début: sur le Mercosur, nous considérons que le compte n’y est pas et que cet accord ne peut pas être signé
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Des propos réitérés par Emmanuel Macron ce matin à Bruxelles. « Je veux dire à nos agriculteurs qui manifestent, la clarté de la position de la France depuis le début: sur le Mercosur, nous considérons que le compte n’y est pas et que cet accord ne peut pas être signé », a-t-il déclaré devant la presse.
Pendant ce temps-là, le 17 décembre à l’issue de leur seule réunion en trilogue, le 17 décembre, les colégislateurs de l’UE sont parvenus à un compromis concernant la clause de sauvegarde agricole de l’accord UE-Mercosur. Si l’accord provisoire introduit quelques ajouts ciblés (abaissement des seuils de déclenchement automatique des enquêtes ou adoption de mesures provisoires dans un délai plus rapide), il ne reprend pas totalement la position du Parlement européen.
C’est notamment le cas de l’obligation en matière de réciprocité qui devient une déclaration de la Commission européenne sur le renforcement de l'harmonisation des normes de production appliquées aux produits importés.
The Council and the Parliament have reached an agreement on the EU-Mercosur bilateral safeguard regulation.
The rules will strengthen the EU agri-food sector and protect farmers from harmful import surges.