Marché des oléagineux et coproduits du 9 au 16 septembre 2026 - Les prix en colza français repartent à la baisse, dans le sillage du canola canadien et de l’huile de soja états-unienne

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L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 9 et le 16 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont fait volte-face à la baisse entre le 9 et le 16 septembre 2026, cédant de 6,75 €/t à 550,75 €/t sur l’échéance novembre 2026 et 2,25 €/t à 556,75 €/t sur celle de février 2027, à l'image du canola canadien (- 5,20 CAN/t à 826,90 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et de l’huile de soja cotée sur le CBOT (- 0,89 $/livre à 69,19 $/livre sur l’échéance octobre 2026). Les cours du pétrole (+ 4,62  $/baril à 105,83 $/baril sur l’échéance novembre 2026 pour le Brent ; + 5,93 $/t à 102,43 $/t sur l’échéance octobre 2026 pour le WTI) ont quant à eux encore progressé, entraînant dans son sillage la graine de soja cotée sur le CBOT (+ 11 ct$/boisseau à 1 1320,50 ct$/boisseau sur l’échéance novembre 2026 et + 12 ct$/boisseau à 1 337,25 ct$/boisseau sur l’échéance janvier 2026) et le tourteau de soja cotés sur le CBOT (+ 15,80 $/t à 360,90 $/t sur l’échéance octobre 2026) ainsi que l’huile de palme malaisienne (+ 72 RM/t, à 4 741 RM/t sur l’échéance octobre 2026). L’euro s’est affaibli face au dollar (- 0,0115 $, à 1,1537 $).

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Sur le marché physique français, les prix du colza ont perdu du terrain dans le sillage d’Euronext sur la semaine, cédant entre 0,50 et 10,50 €/t selon la place et l’échéance. Le FOB Moselle, sa place de référence, a ainsi reculé de 6 €/t à 553 €/t sur la période octobre-décembre 2026 et de 2,50 €/t à 559 €/t sur la période janvier mars 2026. Dans ce marché très volatil d’une semaine sur l’autre, acheteurs et vendeurs se regardent en chiens de faïence.

Côté champs, certains opérateurs estiment que 10 % à 15 % des surfaces qui devaient être semées ne le sont ou ne le seront pas. Dans certaines zones, les agriculteurs ont déjà re-semé deux fois. Et sur les 90 % de la sole semée, il faut encore déduire entre 15 % et 20 % qui ne lèveront pas ou très mal en raison du manque de pluie et des attaques de ravageurs (punaises et altises en particulier).

La production de colza en 2026 est confirmée à 4,7 Mt, soit près de 15 % au-dessus de la moyenne 2021-2025, du fait d’une forte hausse annuelle des surfaces cultivées, tandis que le rendement reste dans la moyenne, selon les derniers chiffres d'Agreste. « La production de colza dans l’UE s’élèverait à 19,5 Mt, reculant d’un peu plus de 3 % sur un an malgré la hausse des surfaces cultivées (+ 3 %) », précise l'agence gouvernementale.

Côté champs, le bulletin de santé du végétal "Édition Hauts-de-France" du 15 septembre 2026 indique que les colzas sont « favorisés par une croissance dynamique ». S'agissant des ravageurs, si les dégâts de limaces sont limités, on observe le début du vol des altises et une population de pucerons en augmentation. 

Sur le volet réglementaire, le Parlement européen a confirmé le 16 septembre son objection à une proposition de la Commission européenne visant à relever les limites maximales de résidus (LMR) autorisées pour l’insecticide flupyradifurone sur le colza (de 0,3 mg/kg à 0,4 mg/kg), rapportent nos confrères d'Agra.  

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Les prix du tournesol sur le marché physique français ont suivi une tendance globalement baissière sur la semaine, évoluant entre - 20 €/t et + 2,50 €/t selon la place et l’échéance. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a stagné à 595 €/t sur la période octobre-décembre 2026. 

Révisé à moins de 17 q/ha, le rendement du tournesol, s’il se confirme, serait en 2026 le plus faible enregistré depuis au moins 1980, indique Agreste. La hausse des surfaces (+ 13 % sur un an), qui retrouvent un niveau proche de la moyenne 2021-2025, atténuerait en partie le recul de la production à 1,3 Mt (- 7 % sur un an et - 24 % comparée à la moyenne 2021 2025). « De son côté, la production de tournesol de l’Union européenne augmenterait de 7 % sur un an, à 9,4 Mt, soutenue par une hausse globale des surfaces et par des rendements élevés attendus en Bulgarie et en Roumanie », précise l'agence gouvernementale.

​​​​​​Sur le marché physique français, les cotations de la graine de soja en départ Rhône-Alpes et en départ Rhin n'ont pas évolué entre le 9 et le 16 septembre 2026, demeurant à 530 €/t et 550 €/t sur la période octobre-décembre. En rendu grand Ouest ou Ardennes, les prix tournent autour de 540 €/t. La graine reste non cotée en départ Sud-Ouest, en l'absence d'acheteurs comme de vendeurs sur le marché. Quelques petites affaires se concluent de gré à gré. 

Les cultures de soja ont grillé sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone ont également souffert des températures caniculaires et de la sécheresse estivales. La récolte nationale en 2026 devrait, a minima, être inférieure de 20 % à celle de l’an passé, selon certains correspondants de La Dépêche Le petit meunier. Pour mémoire, cette production était de 396 000 t en 2025 selon Agreste, ce qui donnerait une production 2026 aux environs de 316 800 t dans le meilleur des cas. Dans son dernier rapport de septembre, Agreste prévoit, de son côté, une production de 298 000 t pour 2026, en retrait de 24,8 % par rapport à 2025 et de de 25,5 % par rapport à la moyenne 2021-2025.  

Sur le marché physique français, les prix de la graine de lin brun n'ont pas évolué en cette semaine du 9 au 16 septembre 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale (650 €/t) comme de l'alimentation humaine (entre 720 €/t et 850 €/t).

Protéagineux

Reprise de l'activité

Sur le marché physique français, les pois et les féveroles fourragers ne sont guère cotés sur la semaine allant du 9 au 16 septembre 2026. À titre indicatif, le pois fourrager en rendu Pontivy-Guingamp demeure à 290 €/t sur la période septembre-décembre. En féverole fourragère, la cotation en rendu Pontivy-Guingamp reste à 290 €/t. Le marché des protéagineux est de nouveau calme. 

La production française de pois protéagineux est estimée à 467 000 t en 2026 (contre 586 000 t en 2025) et celle de féveroles (et fèves) à 274 000 t cette année (contre 285 000 t l'an dernier), selon les derniers chiffres d'Agreste.

Tourteaux

Nouvelle hausse des cours

Sur le marché physique français, les prix du tourteau de soja OGM ont progressé sur l’ensemble des places commerciales en cette semaine du 9 au 16 septembre 2026, gagnant entre 15 et 19 €/t selon les périodes. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait grimpé de 15,80 $/t à 360,90 $/t sur l’échéance octobre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance baissière sur la semaine. La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée.

​​​​​Le tourteau de colza sur le marché physique français a renchéri sur la semaine du 9 au 16 septembre 2026, gagnant entre 3 €/t et 15 €/t. Le tourteau de tournesol a fait de même, progressant de 3 à 20 €/t selon les places et les périodes, à l’exception du départ Lezoux qui perd 5 €/t sur la semaine.

Le marché hexagonal des tourteaux est très calme, toutes graines confondues. Dans ce contexte haussier, les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des prix plus en adéquation avec leurs objectifs de marges pour s’approvisionner.

Huiles

Hausse des cours

Les cours de l’huile de soja en départ Brest ont progressé de 3 à 6 €/t, entre le 9 et le 16 septembre 2026. En franco Bretagne, l’huile de coprah raffinée a renchéri de 40 €/t sur les sept derniers jours, tandis que les prix de l’huile de palme raffinée ont reculé de 5 à 10 €/t. Le marché physique français est très calme, la volatilité des prix et l’incertitude sur le devenir du conflit au Moyen-Orient – qui fait flamber les prix du pétrole actuellement – n’aidant pas à la conclusion d’affaires. Les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des tarifs plus en adéquation avec leurs objectifs en termes de prix d’achat.

Sur les ports nord européens, les prix de l'huile de soja ont gagné du terrain en cette semaine du 9 au 16 septembre 2026, augmentant de 15 à 20 €/t. Ceux du colza et de tournesol ont fait de même, engrangeant respectivement 5-10 €/t et 10-17 €/t selon les périodes. L’’huile de coprah raffinée ont également renchéri de 15 €/t sur les sept derniers jours, tandis que l'huile de palme raffinée a reculé de 60 €/t.

Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a perdu 0,89 cts$/livre sur l’échéance octobre à 69,19 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a gagné 72 ringgits la tonne à 4 741 ringgits la tonne, dans le même laps de temps.

A noter que le 18 septembre 2026, le port de Bayonne devrait accueillir un bateau en provenance des Pays-Bas pour décharger 2 000 t d’huiles et de corps gras.

Par ailleurs, le Sénégal, dont la production d'huile de palme stagne depuis plusieurs années, envisage de développer 60 000 ha de plantations de palmiers à huile dans le cadre d’une coopération avec l’Indonésie à travers des régions du centre et du sud du pays, selon les informations relayées par l’Agence de presse sénégalaise (APS). En Afrique de l’Ouest, le Sénégal figure parmi les principaux importateurs d’huile de palme avec le Nigeria, le Togo ou encore le Burkina Faso.  

Issues de meunerie

Poursuite de la tendance haussière

Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français poursuivent leur tendance haussière entre 8 et le 15 septembre 2026. Les cours de la farine basse et du gruau ont gagné 5 €/t, tandis que les sons fins renchérissent de respectivement 3 €/t et 1 €/t. Les cours du remoulage demi-blanc n'ont pas évolué sur la semaine. On enregistre un déséquilibre entre l'offre et la demande. L'offre n'arrive pas à contenter la demande. Les meuniers rattrapent leur retard de livraisons.  Les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de fibres pour formuler.

En Bretagne, les cours du son fin farine ont de nouveau progressé, de 10 €/t entre le 9 et le 16 septembre 2026, dans le sillage du marché francilien. On rapporte toujours une demande des fabricants d'aliments pour animaux, face à une offre qui demeure encore limitée. En Isère, les cours du son fin n'ont pas évolué d'une semaine sur l'autre. En régions marseillaise et toulousaine, les cotations ont gagné 5 €/t sur la période. 

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Indonésie
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​​​​Coproduits amidonniers

Progression des prix en drêche de maïs

Non cotée sur le rapproché, la drêche de maïs sur le marché physique français a suivi une tendance haussière (de 0 €/t en départ Saint-Malo à + 3 €/t en départ Gand) sur les périodes éloignées (à partir de janvier 2027), entre le 9 et le 16 septembre 2026. 

La drêche de blé et le corn gluten feed sont non cotés.

Le marché est relativement calme.

​​​​Coproduits laitiers

Tendance haussière

Les cotations de la poudre de lait et de la poudre de lactosérum pour l'alimentation animale en vrac, sur le disponible, sont nominalement reconduites sur le marché physique français à respectivement 2 910 €/t et 1610 €/t, entre le 10 et le 17 septembre 2026, en l'absence de nouvelle affaire traitée.

Cependant, la tendance sur le moyen terme est à la hausse : le marché néerlandais cote 3 280 €/t  en poudre de lait et 1 700 €/t en poudre de lactosérum, sur le quatrième trimestre de l'année 2026.

​​​Produits déshydratés

Prix reconduits en luzerne

En luzerne déshydratée, le prix sur le marché physique français est nominalement reconduit entre le 9 et le 16 septembre 2026, à 225 €/t. Les fortes chaleurs de juin et le manque d’eau ont impacté négativement la deuxième coupe. Et les troisième et quatrième vagues de canicule en juillet et août, sans eau à la clef, n’ont fait qu’amoindrir les disponibilités.

La pulpe de betterave déshydratée sur le marché physique français demeure non cotée cette semaine sur l’ancienne récolte comme sur la nouvelle récolte. Le marché est trop étroit pour pouvoir coter quelque chose. Les opérateurs sont inquiets quant à l’impact des températures caniculaires et de la sécheresse de cet été sur le développement des cultures de betterave. Cependant, la baisse des températures et les pluies de ces trois dernières semaines pourraient atténuer les pertes.

En première estimation, la production betteravière en 2026 s’établirait à 25,4 Mt, un point bas depuis au moins 1980, selon Agreste. « Elle chuterait de 29 % sur un an (- 10,5 Mt), sous l’effet conjoint d’une diminution de 6 % des surfaces cultivées et surtout de 24 % du rendement moyen, estimé à 68,2 t/ha, l’un des plus faibles depuis les années 2000, après ceux de 2020 (crise de la jaunisse) et 2001 (excès de pluies) », précise l'institut technique. « Cette estimation des rendements s'accorde avec les derniers chiffres des sucreries (-25% chez Cristal Union au 3 septembre, -20% chez Tereos le 26 août) », rapportent nos confrères d'Agra. Et d'expliquer : « Le marché était déprimé lors de la précédente saison, compte tenu des volumes mondiaux abondants. Les industriels espèrent un redressement des marchés en 2026-2027, notamment en raison d’une baisse de l’offre. »

Selon le bulletin de santé du végétal "Édition Hauts-de-France" du 15 septembre 2026, la cercosporiose continue sa progression dans les cultures de betterave.

​​​​​​Farine de poisson

Fermeté des cours

En Amérique du Sud, les prix de la farine de poisson sur le marché physique français n'ont pas évolué entre le 9 et le 16 septembre 2026, en toutes origines. Et ce, après avoir nettement baissé en origines Amérique du Sud et augmenté en origine Scandinavie. Les pêches au Maroc sont bonnes, ce qui a permis une légère détente des qualités fabriquées en Amérique du Sud. En Europe, la disponibilité reste limitée et les prix demeurent très tendus.

Pailles et fourrages

​​​​​​Nouvelle hausse des cours en foin de Crau

En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est demeure respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 9 au 16 septembre 2026. Les prix n'évoluent pas d'une semaine sur l'autre en paille mais la pression de la demande est toujours présente face à une offre qui se raréfie.

En foin, les prix atteignent parfois des niveaux défiants l'entendement. On rapporte des montants pour des balles rondes en foin de prairie approchant les 500 €/t en France, payées par des acheteurs venus de Suisse. A terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes.

En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotations commerciales) ont progressé de 10 €/t en grosses balles première coupe et de 40 €/t en deuxième coupe. En revanche, le Comité du foin de Crau a relevé ses prix de 25 €/t en première coupe et de 5 €/t en deuxième et troisième coupes. Selon l’association professionnelle, les rendements sont globalement mauvais. Malgré l’irrigation, les prairies ont eu du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité. 

Les éleveurs sont à la recherche de paille pour complémenter le foin dont les disponibilités sont limitées. Supplémenter avec des aliments composés, la paille pourrait venir en alternative au foin, dans le cas extrême.

Selon la note d'Agreste, la pousse de l’herbe n'a toujours pas redémarré. « Au 10 septembre 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 39 % à celle observée à la même date de la période de référence 1989-2018. Aucune pluie significative ne permet la reprise de la pousse de l’herbe, interrompue par les canicules et la sécheresse des 4 derniers mois. Le déficit se creuse partout, il dépasse désormais 50 % dans 17 % des surfaces en herbe. »

La rédaction

Soja

 

  • Semis et conditions de culture au Brésil.
  • Premiers résultats de récolte en France et dans l’Union européenne.
  • Achats chinois de soja états-unien et/ou brésilien.
  • Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).

 

Colza

 

  • Surface emblavée en France.
  • Premières levées entre repousses et ravageurs.
  • Récolte canadienne de canola freinée par les pluies.
  • Concurrence de l’origine Ukraine.
  • Trituration européenne, portée par le biodiesel.

 

Tournesol

 

  • Premiers chiffres de rendement en France.
  • Échos de la récolte en Europe.
  • Effets des frappes russes sur les sites de trituration et la logistique en Ukraine.

 

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