COTidienne
Marché des céréales du 16 juin 2026 – Les prix du blé et du maïs reprennent des couleurs sur Euronext alors qu’une vague de chaleur touche l’Europe
L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 15 et le 16 juin 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Alors qu’un protocole d’accord de paix va être signé ce vendredi en Suisse entre l’Iran et les Etats-Unis, de premiers pétroliers iraniens ont traversé ce mardi le détroit d’Ormuz. Les experts maritimes restent perplexes quant à la sécurité de la traversée compte tenu de la présence éventuelle de mines. Dans ce contexte, le prix du pétrole a continué à chuter ce mardi. Le prix du Brent a baissé de 3,75 % à 79,4 $/baril et le prix du WTI a diminué de 4,82 % à 76,58 $/baril. Ce mercredi matin, à 7h30 (heure de Paris), le prix du Brent cédait de 1,24 % et le prix du WTI de 1,28 %, revenant aux niveaux de prix de début mars 2026. Le dollar s’affaiblissait face à l’euro, ce dernier s’échangeant contre 1,161 $ alors que la veille le taux de change de l’euro était de 1,1592 $.
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Malgré cette baisse spectaculaire du prix du pétrole, le prix du blé sur le CBOT prolongeait son rebond entamé ce lundi 15 juin. Il progressait ainsi de 3 à 6 cts$/boisseau selon les échéances. Sur septembre 2026, échéance la plus travaillée ce mardi, le prix augmentait de 3,75 cts$/boisseau à 504,25 cts$/boisseau tandis que sur décembre 2026, la hausse était de 5 cts$/boisseau, le prix s’établissant à 621,75 cts$/boisseau. Sur l’échéance la plus rapprochée, à savoir juillet 2026, le prix du blé progressait de 6,25 cts$/boisseau à 596 cts$/boisseau. La publication par l'USDA de son rapport « Crop progress » indique que la récolte du blé d’hiver est en avance aux Etats-Unis puisque 25 % de la sole de blé tendre est récoltée au 14 juin contre 13 % seulement à la même période en moyenne quinquennale. Les conditions de culture du blé d’hiver se sont très légèrement améliorées à 27 % contre 25 % sur la moyenne quinquennale mais bien inférieures au 52 % de l’année dernière ou à la moyenne quinquennale étable à 44 %.
Le prix du maïs sur le CBOT a baissé sur les échéances courtes mais augmenté de 1 à 3 cts$/boisseau sur les suivantes. Ainsi sur décembre 2026, échéance la plus travaillée, le prix du maïs a progressé de 0,75 cts$/boisseau à 442,5 cts$/boisseau alors qu’il diminuait de 0,25 cts$/boisseau à 422,5 cts$/boisseau sur l'échéance septembre 2026. Sur l’échéance la plus rapprochée de juillet 2026, le prix du maïs a baissé de 1,75 cts$/boisseau pour s’établir à 413,75 cts$/boisseau. Les conditions de culture du maïs aux Etats-Unis se sont très légèrement améliorées, avec 68 % des surfaces de maïs en "bonnes ou excellentes" conditions contre 67 % la semaine dernière et 72 % l’année dernière à la même période.
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Sur Euronext, le prix du blé rebondissait sur toutes les échéances jusqu’à un maximum de 2 €/t. Sur septembre 2026, échéance la plus travaillée, il augmentait de 2,75 €/t à 202,50 €/t. Il progressait de 2,75 €/t sur décembre 2026 à 208,75 €/t et de 2,50 €/t sur mars 2027 pour s’établir à 213,25 €/t. L’Algérie a publié un appel d’offres ce 15 juin pour l’achat de blé à livrer en août 2026, ce qui participe à la hausse des prix de la céréale.
Le prix du maïs sur Euronext évoluait lui aussi à la hausse. Il progressait jusqu’4 €/t selon les échéances. Sur le terme le plus rapproché, à savoir août 2026, il augmentait de 0,25 €/t seulement à 209,75 €/t tandis que sur novembre 2026 il s’établissait à 207,25 €/t, gagnant 4 €/t par rapport à hier. Les pluies en Europe de l’Est ont été soutenues durant les sept derniers jours mais ce ne fut pas le cas en France et en Espagne. La vague de chaleur qui touche l’Europe, et en particulier la France, risque de pénaliser les cultures, et en particulier le maïs avec des températures supérieures de 10°C à la normale.
Agreste a publié une note qui confirme les observations sur le terrain de baisse de la sole française de maïs. Cette dernière, semences incluses, est estimée par Agreste à 1,31 Mha, en baisse de 19 % par rapport à la campagne précédente et de 13 % par rapport à la moyenne quinquennale. Cette chute se ferait au profit de la sole oléagineuse qui progresserait de 12 %. Cette baisse des surfaces est particulièrement marquée dans l’ouest de la France, la Normandie accusant une baisse de 29 %, le Centre-Val de Loire de 33 % et la Charente-Maritime de 35 %. Cette baisse de la sole de maïs profitera aux oléagineux mais aussi au blé tendre dont la sole serait de 4,63 Mha, au triticale et au seigle. Les opérateurs sont dans l’attente mercredi du conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer pour en particulier mieux cerner les stocks de fin de campagne 2025-2026 en blé et en maïs qui pourraient être élevés en Europe.
En Ukraine, les pluies devraient cette semaine à venir être faibles ce qui pourrait dégrader les conditions de culture du blé et du maïs. Les semis de printemps sont presque terminés. Le ministère de l’Economie a estimé que la récolte de maïs pourrait dépasser 32 Mt. UAC, le plus grand syndicat agricole en Ukraine, vient de revoir son estimation de la production de blé en Ukraine entre 23,5 et 24 Mt, contre 23 Mt estimée précédemment. Les sols en Russie resteront quant à eux suffisamment humides pour assurer un bon développement des cultures.
Fondamentaux :
Orge, production, France, 2026-2027 : 9 Mt, +8 % par rapport à 2025-2026 (source : Agreste)
Blé tendre, surface, France, 2026-2027 : 4,63 Mha, +3% par rapport à la campagne précédente (source : Agreste)
Maïs, surface, France, 2026-2027 : 1,31 Mha, -19 % par rapport à 2025-2026 (source : Agreste)
Maïs, surface, Union européenne, 2026-2027 : 8,182 Mha contre 8,459 Mha en 2025-2026 (source : Agreste – Commission européenne)