Viande bovine, volaille, céréales et betterave à sucre, ces quatre filières agricoles françaises ont fort à perdre avec l’accord UE-Mercosur et l’ont de nouveau fait savoir aux députés, demandant un geste fort d’opposition du gouvernement à Bruxelles.
Le président brésilien Lula da Silva est en visite officielle en France ce 5 juin. Hier, quatre filières agricoles françaises que sont INTERBEV (l’Interprofession élevage et viande), ANVOL (l’Interprofession de la volaille de chair), AIBS (l’Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre) et INTERCÉRÉALES (l’Interprofession de la filière céréalière française) ont réitéré, à l’Assemblée nationale et avec le soutien de parlementaires, leur opposition à l’accord UE-Mercosurconclu fin 2024.
Côté céréales, ce sont les produits de l’amidonnerie et de la maïserie qui menacent les productions françaises. Les 190 000 tonnes de sucre accordées au Mercosur représentent la production annuelle d’une sucrerie française, alors que plusieurs ont déjà fermé ces dernières années, tandis que les 8,2 millions de litres d’éthanol représentent 12 % de la production européenne et l’équivalent de la production française d’alcool à partir de ses betteraves. La filière sucre française serait perdante de cet accord, qui engendrerait une concurrence massive et déloyale sur ses marchés de l’Europe du Sud.
Alors que l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur pourrait être présenté au Conseil de l’UE pour approbation avant la pause estivale, le président Emmanuel Macron s’est dit prêt, le 6 juin dans un entretien à la chaîne de télévision brésilienne GloboNews repéré par Agra Presse à autoriser sa signature d’ici la fin de l’année 2025. Toutefois, le chef de l’Etat pose ses conditions : la mise en place des clauses miroirs ou de clauses de sauvegarde. Cette marque d’ouverture sur ce sujet intervient au lendemain de la visite à Paris de son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, l’enjoignant fortement à conclure l’accord. La ministre Annie Genevard continue de son côté une campagne de lobbying pour forger une minorité de blocage au sein du Conseil de l’UE (d’au moins quatre Etats représentant plus de 35% de la population de l’UE). Elle a, à ce titre, échangé récemment avec ses homologues autrichiens, hongrois et polonais. Elle s’est aussi entretenue, le 5 juin, avec la Belgique et devrait prochainement le faire avec la Grèce. Un déplacement en Italie et en Roumanie est à l’ordre du jour.