Face à la pénurie, Castel et Grands Chais de France achètent plus cher pour approvisionner la GMS.
Y a-t-il un risque de rupture en muscadet ? Certains distributeurs, en particulier en Hard Discount, ne devraient pas recevoir toutes les bouteilles voulues. Après deux petites récoltes, 540 000 hl en 2007, 250 000 hl cette année, (à comparer avec une vendange moyenne autour de 650 000 hl), les stocks ont considérablement baissé - ils sont à leur niveau le plus bas depuis le gel de 1991 et 2007 a de surcroît enregistré des records de commercialisation (environ 700 000 hl).
« Tous les marchés ne seront pas suivis,avoue Emmanuel Torlasco, délégué régional Interloire de Nantes,
surtout ceux qui jouent les volumes, d’autant que nous diversifions de plus en plus nos débouchés, aujourd’hui, dans près de 90 pays (13 % des ventes), même si le premier, la Grande-Bretagne, représente toujours 36 % de l’export ».
La mise en marché s’effectuant pour plus des deux tiers par le négoce, l’arrivée de deux grands opérateurs nationaux ces dernières années, les Grands Chais de France et Castel, n’est pas sans provoquer dans le vignoble quelques tensions sur les prix d’achat. A l’heure actuelle, ils achètent plus cher pour garantir un approvisionnement des réseaux de distribution.
« Il fallait réinvestir dans le vignoble, ils l’ont fait et pour amortir, ils n’auront aucun intérêt à brader les bouteilles », analyse en toute logique le négociant Pascal Guilbaud. Face à la pénurie, les
« deux grands » ont du revoir leurs ambitions à la baisse, mais Castel par exemple qui a proposé des contrats sur trois ans aux producteurs pour garantir les prix et pour leur permettre d’investir n’a pas rencontré un franc succès, certains vignerons spéculant sur les hausses de prix du raisin. D’où de grandes incertitudes pour les années à venir et surtout pour la récolte 2009. La pénurie qui touche principalement l’appellation régionale muscadet est d’ores et déjà répercutée en linéaires avec un prix consommateur qui a franchi la barre des 3-3,30 € en GMS (qui représente 58 % des ventes). Les sur-lie (deux tiers de la vinification des muscadet) se maintiennent.
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« Le consommateur devrait suivre car nous avons un vin d’un bon rapport qualité-prix pour une AOC et adapté à la consommation contemporaine et hors repas puisqu’il titre en général à12° et qu’il est facile à boire,estime Emmanuel Torlasco.
Même s’il est vrai que pour les premiers prix, l’acheteur n’est pas attaché à une AOC spécifique. Il y aura forcément des risques de déréférencement, surtout en marques distributeurs par manque de volumes ».
Le muscadet conscient d’un déficit de reconnaissance en profite donc pour jouer la carte de la valorisation et pour réconcilier d’abord les Nantais avec leurs vins et leur cépage exclusif, le melon de Bourgogne. Plus d’une bouteille sur deux de blancs de Loire vendue en restauration est un muscadet. La grande restauration et les cavistes régionaux commencent à s’y intéresser, la maison des vins qui ouvrira mi-2009 avec une carte d’une cinquantaine de références devrait l’y aider.