COTidienne
Marché des céréales du 6 juillet 2026 – Des prix haussiers sur tous les marchés avec un prix du maïs sur Euronext sur novembre approchant les 240 €/t
L’évolution des prix du blé tendre et du maïs français entre le 3 et le 6 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Un navire pétrolier aurait été touché ce lundi par un projectile non identifié dans le détroit d’Ormuz alors que les funérailles de Khamenei se déroulaient à Téhéran avec la présence de millions de fidèles. Le prix du pétrole variait autour des 68 à 72 $/baril. Ainsi le prix du Brent gagnait ce lundi 0,71 % à 72,07 $/baril et le prix du WTI perdait 0,15 % à 68,65 $/baril. Les opérateurs sont vigilants actuellement à l’augmentation de la production de pétrole annoncée par les pays de l’Opep et au niveau de la demande mondiale. Le marché ne prête pas non plus une confiance aveugle à la trêve entre l’Iran et les États-Unis, Donald Trump ayant réitéré sa menace de poursuivre le travail si les négociations n’aboutissaient pas. Ce mardi matin, à 5h45 (heure de Paris), le prix du Brent regagnait 0,72 % et le prix du WTI, 0,52 %. Dans ce contexte, le dollar se dépréciait une nouvelle fois face à l’euro, ce dernier s’échangeant ce lundi contre 1,1447 $, alors que la veille le taux de change de l’euro n’était que de 1,1439 $. Néanmoins à l’ouverture du marché ce mardi matin, le gain de la veille était totalement effacé, un euro s’échangeant à 5h50 (heure de Paris) contre 1,1437 $.
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Les prix du blé et du maïs étaient fortement haussiers ce lundi sur le CBOT. Le prix du blé gagnait de 11 à 16 cts$/boisseau selon les échéances. Il progressait donc de 14,25 cts$/boisseau à 614 cts$/boisseau sur septembre 2026, échéance la plus échangée. Sur décembre 2026, il gagnait 14,50 cts$/boisseau à 628,50 cts$/boisseau et sur mars 2027, 14,50 cts$/boisseau à 641 cts$/boisseau. Sur l’échéance la plus rapprochée, sur laquelle peut d’échanges se tenaient, à savoir juillet 2026, il était en hausse de 15,50 cts$/boisseau à 606 cts$/boisseau. Les prix étaient d’autant plus élevés que les échéances s’éloignaient. Le prix du maïs sur le CBOT progressait également à un rythme important, de 8 à 16,5 cts$/boisseau selon les échéances. Sur décembre 2026, échéance la plus échangée, le prix augmentait de 16,25 cts$/boisseau à 457,75 cts$/boisseau tandis que mars 2027, deuxième échéance désormais la plus échangée, le prix gagnait 16,25 cts$/boisseau à 472,5 cts$/boisseau. Enfin sur septembre 2026, il progressait de 15,25 cts$/boisseau à 438,25 cts$/boisseau. Comme pour le blé, les prix étaient d’autant plus élevés que les échéances s’éloignaient.
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Les augmentations de prix étaient dans le prolongement de l’annonce par l’USDA d’estimations de stocks et semis décevants et en dessous des attentes du marché. Néanmoins les bonnes récoltes attendues en Australie et Russie pourraient tempérer les gains. Aux États-Unis, les températures restent chaudes dans les plaines centrales et méridionales avec des niveaux de précipitations inégaux. Les cultures de printemps pourraient en être affectées. Les plaines du nord des États-Unis et les plaines canadiennes subissent de fortes pluies avec un effet positif sur les cultures de printemps bien qu’au Canada des inondations ont pu sévir. L’USDA a publié ce lundi son rapport Crop progress sur l’état des cultures aux États-Unis. Les conditions "bonnes à excellentes" du maïs sont maintenues au 5 juillet à 67 % contre 75 % l’année dernière. Au 5 juillet, 59 % du blé d’hiver est récolté contre 48 % la semaine dernière et 51 % sur la moyenne quinquennale. En Australie, ls conditions météorologiques sont favorables au développement des cultures avec de bonnes pluies même si cette semaine les conditions devraient être plus sèches. El Niño pourrait impacter plus tard dans la campagne le développement des grains.
Sur Euronext, les prix du blé et du maïs évoluaient dans le sillage du CBOT et sous les menaces de la canicule qui sévit une nouvelle fois en Europe et en particulier en France. Le prix du blé sur Euronext progressait donc de moins de 1 €/t à plus de 3 €/t selon les échéances. Sur septembre 2026, il gagnait 2,75 €/t à 204,25 €/t tandis que sur décembre 2026, il progressait de 3,50 €/t à 213,25 €/t. Sur mars 2027, échéance sur laquelle les échanges se multiplient, le gain était de 3,50 $/t à 218,50 €/t. les prix s’affichaient comme sur le CBOT d’autant plus élevés que les échéances étaient éloignées. Le prix du maïs, sous l’influence très forte de la canicule et des inquiétudes induites, progressait une nouvelle fois de 1 à 11 €/t selon les échéances. Il gagnait ainsi sur novembre 2026, 8,50 €/t à 239,25 /t, un prix identique à celui de l’échéance d’août 2026 après une hausse de 4 €/t. Les marchés se sont félicités aussi de l’achat confirmé par l’Arabie saoudite de 600 000 t de blé tendre.
En France, selon François Pignolet, directeur de la collecte chez Soufflet agriculture, la récolte d’orge était terminée à 85 % sur le périmètre de la coopérative il y a quelques jours de cela, avec un bon calibre et un taux de protéines de 10,8 % en moyenne satisfaisant. Mais les rendements peuvent être très décevants dans certaines zones, en particulier dans l’Ouest affecté par les fortes chaleurs. Du côté du blé tendre, les rendements apparaissent satisfaisants en moyenne, étant en particulier supérieur dans l’est de la France. Les poids spécifiques (PS) sont satisfaisants tandis que les taux de protéines sont largement au-dessus des 11 %. Soufflet agriculture estime la production française de blé tendre à seulement 31,5 Mt contre 33 Mt estimée le plus souvent par les analystes.
En Ukraine, selon les résultats a priori définitifs de la campagne 2025-2026 du service des douanes d’État, le pays a exporté un total de 37,461 Mt de céréales et légumineuses, avec une accélération en fin de campagne et en particulier sur juin sur lequel 3,562 Mt ont été exportées. En Ukraine la chaleur a accéléré la maturation de l’orge, entraînant des disponibilités locales importantes alors que la demande à l’exportation est réduite. Les prix de l’orge ont donc baissé à 230-235 $/t pour livraison en Espagne et Moyen-Orient, alors que le prix du maïs en Europe ne cesse de croître, relançant à terme probablement l’intérêt des acheteurs pour l’orge ukrainienne. L’Ukraine devrait néanmoins connaître en juillet un temps plus frais limitant le développement du maïs. La récolte des céréales a commencé cette semaine en Ukraine en particulier dans la région d’Odessa, les rendements les plus élevés enregistrés atteignant 7,6 t/ha.
En Russie, les températures élevées ont accéléré le murissement des grains mais le manque de carburant a réduit la vitesse des moissons faisant craindre des pertes de récolte. Le ministre russe de l’agriculture augmenté les droits d’exportation de blé russe à 370,1 roubles, alors qu’ils étaient restés stables pendant onze semaines consécutives.
Fondamentaux :
Exportations, blé tendre, Ukraine : 14 129 Mt sur 2025-2025 contre 15 733 Mt en 2024-2025 (source : service des douanes d’État de l’Ukraine)
Exportations, maïs, Ukraine : 21,28 Mt sur 2025-2025 contre 21 963 Mt en 2024-2025 (source : service des douanes d’État de l’Ukraine)
Exportations, orge, Ukraine : 1,53 Mt sur 2025-2025 contre 2 319 Mt en 2024-2025 (source : service des douanes d’État de l’Ukraine)
Exportations, céréales et légumineuses, Ukraine : 37,461 Mt sur 2025-2025 (source : service des douanes d’État de l’Ukraine)