Réunie ce vendredi 4 septembre pour son Conseil d’administration de rentrée, la FDSEA 19 a fait le point sur une actualité syndicale particulièrement chargée. Au programme : analyse des annonces de la ministre de l’Agriculture sur le plan CASI, sécheresse, prédation, normes, eau, mais aussi préparation des prochains combats syndicaux.
Plan CASI : « Le compte n’y est pas ! »
À peine les annonces de la ministre de l’Agriculture dévoilées, les administrateurs ont pu échanger directement avec la FNSEA afin de partager une première analyse et une réaction syndicale. Le constat est sans appel : face à l’ampleur de la crise que traversent les agriculteurs, les réponses apportées sont largement insuffisantes.
Sécheresse, canicule, manque de fourrage, difficultés de trésorerie : dans de nombreuses exploitations, l’urgence est aujourd’hui bien réelle.
Les agriculteurs ont besoin d’une aide à la trésorerie immédiate ! »,
a rappelé Emmanuel Lissajoux, Président de la FDSEA. La FDSEA et les JA demandent donc des aides exceptionnelles et immédiates, notamment une aide à l’UGB pour permettre aux éleveurs d’acheter du fourrage et de reconstituer leurs stocks, sans être contraints de décapitaliser leurs troupeaux.
Des mesures spécifiques sont également nécessaires pour l’arboriculture et les petits fruits, durement touchés par les épisodes de sécheresse et de canicule.
Loup : des avancées, mais le compte n’y est pas
La prédation reste également au cœur de la mobilisation syndicale. Le CA a analysé les avancées obtenues dans la loi d’urgence agricole, notamment la reconnaissance politique des difficultés rencontrées par les éleveurs et les évolutions concernant les tirs ou encore l’utilisation de lunettes de tir à visée thermique par les éleveurs, sous certaines conditions.
Mais pour la FDSEA, pas question de s’arrêter là. Plusieurs demandes majeures restent sans réponse, notamment la reconnaissance d’un statut juridique pour les chiens de protection et la révision en profondeur du système d’indemnisation.
En Corrèze, les chiffres 2026 illustrent la réalité de la prédation : 46 constats ont été réalisés, dont 19 avec une responsabilité du loup non écartée, représentant 38 ovins tués ou blessés et 4 bovins tués.
À force de demander aux éleveurs de s’adapter au loup, c’est finalement le loup qui dicte si on pourra continuer à faire de l’élevage en Corrèze ! Ce n’est pas entendable ! »,
dénonce Marie-France Forest, Secrétaire générale de la FDSEA.
Haies, RDUE : stop aux normes déconnectées du terrain !
Le Conseil d’administration a également préparé la réunion consacrée au plan Haies qui se tiendra en préfecture le 9 septembre. La FDSEA s’oppose à cette réglementation inadaptée aux réalités corréziennes, notamment dans les secteurs où le parcellaire est particulièrement morcelé.
Pour la FDSEA, les agriculteurs doivent pouvoir restructurer leurs exploitations et améliorer leur fonctionnement, ce qui peut nécessiter l’arrachage de certaines haies sans avoir à supporter systématiquement de nouvelles contraintes de compensation.
Même combat sur le règlement européen contre la déforestation (RDUE).
Ce règlement est une honte car il laisse croire que les agriculteurs corréziens font de la déforestation alors qu’ils ont juste besoin de pouvoir restructurer et améliorer le fonctionnement de leurs exploitations »,
dénonce Rémi Bourdoux, Président des JA.
Eau : du bon sens, maintenant !
La FDSEA et les JA maintiennent également la pression sur la question de l’eau et demandent la publication immédiate des décrets permettant la création de réserves d’eau.
Chaque paysan doit pouvoir créer un étang là où c’est nécessaire : abreuvement, irrigation, incendie... Il faut revenir à du bon sens et à de l’utilité pour tous ! »,
Faciliter l’installation : le droit à l’essai au cœur des réflexions
Enfin, ce Conseil d’administration a permis d’ouvrir un autre chantier d’avenir avec une présentation du droit à l’essai par une juriste spécialisée de GAEC et Société. L’objectif est simple : faciliter l’entrée de nouveaux associés dans les sociétés agricoles et lever les freins à l’installation et à la transmission.
Expérimenté notamment en Haute-Savoie, le dispositif permettrait à un futur associé de tester pendant un an – sur les quatre saisons – la vie en société avant de s’engager définitivement. Une période d’essai qui peut permettre de vérifier non seulement la compatibilité professionnelle, mais surtout la capacité à prendre des décisions ensemble, à partager les responsabilités et à construire un projet commun.
Sur tous ces dossiers, une même ligne guide l’action syndicale : obtenir des réponses concrètes, défendre les agriculteurs et ne rien lâcher.
La FDSEA et les JA le réaffirment : ils ne laisseront aucun agriculteur sans solution, ne laisseront pas l’élevage corrézien se décapitaliser et continueront à se battre pour que les agriculteurs puissent produire et vivre dignement de leur travail.