“D’un côté, nous avons un climat qui change, ce qui nous oblige à modifier nos pratiques viticoles. De l’autre, un système de cahiers des charges assez serré, peu enclin à évoluer. C’est un paradoxe : innover pour ne pas bouger ! ”, a lancé Christian Huyghe lors du colloque Vinosciences, organisé dernièrement à Beaune. Et de citer en exemple le Languedoc lors des dernières années chaudes : “ Ceux qui ont refusé la désalcoolisation ont produit des vins qui ne correspondaient plus à ce qu’on attendait d’eux ”, estime-t-il. Néanmoins, le changement climatique ne devrait pas suffisamment se faire sentir dans les dix années à venir pour nécessiter une modification radicale des cahiers des charges. “ On devrait voir tout au plus s’accentuer les écarts d’une année à l’autre. Ces écarts devront être atténués, essentiellement par des pratiques œnologiques. ”
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C’est la souplesse des AOP qui sera alors éprouvée : “ Elles devront adapter leur cahier des charges ”, selon Christian Huyghe. “ Irriguer, désalcooliser, voire même changer de cépage, c’est envisageable, poursuit-il. Déplacer l’aire d’appellation sur des coteaux exposés plus au nord, beaucoup plus difficile : les enjeux fonciers sont trop importants. ” De gros débats sont donc à prévoir, et à anticiper.