L’histoire de la tomme plaisir se fonde avec l’aventure de Christelle Martin et de Mickaël Gergaud, reconverti après une carrière de menuisier, tous deux installés hors cadre familial en 2017 à Noyal-Muzillac dans le Morbihan. « L’exploitation était en bio depuis 2011 », retrace Christelle Martin, elle y avait fait ses stages de Bac et BTS Acse. La ferme pratiquait déjà la race trois voies, avec des Prim’holstein et des Rouge norvégiennes, auxquelles l’agricultrice a ajouté la race montbélliarde qui l’a conquise lors d’un stage dans le Jura. Au pâturage toute l’année, s’ajoutent le foin séché en grange et « un peu de maïs ensilage sous épi » dans la ration, sur une surface totale de 120 hectares répartie sur deux sites de 7 km de distance.
Une fromagerie du réseau Invitation à la ferme
Projet d’une troisième associée, la fromagerie a été lancée dès l’installation. Un temps remise en cause avec son départ, elle a été reprise par Christelle Martin elle-même, « le réseau Invitation à la ferme a permis de redémarrer l’activité en me formant à cette transformation ». Elle apprend le métier auprès d’un fromager au sein de la ferme et passe trois jours en observation dans une exploitation du réseau. « On a eu un super suivi », salue-t-elle. Le principe de la mutualisation l’a séduite : les recettes, le marketing, la communication. Sinon, « on se mettait encore une panoplie de métiers sur le dos ». Chance du débutant, les premiers fromages sortent au moment du premier confinement, en mars 2020. Ils sont commercialisés à 80 km autour de la ferme, dans les grandes surfaces, auprès de fromagers, supérettes et magasins de producteurs. Le succès de la vente directe lui permet d’embaucher quatre salariés à la fromagerie et un à la ferme, avec Mickaël. Et lui permet d’espérer retourner à ses premières amours, les vaches, dès que possible.
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La tomme plaisir est une pâte pressée non cuite. « La croûte est lavée deux fois par semaine, affinée deux mois en cave. Elle est orangée, sa pâte moelleuse donne un goût légèrement fruité. » Le secret de son succès est « le travail sur l’exploitation et notamment l’alimentation », qualité de l’herbe, foin. « Si le lait n’est pas bon à la base, on n’arrivera pas à faire de bons fromages », affirme l’éleveuse fromagère. La consécration a failli ne jamais voir le jour : après des mésaventures liées à l’expédition, la tomme est bien livrée au concours général à Paris, en temps et en heure. « Le lundi, on m’a appelée pour me dire qu’on avait une médaille, se souvient avec émotion Christelle Martin, on est content de s’être battu jusqu’au bout ». Si la ferme a déjà bien investi dans la communication avec l’embauche d’une salariée qui anime les réseaux sociaux et assure les animations dans les commerces, « la médaille a bien boosté les ventes, reconnaît Christelle Martin, surtout localement ». Une médaille qui rejaillit sur les autres fromages de la ferme, « on a l’impression que ça eu un effet sur les autres produits ».
Une année faste pour la Bretagne
Année record de médailles pour la Bretagne qui a présenté 574 produits, portés par 166 candidats. 144 médailles ont été attribuées (contre 135 en 2019). La répartition atteste de la diversité des produits agricoles et conchylicoles bretons : 7 bières, 25 charcuteries, 43 cidres/poirés et jus de pomme, 2 confitures, 3 eaux de vie, 1 miel, 3 mistelles-pommeau, 26 produits laitiers, 25 produits de l’aquaculture, 4 volailles, 4 viandes et 1 rhum.
Pour cette 129e édition, la Bretagne se classe au 4e rang des régions, derrière l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie.