MCube, une nouvelle solution intégrée de micro-méthanisation à la ferme

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à gauche, le moteur de cogénération et à droite le cube de méthanisation Crédits : © C.Chabasse
Le moteur de cogénération alimente directement le réseau électrique EDF et la chaleur résiduelle réchauffe le digesteur Crédits : © C.Chabasse
Le biogaz est épuré dans le cube digesteur pour ne conserver que la part de gaz combustible. Crédits : © C. Chabasse
La trémie pour les apports de déchets végétaux complémentaires en période de vide sanitaire avec en arrière plan la salle de gavage. Crédits : © C.Chabasse
Pour Aurélien Loumagne, Mcube sera une source constante et sûre d'un revenu complémentaire, sans qu'il investisse. Crédits : © C. Chabasse
L'équipe d'Ovalie Innovation entourant Adrien Loumagne, avec de gauche à droite : Clément Soulier, responsable développement, Thierry Véronèse, directeur scientifique et Anne-Marie Busutill, chargée de projets. Crédits : © C.Chabasse
Le concept de micro méthanisation Mcube est mis au point depuis 2016 chez Adrien Loumagne dans le Gers Crédits : © Ovalie Innovation

Ovalie Innovation (1), en partenariat avec Atelier des Graves, concepteur et fabricant de machines spéciales industrielles, a miniaturisé et standardisé un système de méthanisation à destination des exploitations agricoles du Sud-Ouest. Il peut être installé sur des élevages de canards, bovins ou porcins de taille moyenne produisant des matières organiques liquides. MCube est une installation modulaire, qui ne nécessite aucun permis de construire (pas de construction) et peut être opérationnelle rapidement. Pilotée à distance par Ovalie Innovation, elle requiert une simple surveillance de la part de l’éleveur. Le processus MCube permet de produire du biogaz valorisé en électricité, et en chaleur grâce à un moteur de micro-cogénération, le digestat résiduel perdant une part importante de sa charge bactérienne.

Une production continue d’électricité et de chaleur

Au fur et à mesure de leur production, les effluents liquides sont dirigés sous terre du bâtiment vers une fosse à lisier, réchauffée à 30 °C pour activer les bactéries anaérobies. Elle est recouverte d’une bâche flottante étanche qui stocke le biogaz s’accumulant progressivement. En cas de volume de lisier insuffisant (vide sanitaire par exemple), des matières premières sèches complémentaires stockées dans une trémie sont acheminées par voie souterraine dans la fosse, en veillant à ne pas dépasser 10 % de la biomasse. Le biogaz brut accumulé sous la bâche est à son tour acheminé vers le cube de méthanisation qui nettoie le gaz pour ne conserver que le biogaz épuré. Ce biométhane propre transite encore par voie souterraine jusqu’au moteur de cogénération (électricité-chaleur) d’une puissance adaptée au volume de lisier traité. « Il fournit 30 % de rendement électrique et le reste en chaleur », précise Anne-Marie Busuttil, chargée de projets à Ovalie Innovation. L’électricité est injectée dans le réseau électrique en bordure de l’exploitation, tandis que la chaleur est en partie réutilisée par le digesteur. La chaleur résiduelle peut aussi chauffer des bâtiments de volailles ou tout autre équipement à proximité. L’ensemble est piloté à distance par Ovalie Innovation à l’aide de capteurs pour assurer contrôle, pompage, brassage, chauffage et épuration. Une caméra orientée vers la bâche complète le système afin de détecter la moindre anomalie.

Des intérêts multiples pour l’éleveur

À Barcelonne-du-Gers (32), Aurélien Loumagne est le premier gaveur de canards à expérimenter MCube. Depuis 2016, il est partie prenante dans la mise au point de l’installation pilote de gestion des lisiers de canards de son atelier de gavage, soit 800 à 1 000 m3 de lisier micro-méthanisés par an. Pour lui, l’intérêt est multiple : « Aucun investissement mais une source constante de revenus sur mon exploitation. Une inhibition très nette des odeurs. Un gain d’espace de stockage et de temps d’épandage des lisiers car la micro-méthanisation a réduit de 10 à 15 % les effluents. Fini les tuyaux bouchés lors de l’épandage grâce à une meilleure homogénéité du digestat exempt de plumes résiduelles. Enfin, le digestat conserve toutes ses propriétés fertilisantes. MCube permet de mieux valoriser les lisiers de mon exploitation. » Et il poursuit : « Mon métier n’a pas du tout changé alors que mon élevage s’est modernisé. Je surveille l’installation pilotée à distance au même rythme que ma salle de gavage, deux fois par jour. Et j’ai été rassuré que le projet soit porté par ma coopérative, Vivadour, plutôt que par un industriel. Je travaille en confiance. »

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2021, l’année du déploiement

MCube, désormais fiable et rentable, entre en phase de déploiement après quatre ans d’expérimentations. En 2021, Ovalie Innovation prévoit d’installer d’autres systèmes de micro-méthanisation en variant les modèles : un élevage de vaches laitières, un élevage de porcins, un couvoir, une exploitation landaise de gavage de canards et d’élevage de cailles (avec réutilisation de chaleur) et enfin, un site agro-industriel pour traiter les effluents organiques issus du process. Bien que le processus soit validé pour la micro-méthanisation du mélange lisier et issues de silos, les expérimentations se poursuivent à Barcelonne-du-Gers pour valoriser d’autres déchets végétaux exploitables à l’échelle d’une exploitation agricole.

(1) Ovalie Innovation est la filiale innovation des coopératives Maïsadour et Vivadour.

Aucun investissement pour l’éleveur

Le montage financier envisagé par Ovalie Innovation est unique sur le marché de la méthanisation agricole. « L’agriculteur n’investit pas lui-même. Une société créée pour exploiter les unités de méthanisation MCube porte tous les investissements, assure la mise en œuvre du génie civil et toutes les démarches administratives (ICPE, agrément sanitaire…). Elle reste propriétaire des installations modulaires et contractualise la revente d’électricité avec EDF sur vingt ans. L’éleveur perçoit dès le départ un revenu correspondant à la mise à disposition du site pour la même durée, à la récupération des effluents de son élevage et à la surveillance sur site », expliquent Anne-Marie Busuttil, chargée de projets et Clément Soulier, responsable Développement d’Ovalie Innovation. MCube peut être mis en place aussi bien sur un élevage existant que sur un nouvel élevage. Les équations économiques sont en cours d’optimisation par les équipes d’Ovalie Innovation et de ses partenaires.

À retenir pour un atelier de gavage

24 000 canards par an (20 bandes)
Fosse à lisier de 600 m3
800 à 1 000 m3 de lisiers traités et 200 tonnes de déchets végétaux
280 000 kWh électriques valorisés par la revente à EDF (1), soit le besoin annuel d’une centaine d’habitants
Environ 600 000 kWh thermiques valorisables sur site
Un revenu annuel garanti pour l’agriculteur

(1) 22 cts/KWh en tarif d’obligation d’achat (dont prime de 5 cts car plus de 60 % des effluents sont valorisés)
 
<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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