Mercosur : passes d’armes entre Lula, Macron et Meloni, avant le Sommet du 20 décembre

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« Il nous semble nécessaire d’attendre la finalisation du train de mesures complémentaires visant à protéger le secteur agricole et, parallèlement, de l’expliquer et d’en discuter avec nos agriculteurs », a pour sa part déclaré Georgia Meloni le 17 décembre devant le Parlement italien. Crédits : © Capture d’écran du Parlement italien

Alors que Georgia Meloni se range du côté d’Emmanuel Macron pour demander un report de la signature de l’accord UE-Mercosur, le brésilien Lula lace un ultimatum : « si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président ». 

[Avec Agra Presse]

Le président brésilien Lula lance un ultimatum

Journée à haute tension à Bruxelles ce 18 décembre sur le dossier très inflammable de l’accord UE-Mercosur. Alors que le président brésilien Lula a appelé à la responsabilité Emmanuel Macron, Georgia Meloni, présidente du Conseil des ministres italien, s’est prononcée le 17 décembre également en faveur d’un report de la signature de l’accord commercial UE-Mercosur.

« Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président », a menacé le président Lula, lors d’une réunion ministérielle à Brasilia le 17 décembre.

Mise à jour : Mercosur, PAC, taxe engrais : des milliers d’agriculteurs mettent la pression à Bruxelles

Georgia Meloni demande un report de l’accord Mercosur

« Il nous semble nécessaire d’attendre la finalisation du train de mesures complémentaires visant à protéger le secteur agricole et, parallèlement, de l’expliquer et d’en discuter avec nos agriculteurs », a pour sa part déclaré Georgia Meloni le 17 décembre devant le Parlement italien. 

Lire aussi : PAC post-2027 : comment l’Italie mène la danse pour appeler Bruxelles à revoir sa copie

Emmanuel Macron affirme qu’il s’opposera à un passage en force sur le Mercosur

De son côté, Emmanuel Macron a rappelé, le 17 décembre en Conseil des ministres, que « la France s’opposerait de manière très ferme » s’il y avait « une volonté de passage en force de la part des instances européennes ». 

Selon la porte-parole du gouvernement, le président français considère toujours qu’il n’y a « pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées » (réciprocité, clause de sauvegarde et contrôles). Ces déclarations interviennent à la veille d’un sommet européen où le sujet, sans être à l’agenda, devrait être largement débattu.

 Je veux dire à nos agriculteurs qui manifestent, la clarté de la position de la France depuis le début: sur le Mercosur, nous considérons que le compte n’y est pas et que cet accord ne peut pas être signé

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Des propos réitérés par Emmanuel Macron ce matin à Bruxelles. « Je veux dire à nos agriculteurs qui manifestent, la clarté de la position de la France depuis le début: sur le Mercosur, nous considérons que le compte n’y est pas et que cet accord ne peut pas être signé », a-t-il déclaré devant la presse.

Lire aussi : Mercosur : « La France demande que les échéances de décembre soient repoussées »

Compromis trouvé autour des clauses de sauvegarde

Pendant ce temps-là, le 17 décembre à l’issue de leur seule réunion en trilogue, le 17 décembre, les colégislateurs de l’UE sont parvenus à un compromis concernant la clause de sauvegarde agricole de l’accord UE-Mercosur. Si l’accord provisoire introduit quelques ajouts ciblés (abaissement des seuils de déclenchement automatique des enquêtes ou adoption de mesures provisoires dans un délai plus rapide), il ne reprend pas totalement la position du Parlement européen. 

C’est notamment le cas de l’obligation en matière de réciprocité qui devient une déclaration de la Commission européenne sur le renforcement de l'harmonisation des normes de production appliquées aux produits importés.

Lire : Mercosur : vote des clauses de sauvegarde par les eurodéputés et accélération du calendrier

Ce texte est d’ores et déjà décrié par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui manifestent à Bruxelles, ce 18 décembre.

Lire aussi : Contre l’accord Mercosur : 10 000 agriculteurs attendus le 18 décembre à Bruxelles, selon la FNSEA et les JA

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