Maladie : le piétin échaudage est l'affection racinaire la plus dommageable pour les blés et orges

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Le piétin échaudage provoque une nécrose des racines. Crédits : © Arvalis

Causé par un champignon du sol, le piétin-échaudage s'attaque aux racines. Il a un impact significatif dans les situations où les blés et les orges reviennent souvent dans la rotation.

Des symptômes visibles à partir de la sortie de l'hiver

Les symptômes les plus visibles du piétin échaudage se produisent à l’épiaison des céréales, avec la présence d’épis blancs. L’échaudage touche la totalité de la plante avec les talles (aspect de paille sèche) et les épis dont les grains se remplissent mal. Il est causé par un champignon du sol, Gaeumannomyces graminis tritici. Les racines sont nécrosées et le bas des tiges montre un manchon noir de 1 à 3 centimètres.

Avant cela, des attaques peuvent être visibles à la sortie de l’hiver. Le pathogène provoque des nécroses noires de plusieurs centimètres sur les racines de la céréale. Conséquences : les plantes sont mal alimentées et présentent alors une faible croissance et un mauvais tallage avec des feuilles jaunissant par la pointe. C’est cette destruction des racines qui provoque l’échaudage de plantes complètes. La maladie se manifeste par foyers, car le champignon progresse uniquement par contact entre racines. On la voit aussi se développer le long des anciens andains.

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Le regroupement d'épis blancs sur un pied est un symptôme caractéristique du piétin échaudage. © Arvalis

Comment combattre le piétin échaudage ?

Agronomie : La rotation culturale est un moyen efficace de lutter contre le piétin échaudage. Une culture non-hôte (colza, betterave, pomme de terre, pois, avoine, tournesol, sorgho) pendant trois ans fait disparaître l’inoculum du parasite, selon Arvalis. Attention, le maïs, sans être sensible, est une culture hôte amplificatrice. Les semis tardifs exposent moins les céréales aux attaques de piétin échaudage. Le travail du sol a peu d’effet sur le champignon.

Interculture : Le broyage fin des pailles et leur bonne répartition sur l’ensemble de la surface (éviter les andains) limiteront les attaques du pathogène, de même qu’un sol bien rappuyé. Les repousses de céréales, de même que certaines graminées adventices, sont des hôtes du piétin échaudage lors de l’interculture. Les détruire permet de réduire les possibilités de conservation du champignon. En Cive d’hiver, l’utilisation d’avoine plutôt que des orges ou seigles limite le développement de la maladie. La biofumigation (moutarde ou radis à l’interculture avec broyage et enfouissement à floraison de la crucifère) est une technique de lutte à l’étude.

Traitement de semences : Le fongicide silthiofam appliqué en traitement de semences (plusieurs produits : Latitude XL…) est la seule solution de lutte chimique homologuée contre le piétin échaudage. Son efficacité est de l’ordre de 50 % selon Arvalis et le gain de rendement en blé peut atteindre les 10 quintaux par hectare dans les situations fortement infestées, et jusqu’à 5 quintaux par hectare pour les orges selon des essais. Ce produit doit être associé à d’autres fongicides pour offrir un spectre complet contre les pathogènes de la semence et du sol. Un produit de biocontrôle (Toltek) est également autorisé contre le pietin échaudage.

Sources Arvalis, Anses, Certis Belchim

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La présence d'un manchon noir à la base de la tige nécrosée est une caractéristique du piétin échaudage. © Arvalis

Sept points clés sur le piétin échaudage

En plus des blés, les orges et triticales sont attaqués par le piétin échaudage. Le blé dur est la céréale la plus sensible, devant le blé tendre, l’orge, le triticale et le seigle. Les différences de sensibilité variétale sont peu marquées en blé tendre, un peu plus visibles en blé dur.

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Ne pas confondre. Les symptômes d’épis blancs peuvent être causés par des fusarioses, mais seulement sur une partie de l’épi (groupes d’épillets). Des épis blancs isolés peuvent avoir pour origine des attaques de piétin verse. La tordeuse (ravageur) peut provoquer un échaudage complet de l’épi (qui se casse facilement dans ce cas) mais pas de la tige. Le piétin échaudage provoque l’échaudage complet de la plante avec une présence en foyers dans la parcelle.

Les pertes peuvent atteindre 50 % du rendement sur les zones touchées. Les situations à risques sont les rotations avec un retour fréquent de céréales, surtout les blés sur blés ou avec des Cive d’hiver comme les seigles ou orges.

Plusieurs facteurs pédoclimatiques favorisent le piétin échaudage : les hivers doux et humides, les printemps pluvieux, les sols légers, les semis précoces, les remontées trop rapides de pH (chaulage)…

Le parasite peut se conserver deux ans sur les résidus de culture au niveau du sol. Il ne peut survivre au-delà s’il ne trouve pas une plante hôte : céréales à paille (sauf avoine), maïs, graminées adventices et prairiales…

L’avoine est indemne de piétin échaudage. Cette céréale produit l’avénacine au niveau des racines, une toxine que le champignon responsable du piétin échaudage n’est pas capable de détoxifier.

En culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive) d’hiver, la culture de seigle en dérobé suivi d’un maïs a pour effet d’amplifier le développement de piétin échaudage dans le blé ou l’orge de la rotation.

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Les attaques racinaires du pathogène se traduisent par des plantes chétives dans les zones touchées. © Arvalis
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