Après 1995 et 2001, la troisième tentative de rapprochement entre le Lial d’Aurillac (Laboratoire interprofessionnel d’analyse laitière) et le Cilal (Centre interprofessionnel laitier Auvergne-Limousin) de Theix (Puy-de-Dôme) se solde par un échec retentissant. La société Analhysa qui les regroupait vient de voler en éclat sur décision des conseils d’administration des deux structures. Alors que les équipes avaient largement entamé les réorganisations décidées dans le cadre de la fusion, les deux laboratoires ont repris leur autonomie le 1er juin. Le président Serge Moly l’a annoncé devant l’assemblée générale du Lial, qui continue à penser qu’il ne pourra pas affronter l’avenir seul et devra rechercher d’autres alliances. Mais il n’a pas vraiment de solution de rechange pour l’instant. Les statuts d’Analhysa étaient déposés. La spécialisation des deux
sites était engagée : celui d’Aurillac dans les analyses laitières,
celui de Theix dans les analyses dites de diversification. Des
mouvements de personnel et des réorganisations avaient été réalisées.Un divorce expliqué par des raisons “politiques”
Dans ce contexte, les raisons du divorce restent mystérieuses. Serge
Moly a parlé d’un “échec politique dont l’expression apparente est liée
à une profonde divergence de points de vue tenant au mode de
gouvernance, tant au niveau de la direction que de la présidence”. “La
dimension politique a pris le dessus sur des logiques économiques,
sociales... la pertinence du projet économique ayant été clairement
démontrée”, commentait-il un peu plus tard, en faisant le constat que
cet échec “laisse en suspens un certain nombre de questions qui
devaient trouver réponse par la constitution d’Analhysa”. Ainsi, Lial
et Cilal se retrouvent concurrents alors que, selon Serge Moly, les
deux laboratoires “n’ont pas la taille critique suffisante pour peser
sur le marché des analyses de diversification dont on connaît
l’importance de la contribution aux résultats pour contenir l’évolution
du coût des analyses paiement du lait”. Et de remarquer que “le prix
relatif de la cotisation paiement du lait demeure dans les régions du
sud de la France deux fois plus élevée que celle des laboratoires de
l’ouest de la France”. Avouant qu’il aurait préféré terminer son mandat
sur une autre conclusion, Serge Moly a souhaité que le Lial trouve les
moyens de rebondir pour “construire des projets alternatifs”. L’avenir en suspens
Mais,
visiblement, il n’a pas de solution pour l’instant. Tout au plus a-t-il
évoqué le partenariat noué avec “Aveyron Labo”, qui se limite
actuellement à une mise à disposition à mi-temps du directeur du Lial
et de quelques membres de son équipe. Partenariat qui “pourrait être
élargi à des domaines analytiques porteurs et complémentaires à ceux du
Lial tels que la santé et l’environnement, sous réserve qu’ils servent
les intérêts du Lial dans le cadre d’accords équilibrés
gagnant-gagnant”. Jean-Louis Loustau, président de 3A et Jean-Pierre Chateau, président
du groupe Altitude, ont bien tenté de lancer le débat, le second se
demandant par exemple comment le Cilal allait régler l’ardoise de 400
ou 500 000 euros qu’il laisserait au Lial... En vain. Présent dans
l’assemblée, le président du Cilal n’a pas ouvert la bouche. De son
côté, Chantal Cor a tenu à préciser que le collège des producteurs
était favorable à la fusion, mais que “les dernières propositions
qu’ils ont faites lors du dernier conseil d’administration n’ont pas
été suivies par les deux autres collèges,” ce qui aurait conduit à la
rupture.
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