L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 4 et le 5 mars 2025, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier.
Les prix du colza sur Euronext ont chuté de 11,50 €/t sur l’échéance mai (récolte 2024) et d’environ 5 €/t sur les échéances de la récolte 2025, en raison de multiples liquidations de positions sur le rapproché, analyse Agritel. Cette baisse tarifaire s’est répercutée sur les cotations du colza sur le marché physique français, dans les mêmes proportions. Les prix du tournesol ont quant à eux gagné 15 €/t d’un jour sur l’autre, la faiblesse des disponibilités à la vente ne répondant pas à la demande. On notera, en revanche, une pression à la baisse sur les tarifs en nouvelle récolte, du fait du net renforcement de l’euro, qui rend nos importations hors UE plus cher.
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Les cours du soja états-unien sur le CBOT ont quant à eux fortement progressé sur la récolte 2024, et de façon moindre sur la récolte 2025. La guerre commerciale lancée par le président états-unien Donald Trump a semé un « vent de panique » sur les marchés agricoles mondiaux, selon une information de l'AFP, rapportée par nos confrères d’Agra. Les droits de douanes états-uniens visent leur principal client en soja, à savoir la Chine, « qui a acquis près de 13 Md$ de soja, soit plus de la moitié des exportations états-uniennes de la graine oléagineuse, l'an dernier », rappelle le média. La séance à Chicago a été marquée par des couvertures de positions courtes et des achats techniques, à la suite des plus bas enregistrés mardi sur les échéances mars et mai. Parallèlement, les marchés continuent de suivre de près l'évolution des conditions météorologiques en Argentine et le rythme des récoltes au Brésil. Par ailleurs, la société de production et de stockage de grains Los Grobo, fondée par l’homme d’affaires Gustavo Grobocopatel, baptisé le «roi du soja», s’est déclarée en défaut de paiement en décembre dernier, et en règlement judiciaire le 3 février, accusant une dette de 207 millions de dollars, indique Agra. À noter que les exportations ukrainiennes de soja ont bondi à 382 000 t en février, contre 223 000 t en janvier, selon les données des douanes locales. Cette augmentation est due à des retards dans les expéditions brésiliennes, qui ont forcé les importateurs à chercher d'autres sources pour couvrir les besoins immédiats en matière d'approvisionnement, selon Asap Agri Solutions.
Les cours du canola canadien à Winipeg ont grimpé sur toutes les échéances, à l’image du soja à Chicago. Dans le contexte de guerre commerciale avec les Etats-Unis, le Mexique pourrait représenter un nouveau marché pour les produits agricoles et agroalimentaires du Canada. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a ainsi déclaré mercredi que son pays pourrait se tourner vers de nouvelles alliances commerciales si les droits de douane de 25 % imposés par le président états-unien Donald Trump sont maintenus, rapporte Grainews.
L’huile de palme malaisienne a également renchéri à Kuala Lumpur sur l’échéance de mars, en raison des tensions commerciales croissantes entre les Etats-Unis et la Chine. Les droits de douane potentiels de la Chine sur le soja états-unien pourraient faire la part belle à l’huile de palme, selon Bernama. Les chiffres mensuels officiels du MPOB sont attendus lundi prochain.
Côté macroéconomie, les cours du pétrole à Londres (Brent) et New York (West Texas Intermediate) ont nettement reculé, en raison d’un alourdissement des stocks de brut états-unien (+3,6 millions de barils sur la semaine se terminant le 28 février, selon l’Agence états-unienne de l’énergie) et la hausse de production projetée par l’Opep + dès avril.
À la suite de l’annonce du réarmement de l’Union européenne, et plus particulièrement de l’Allemagne et de la France (les dépenses militaires hexagonales passeraient de 2 % du PIB aujourd’hui à 3 % à l’horizon 2030), ce qui rassure les marchés, l’euro s’est fortement renforcé face au dollar, rendant les marchandises européennes moins compétitives sur la scène mondiale. A contrario, la nette baisse de la devise états-unienne face à la monnaie européenne, en raison d’une crainte grandissante de récession aux États-Unis en lien avec la guerre commerciale initiée par Donald Trump, favorise les exportations états-uniennes sur le marché mondial.
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Export et import européens au 2 mars 2025 : (source : Commission européenne)
en tonnes
Cumulé 2024/25
S35 2024/25
Cumulé 2023/24
S35 2023/24
Blé tendre (export)
13 934 716
152 929
22 043 379
735 215
Orge (export)
3 162 150
3 296
4 064 363
154 546
Maïs (export)
1 315 077
88 384
3 020 151
159 166
Maïs (import)
13 804 055
216 250
12 820 420
275 923
Colza (import)
4 391 731
83 298
3 977 349
111 953
Marchés physiques français du 5 mars 2025 (base juillet pour les céréales)
Tournesol
Spécifications
Échéance
euro/t
Variation
Rendu Bordeaux
oléique Récolte 2024
avr.-juin
660,00
N
Rendu Saint-Nazaire
oléique Récolte 2024
avr.-juin
660,00
N
Colza
Spécifications
Échéance
euro/t
Variation
Rendu Rouen
Récolte 2024
avr.-juin
499,50
A
Fob Moselle
Récolte 2024
avr.-juin
499,50
A
Tourteaux de soja
Spécifications
Échéance
euro/t
Variation
Départ Montoir
46% pellets Brésil
mars
366,00
V
1,00
46% pellets Brésil
avr.
365,00
V
1,00
Pois
Spécifications
Échéance
euro/t
Variation
Départ Marne
fourrager Récolte 2024
mars
300,00
N
0,00
Départ Somme/Oise
fourrager Récolte 2024
mars
304,00
N
-1,00
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