COTidienne
Marché des céréales du 22 juillet 2026 - Envolée des prix du blé et du maïs en raison d’un durcissement du conflit russo-ukrainien autour des ports
L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 21 et le 22 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier
Les essentiels
Restrictions imposées en Russie sur le trafic maritime dans le port de Novorossiisk entre minuit et cinq heures ce mercredi en raison d’attaques de drones ukrainiens.
Frappes massives sur les ports ukrainiens à l’aide de missiles antinavires.
Dégradation des conditions de culture des céréales de printemps aux États-Unis et en Europe.
Les prix des céréales s’envolaient ce mercredi sur l’ensemble des marchés en raison principalement de l’aggravation du conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui touche désormais les infrastructures portuaires, ainsi que de conditions météorologiques remettant en cause les niveaux de production céréalière.
Le prix du blé sur le marché CBOT de Chicago s’est envolé ce mercredi de 13 à 28 cts$/boisseau selon les échéances. Il progressait de 27,75 cts$/boisseau sur l’échéance de septembre 2026, la plus échangée, pour atteindre 705,75 cts$/boisseau, tandis que sur décembre 2026 il augmentait de 26,75 cts$/boisseau à 722,75 cts$/boisseau.
La hausse du prix du maïs était plus mesurée, mais les cours progressaient néanmoins de 1 à 10 cts$/boisseau selon les échéances. Ainsi, sur décembre 2026, le prix gagnait 9,50 cts$/boisseau à 484,75 cts$/boisseau, tandis que sur septembre 2026 il augmentait de 9,25 cts$/boisseau à 462 cts$/boisseau.
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Sur Euronext, les prix du blé et du maïs progressaient fortement dans le sillage du CBOT. Le prix du blé augmentait de 3 à 10 €/t selon les échéances, à l’exception des échéances 2028 pour lesquelles les cours reculaient de 3 à 11 €/t. Par ailleurs, les opérateurs financiers renforçaient leurs positions nettes longues.
Sur l’échéance de septembre 2026, le prix du blé gagnait 9,50 €/t à 244,25 €/t, tandis que sur décembre 2026 la hausse atteignait 9,25 €/t à 247 €/t. Le prix du maïs progressait quant à lui de 3 à 8 €/t sur la plupart des échéances, mais reculait sur celles de 2028. La hausse atteignait 8 €/t sur novembre 2026 à 259,75 €/t, tandis que le prix gagnait 8,50 €/t sur mars 2027, désormais deuxième échéance la plus traitée, à 259 €/t.
Un conflit russo-ukrainien qui se durcit autour des ports et des alternatives limitées et coûteuses
Le port de Novorossiisk, principal port russe assurant près d’un tiers des exportations russes de céréales, a été la cible de drones ukrainiens, conduisant les autorités à interdire l’accès au port entre minuit et cinq heures du matin.
Ce port était jusqu’à présent considéré comme une destination probable pour les navires détournés de la mer d’Azov, en raison de l’interdiction de mouiller dans les zones dépourvues de défense antiaérienne en mer d’Azov et dans le détroit de Kertch.
Par ailleurs, des attaques russes ont visé les ports d’Odessa et de Tchornomorsk, ciblant notamment un cargo en cours de déchargement ainsi que plusieurs installations portuaires. Les forces russes sont passées d’attaques menées par drones à l’utilisation de missiles antinavires, augmentant significativement les dégâts.
Les négociants tentent de recourir à des itinéraires alternatifs via les ports du Danube, mais le faible niveau des eaux en limite l’utilisation. Le coût du fret par barge entre les ports ukrainiens du Danube et Constanța est ainsi passé de 12 à 30 $/t.
Par ailleurs, les exportations de céréales ukrainiennes par voie routière demeurent limitées en juillet, avec seulement 3 200 tonnes de maïs et 700 tonnes de blé exportées.
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Des conditions météorologiques qui dégradent les rendements des cultures de printemps aux États-Unis comme en Europe
À la suite d’un crop tour des cultures de printemps dans le Dakota du Nord, les rendements du blé de printemps sont désormais attendus en baisse aux États-Unis. Les récentes vagues de chaleur ont détérioré une partie des cultures.
Par ailleurs, la sécheresse persistante en Europe continue de peser sur le potentiel de production du maïs.
Des achats de blé sur le marché européen en substitution des achats en mer Noire
Le 21 juillet, la Tunisie a lancé un appel d’offres portant sur l’achat de 75 000 tonnes de blé. À l’issue de cet appel d’offres, elle a finalement acheté 100 000 tonnes à un prix moyen de 283,19 $/t CAF. Ces achats concernent essentiellement du blé européen, compte tenu des difficultés logistiques observées en mer Noire
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